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Khadija Noumar : Pour être un vrai réalisateur, il faut un don, une formation et beaucoup de hardiesse




Khadija Noumar : Pour être un vrai réalisateur, il faut un don, une formation et beaucoup de hardiesse
Elle a de l’énergie à 
revendre, et un talent hors pair. Elle a déjà 
décroché un prix 
prestigieux au Festival 
de cinéma 
d’Alexandrie. Mais pour cette jeune 
Casablancaise, le plus beau reste à venir. 
 
 
Libé : Comment avez-vous débuté dans le métier de comédienne ? 
 
Khadija Noumar : Mes débuts ont été plutôt difficiles. Mes parents ne voyaient pas cette expérience d’un bon œil. Ils ne voulaient pas que je devienne comédienne. Mais comme j’étais hantée par le théâtre depuis ma plus tendre enfance, je n’ai pas hésité à tenter ma chance. Le cinéma a toujours été pour moi quelque chose de vraiment émouvant.  
 
Qu’est-ce qui a motivé votre séjour pendant un certain temps en Egypte ?
 
En fait, mon voyage initial en Egypte rentrait dans le cadre d’une tournée artistique. A l’époque, je ne caressais pas l’idée de m’installer dans ce pays. Mais il faut bien avouer que la situation du comédien au Maroc n’a rien d’enviable. Et c’est pour cela que j’ai décidé de tenter ma chance au Caire. 
Vous vous faites rare sur scène, ces derniers temps.  
Il est vrai que je m’étais un peu éloignée de la scène, pour des raisons personnelles. Mais Dieu merci, j’ai fini par retrouver mon public. Je compte participer, juste après le Ramadan, à un long-métrage, de Ali n’ Productions, en France. 
 
Comment choisissez-vous les rôles que vous incarnez au cinéma? 
 
On me propose pas mal de scénarios, et Dieu sait si j’en refuse. Car les scènes osées ne me conviennent absolument pas. Cela est contre mes principes. Et il faut dire que certains scénarios vous paraissent, au début, assez intéressants mais dès que vous les examinez de plus près, vous découvrez que l’on vous propose des scènes provocantes qui n’ont pas lieu d’être.
 
Au Festival du cinéma d’Alexandrie, vous avez obtenu le Prix du meilleur rôle féminin. Quel effet cela vous a-t-il fait ?
 
Pour parler franchement, je ne m’y attendais pas du tout. Mais j’étais vraiment ravie. Je me suis dit que mes sacrifices n’ont pas été vains. Loin s’en faut.  Et puis cela n’est pas sans importance pour mon avenir de comédienne. Car un prix comme celui-là donne un sacré coup de fouet à votre carrière. 
 
Vous jouez aussi bien à l’écran que sur scène. Quelle est votre préférence ? 
 
Vous savez, ma préférence va plutôt au cinéma et à la télévision. Ce qui ne veut absolument pas dire que je boude le théâtre. Car il ne faut pas oublier que j’ai fait mes premières armes au théâtre, puisque je suis lauréate de l‘Institut supérieur d’art dramatique et d’animation culturelle (ISADAC). 
Mais le théâtre reste tout de même une véritable matrice génitrice.
Oui, je vous le concède. Le théâtre reste la matrice génitrice de tous les comédiens, quelle que soit leur orientation future. C’est là où on apprend le vrai métier d’acteur. On est en contact direct avec le public. On ne peut rien reprendre, contrairement à ce qui se passe au cinéma devant une caméra. 
 
Que pensez-vous des acteurs qui semblent vraiment pressés de passer derrière la caméra ? 
 
Malheureusement, il y a beaucoup d’acteurs qui se convertissent, pour ainsi dire, en réalisateurs sans avoir ni le talent, ni la formation nécessaire. On dirait que, dans notre pays, il suffit d’avoir de l’argent pour devenir un réalisateur autoproclamé. On a tendance à oublier que, pour être un vrai réalisateur, il faut un don, une formation et beaucoup de hardiesse.
 
Comment voyez-vous l’avenir du cinéma marocain ? 
 
Je reste persuadée que le cinéma marocain a un bel avenir devant lui. 
Car notre pays regorge de comédiens doués, de réalisateurs talentueux,  ainsi que de scénaristes expérimentés. Sans parler des producteurs. Mais ce qui nous fait cruellement défaut, c’est la transparence dans ce domaine. 
 
Quelle est votre évaluation des séries et des sitcoms marocaines qui nous sont proposées durant le mois de Ramadan ? 
 
Les sitcoms se suivent et se ressemblent. Chaque mois de Ramadan a son lot de médiocrités, avec les mêmes noms et les mêmes visages. Il faut dire que certains comédiens acceptent des rôles médiocres pour des raisons pécuniaires. Ils doivent bien gagner leur vie. Pour eux, le mois de Ramadan est une opportunité qu’il faut absolument saisir.   

Propos recueillis par Mehdi Ouassat
Mardi 22 Juillet 2014

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