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Karim El Aynaoui, directeur à Bank Al-Maghrib :“Le niveau des créances en souffrance est un indicateur de la solidité bancaire”




Karim El Aynaoui, directeur à Bank Al-Maghrib :“Le niveau des créances en souffrance est un indicateur de la solidité bancaire”
Dans un contexte de crise, la position de Bank Al-Maghrib est prise avec beaucoup de sérieux. En effet, non seulement elle est impliquée dans l'élaboration de la politique monétaire, mais la Banque centrale joue également le rôle de conseiller du gouvernement dans le domaine économique en plus de son rôle fondamental de l'autorité de la régulation monétaire.
Bank Al-Maghrib a été représentée à la 19ème rencontre annuelle du Centre marocain de conjoncture par Karim El Aynaoui en sa qualité de directeur dans cette Institution.
Au cours de son intervention, il a évoqué le contexte de la crise. Il a rappelé que la crise a été ressentie depuis la faillitte de la Banque Leman Brother.
 Jusqu'à 2008, a-t-il souligné, le Maroc a connu la plus longue phase de croissance de son histoire indépendante avec une augmentation de l'indice de production en rapport évidemment avec les grands investissements réalisés à travers le Royaume.
Pour les pays émergents dont le Maroc, ce contexte international signifie que les conditions de financement sont exécrables. Heureusement que le Royaume se finance essentiellement de la dette domestique.
Dans cette situation, il faut rappeler les fondametaux du pays, un travail remarquable aurait été fait. Karim El Aynaoui a souligné que la dette publique est tombée à fin 2008 à 48% du PIB et les charges d'intérêt de la dette donnent à l'économie nationale  la marge de manoeuvre d'aujourd'hui.
L'équilibre de la balance de paiement a permis d'absorber les problèmes actuels. Idem pour les réserves de change, la soutenabilité budgétaire qui aurait été renforcée rendant ainsi possible d’affronter les chocs de la crise financière mondiale. 
D'où la raison, d'ailleurs, d'après le même responsable à Bank Al-Maghrib, que le Maroc n'a pas été affecté au moment où la crise s’est propagée à travers le monde.
Du point de vue des canaux de transmission, le gouvernement a beaucoup communiqué au niveau de l'impact sur le secteur financier depuis l'année dernière et beaucoup de travail a été réalisé. Un chiffre qui illustre ce travail: les créances en souffrance qui constituent un indicateur de solidité bancaire.
A fin janvier, ces créances sont tombées de près de 5,7% sur le total des crédits et de 4% pour les banques privées. Cela signifie qu'il y a une capacité d'absorption. Mais lorsqu'il y a un choc de demande, il faut s'attendre à ce que la situation se dégrade.
Sur un autre volet, le crédit a enregistré 22% en janvier dernier en termes de glissement annuel. Autrement dit, le marché de crédit fonctionne,  ce qui n'est pas le cas dans les pays développés où ce marché stagne. Le Maroc a réalisé plus de 1% par rapport à 2008. Le taux d'intérêt sur le marché interbancaire est autour de 3,50%. S'il y a une augmentation des taux, il faut différencier entre le taux d'intérêt et la prise de risque.
Les banques sont évidemment sensibles à la prise de risque et à la dégradation de l'environnement ambiant.
C'est normal que ces mêmes banques augmentent la prime de risque sur des secteurs qu'elles perçoivent comme étant davantage affectés par la crise internationale.
En dépit de la conjoncture bancaire rassurante au Maroc, Bank Al-Maghrib a baissé la réserve obligatoire en plus de l'injection de 8 milliards de dirhams, ce qui est d'une taille d'intervention confortable.
Toujours sur le chapitre des canaux de transmission, il s'agit, avant tout, d'une question empirique. Cela peut être en rapport avec la baisse de la demande étrangère ou intérieure, la diminution des transferts des Marocains résidant à l'étranger.
N'empêche que Bank Al-Maghrib agit plutôt dans un cadre macro-économique. Ainsi la baisse d'un point du PIB européen, principal partenaire du Maroc, n'a qu'un impact de 0,4% au Maroc.
Toutefois, cette crise ramène aussi de bonnes nouvelles. Il s'agit, selon Karim El Aynaoui, de la très forte baisse des matières premières à l’échelon mondial. Et de rappeler que si le compte courant 2008 s’est détérioré au Maroc, il sera amélioré en 2009.
 Il a évoqué une baisse d'au moins 25 milliards de dirhams sur la facture des hydrocarbures en plus de 2 milliards sur le blé, ce qui donnera lieu à une amélioration de la balance commerciale en dépit de la détérioration des exportations.
La baisse des prix à l'importation permet aussi un retour des tensions inflationnistes sans avoir à serrer la politique monétaire. Et de conclure que lorsqu'il y a un choc sur la demande, il faut agir sur celle-ci. Les mesures structurelles donnent des résultats à moyen terme.

M.K.
Samedi 28 Février 2009

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