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Kamal Kamal, un cinéma tout en musique




Kamal Kamal, un cinéma tout en musique
Ses deux premiers films ont déjà connu un succès éclatant. 
“Sotto Voce”, son troisième opus, vient de remporter le Grand prix, au FNF de Tanger. Retour sur une consécration. 
 
Kamal Kamal est un cinéaste doublé d’un musicien. Et cela transparait d’une manière tout à fait originale dans son nouveau film “Sotto Voce”, qui vient de décrocher le Grand prix du 15e Festival national du film de Tanger. 
Nous sommes en pleine guerre d’Algérie. A l’instar de tous les Marocains, Moussa est un sympathisant de la révolution algérienne. Il fait passer les révolutionnaires, condamnés à mort par contumace, d’Algérie vers la ville d’Oujda. A cette époque, André Morice, le ministre français de l’Intérieur, avait fait édifier une ligne de barbelés électrifiés, qui s’étendait sur une dizaine de kilomètres, entre le Maroc et l’Algérie. Ce qui rendait la traversée extrêmement périlleuse. Mais pour le brave Moussa, aider ces fuyards, laminés par la douleur et la peur, à passer ces frontières, depuis les montagnes de Tlemcen,  à travers des routes truffées de mines, était une manière de combattre pour la libération de l’Algérie. Et puis un jour, il se rendit compte qu’il devait passer un groupe de condamnés pas comme les autres.
Kamal Kamal n’a pas vécu cette guerre d’Algérie, bien entendu. Mais toute son enfance  fut baignée des histoires que lui racontait sa mère. Une Algérienne qui a été elle-même condamnée à mort par contumace, et qui a dû faire cette dangereuse traversée Tlemcen - Oujda. Traversée que le fils a filmé avec une grande maîtrise narrative, dans ce long métrage. 
Quant à l’insoutenable souffrance, il a tenté de l’atténuer par la musique, tout au long de ce film, dont le tournage a duré près de trois ans. En regardant “Sotto Voce”, on se rend compte que Kamal Kamal détient un véritable savoir de cinéma. Un film complet et complexe, avec un sens aigu du rebondissement. Et avec des acteurs de talent, sur lesquels le réalisateur ne tarit pas d’éloges (Mohammed Bastaoui, Mohammed Khouyi, Younès Megri, Mohammed Choubi, Rafik Boubker, Amal Ayouch..) L’entreprise de réaliser pareil film était certes risquée. Mais le pari a été gagné, sur tous les plans. Comme en témoigne le très bon accueil que lui ont réservé critiques et cinéphiles à Tanger. Donc une récompense bien méritée pour ce réalisateur chevronné. 

Mehdi Ouassat
Mercredi 19 Février 2014

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