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Khattat Yanja, premier rallié à avoir été élu au poste de président d’un Conseil de la région

Les derniers changements à la tête du Polisario prouvent sa déconfiture




Rien ne prédisposait ce natif de Dakhla à occuper les plus hautes responsabilités
électives de cette ville.
A l’âge de 17 ans et comme tous les jeunes de sa génération, Khattat Yanja a été séduit par les slogans révolutionnaires de l’après soixante-huit que les stratèges algériens avaient modelé en vue de permettre au Polisario de  les exploiter pour attirer le plus grand nombre de jeunes Sahraouis. A l’instar de tant d’autres, Khattat avait adhéré
à ces slogans pour rejoindre les rangs du Polisario. Après des études universitaires, il avait choisi le métier d’enseignant. Le Polisario l’avait nommé directeur de l’école du 12
octobre qui, en plus des établissements primaires et secondaires, comptait un centre
de formation professionnelle. Il dirigea cet établissement jusqu’à l’appel historique
de Feu Hassan II «La Patrie est clémente et miséricordieuse». Il fut parmi les premiers
à répondre à cet appel et rejoignit la patrie où après avoir intégré la Fonction publique,
il se lança dans les affaires. La pêche étant le principal secteur d’activité dans la région,
il s’y adonna. Aujourd’hui, dit-il, il est à la tête d’unités frigorifiques employant plus de 250 personnes de différentes spécialités. Encouragé par des amis, il a intégré la politique où il s’est porté, pour la première fois, candidat au poste qu’il occupe actuellement.
Il a été élu dans le cadre d’une coalition  regroupant l’USFP, le PJD et l’Istiqlal.



Libé : Quel effet cela vous fait-il d’être le premier rallié à être élu à un tel poste de responsabilité ?

Khattat Yanja : Cela ne fait que me confirmer dans mes convictions d’appartenir à un grand pays ouvert et clément envers tous ses fils. Je suis fier de cette appartenance et heureux d’avoir répondu à l’appel Royal pour servir mon pays et apporter mon humble contribution à l’édifice du pays moderne,  démocratique et ouvert  qu’ambitionne Sa  Majesté le Roi. C’est dans cette optique que je me suis lancé dans la course électorale, estimant que je peux contribuer au développement de la jeune  région de Dakhla. Mon élection à ce poste est également une preuve de la volonté Royale d’intégrer tous les Marocains, notamment ceux qui étaient égarés et de les associer à l’édifice d’un Maroc moderne, riche de ses diversités et ayant tourné la page. Ma candidature s’est faite donc  suite aux conseils de certains amis et à ma conviction d’être utile. Mon élection constitue, également, un message à tous les récalcitrants pour qu’ils sachent que leur pays, le Maroc, réserve une place à tous ceux qui veulent revenir et participer à la construction dans le cadre d’une régionalisation avancée, prélude à l’autonomie interne.

La jeunesse locale se plaint d’être exclue des richesses de la région. Comment comptez-vous l’y associer ?
J’ai récemment tenu une réunion avec un groupe de jeunes diplômés chômeurs. Réunion au cours de laquelle nous avons examiné toutes les éventualités pour associer ces jeunes et trouver une issue aux problèmes auxquels ils sont confrontés. Nous sommes parvenus à la conviction que l’initiative privée représente la meilleure solution. Les jeunes ont constitué une commission pour étudier les éventuels débouchés et évaluer les financements qui doivent être disponibilisés pour faciliter l’auto-emploi de cette frange de la société.

Vous avez visité les différents centres de santé de la province. Quel constat faites-vous du secteur?
Le secteur de la santé, comme vous le savez, est celui qui a le plus de difficultés sur le plan national. A Dakhla, toutefois, l’hôpital Hassan II dispose de tous les équipements. Ce qui ne l’empêche pas de connaître des problèmes. C’est également le cas des centres de santé urbains. Nous avons, avec la direction régionale de la santé, constitué une commission chargée d’évaluer les besoins et d’identifier les problèmes auxquels nous nous emploierons à trouver des solutions.

Le secteur agricole est presque vierge. Qu’attendez-vous pour le mettre à contribution et alléger ainsi le fardeau du chômage dans la région ?
Dakhla a connu des investissements assez importants dans le domaine de l’agriculture. Les produits agricoles que nous possédons sont d’une grande valeur marchande et  sont exportés dans leur intégralité vers les marchés européens et américains.  Toutefois, tant que  la ville n’est pas reliée au réseau national d’électricité, le problème de l’approvisionnement en eau demeure un obstacle qui entrave le développement de l’agriculture dans la région. Nous comptons sur le dessalement de l’eau de mer qui nous permettra d’être raccordés au réseau national d’électricité. Nous n’avons, cependant, pas attendu la solution de ce problème pour permettre à une quarantaine de jeunes gens de disposer de parcelles de 3 à 5 hectares pour l’exploitation en leur fournissant tous les moyens dont ils ont besoin.  Ce  qui entre dans un plan de recherche d’intégration des jeunes diplômés dans la vie active.

Après un congrès décrié, le Polisario a procédé à un remaniement qui s’est caractérisé par l’éviction de Bouhali. Cela n’augure-t-il pas d’une flagrante mésentente au niveau de la direction du mouvement séparatiste ?
La déconfiture de la direction du Polisario est inévitable. Comme vous le dites, ces derniers changements sont une manifestation du mécontentement qui prévaut dans les rangs d’une direction qui a régné sans partage, durant quarante années. Mais ce mécontentement est également manifesté au niveau des populations dont des milliers, dans une tentative de regagner le Maroc, fuient vers la Mauritanie.
La jeunesse des camps vient de créer un parti d’opposition. Quelles sont, selon vous, les chances de pérennité de ce parti?
Les chances de pérennité de toute opposition à la direction du Polisario ne sont nullement garanties. Car même si le  Polisario voulait ne pas en tenir compte, ce qui est peu probable, l’Algérie ne tolérera aucune concurrence au mouvement qu’elle a créé et vu grandir et qui lui demeure inféodé.

Trois mois après votre élection à la présidence du conseil, les commissions permanentes ne sont pas encore constituées. Comment comptez-vous surmonter cet obstacle ?
Nous attendons le verdict de la Cour de cassation qui, quel que soit son résultat, ne nous empêchera pas de travailler. Si ce verdict nous est favorable, nous laisserons les commissions telles que nous les avons formées, le premier jour. Dans le cas contraire, nous réduirons le nombre de ces commissions à quatre car l’opposition ne veut pas adhérer aux différentes commissions et nous continuerons de travailler. Ce que nous regrettons, car on voudrait mettre la main dans la main et travailler ensemble pour le bien de notre région.

Vous avez reçu les représentants d’une firme américaine. Sur quoi ont porté vos discussions?
Les relations de coopération maroco-américaines sont séculaires et diversifiées. Ce sont des investisseurs représentant l’une des plus grandes firmes américaines opérant dans le secteur de l’énergie. Ils sont venus prospecter les possibilités d’investissement dans notre région. Nous leur avons expliqué le potentiel de la région et exprimé notre volonté de leur faciliter toutes les procédures.

Entretien réalisé par Ahmadou El-Katab
Lundi 1 Février 2016

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