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Kilt, alcool, argent: l’Ecosse sous tous ses clichés




Kilt, alcool, argent: l’Ecosse sous tous ses clichés
Tout le monde le sait: l’Ecossais est roux,  bourru mais chaleureux, il aime la pluie et le whisky, porte le kilt, jette des  troncs d’arbre et compte ses sous. Est-ce vrai? Zoom sur cinq des clichés les  plus fréquents, à une semaine du référendum d’autodétermination.
 
L’Ecossais est avare
FAUX. Que l’Ecossais aime boire son coup mais rechigne à payer sa tournée  est un vieux stéréotype. L’oncle Picsou n’est-il pas d’origine écossaise?  “Cette réputation existe depuis des siècles et reflète au départ la pauvreté  des Ecossais. Au fil du temps s’est ajouté le fait qu’ils sont doués pour le  commerce”, explique à l’AFP Murray Pittock, historien et professeur de  littérature à l’Université de Glasgow. Mais de nombreuses études montrent que  cette réputation est largement usurpée.
Un sondage conduit l’année dernière  auprès de 3.000 personnes a par exemple conclu que les Ecossais donnant de  l’argent aux oeuvres de charité versaient en moyenne 356 livres par an. Contre  268 livres aux habitants de Londres, disposant d’un revenu pourtant supérieur  de 25%.
 
L’Ecossais mange mal et boit beaucoup
PAS FAUX MAIS EXAGERE. Qu’on se le dise, la cuisine écossaise a fait des  progrès et propose des alternatives à la sempiternelle panse de brebis farcie  (haggis). Mais la malbouffe reste une réalité et l’alcool continue à couler à  flot. “Surtout dans les parties humides du pays”, fait remarquer le Pr Pittock.  Un article de la revue médicale The Lancet a constaté en 2006 une hausse  spectaculaire des cirrhoses. Et les mauvaises habitudes alimentaires expliquent  en partie, selon le NHS écossais, une espérance de vie plus basse qu’ailleurs  en Grande-Bretagne.
Symbole ultime de la diététique exécrable des Ecossais,  enclins à frire tout ce qui leur tombe sous la main: la fameuse “deep fried  mars bar”. Soit une barre chocolatée déjà riche en calories et cuite dans un  beignet bien gras. “Oui ça existe mais on en a parlé de manière exagérée”, dit  le Pr Pittock.
 
L’Ecossais parle un patois incompréhensible
PARFOIS. Il ne faut pas confondre l’anglais écossais avec le “scots”, une  langue germanique parlée seulement par une poignée. Mais ce n’est pas pour ça  qu’il est forcément facile, y compris pour les Anglais, de comprendre un  Ecossais lorsqu’il fait chanter son accent. “L’Angleterre a vraiment découvert  le phénomène après la deuxième guerre mondiale en écoutant les leaders  syndicaux de l’ouest de l’Ecosse, là où l’accent est le plus prononcé, à la  radio, puis à la télévision. Certains ont même été sous-titrés”, souligne  Murray Pittock. Aujourd’hui, deux tendances s’affrontent, selon le professeur.  Une “uniformisation de la langue anglaise promue par les médias”. Mais aussi  une “fierté à parler avec l’accent, étape incontournable pour être perçu comme  un vrai Ecossais”.
L’Ecossais est très patriote
VRAI. Selon une étude de “British social attitudes”, 69% des Ecossais se  sentent “d’abord Ecossais” et 20% “d’abord Britanniques”. “En tant que petit  pays, très isolé géographiquement, l’Ecosse a toujours été très patriote.
Au  Moyen-Age, le proverbe français disait: fier comme un Ecossais”, souligne le Pr  Pittock. Ce patriotisme, teinté souvent d’une pointe de cynisme, s’est  partiellement construit sur un rejet de tout ce qui est anglais. Parler de  “haine” est exagéré mais on adore se moquer des voisins des terres basses. “En  Ecosse nous avons un sentiment partagé sur le réchauffement de la planète car  il nous permettrait aussi de regarder, depuis nos montagnes, les Anglais se  noyer”, dit l’humoriste Frankie Boyle.
 
L’Ecossais porte le kilt et rien en-dessous
VRAI MAIS... Habit traditionnel des hommes des Highlands depuis au moins le  XVIe siècle, le kilt en tartan, une étoffe de laine à carreaux dont les  couleurs variaient selon les familles, est sans doute le symbole écossais le  plus utilisé. Le vêtement est intimement associé à l’histoire de la région.
Son  port a été interdit après le soulèvement jacobite au 18e siècle, avant d’être  réintroduit dans l’armée d’abord. “Aujourd’hui, la plupart des gens ne le  portent pas dans la rue mais le kilt, tout comme la cornemuse, sont à la mode  lors des célébrations et manifestations traditionnelles”, explique le Pr Pittock. 
Quant à ce qui se porte en-dessous, ou pas, il serait déplacé  d’éventer l’un des derniers mystères intacts du monde moderne. Certains  Ecossais s’en tirent avec une pirouette en disant qu’ils portent sous le tissu “l’avenir de l’Ecosse”. 

AFP
Vendredi 12 Septembre 2014

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