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Kirghizstan : L'opposition fait tomber le gouvernement




Une révolte populaire contre le Président kirghize a conduit mercredi à l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement d'opposition. La dirigeante par intérim a promis une élection présidentielle dans six mois.
Au lendemain des sanglants affrontements qui ont conduit à la fuite du Président Kourmanbek Bakiev, l'opposition s'organise. Rosa Otounbaïeva, ancienne ministre des Affaires étrangères devenue chef du gouvernement par intérim, a annoncé la tenue d'une élection présidentielle dans six mois. D'ici là, l'opposition va «préparer une nouvelle Constitution et organiser la tenue d'une élection présidentielle conforme à toutes les règles démocratiques», selon Otounbaïeva. L'ex-candidat à la présidentielle Almazbek Atambaïev a confirmé ce calendrier quelques minutes plus tard devant une foule de partisans de l'opposition.
Pour le moment, le gouvernement par intérim affirme avoir obtenu le retrait du Premier ministre, Daniar Oussenov. Mais le Président, Kourmanbek Bakiev, lui, refuse toujours de démissionner. Le dirigeant déchu a trouvé refuge dans sa ville natale, Och, au sud du pays. A Bichkek, des manifestants ont pris le contrôle de la présidence. La résidence du Président a par ailleurs été pillée dans le cadre des affrontements qui ont secoué la capitale, mercredi.
Selon l'opposition, près de 100 personnes ont trouvé la mort dans ces violences. Le ministère de la Santé parle de son côté de 68 morts et précise que plus de 500 personnes ont été blessées dont 400 hospitalisées. La situation sur place reste confuse.
Malgré l'appel au calme lancé par le gouvernement intérimaire, les pillages continuaient jeudi à Bichkek. Prudents, les magasins et restaurants sont restés fermés, alors que les forces de l'ordre ont déserté la ville.
Les premiers incidents ont éclaté mercredi, lorsque la police a tenté en vain de disperser les manifestants rassemblés près du siège de l'opposition. Après de violents affrontements, les autorités ont décrété l'état d'urgence et imposé un «couvre-feu». La situation a ensuite dégénéré quand les forces de sécurité ont ouvert le feu, utilisant des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes mais aussi des balles réelles contre les manifestants.
Plusieurs sources indiquent que le ministre de l'Intérieur, Moldomoussa Kongantiev, a été tué à Talas, dans le nord-ouest du pays. Mais ses services ont démenti l'information, ajoutant qu'ils tentaient de déterminer si le ministre était aux mains des opposants. Un autre membre du gouvernement, le vice-Président ministre Akylbek Japarov, est retenu en otage à Talas par des manifestants d'opposition. Les deux responsables gouvernementaux s'y étaient rendus afin de rétablir l'ordre, après que des manifestants ont pris le contrôle du siège de l'administration locale et de la police. D'autres villes du pays ont aussi été le théâtre de violences.

Libé
Vendredi 9 Avril 2010

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