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Kamal Hachkar s’attèle à un second documentaire sur la culture judéo-marocaine

A travers cet opus, le jeune réalisateur entend réaliser une «ode au vivre-ensemble».




Après avoir été professeur d’histoire,
puis de culture générale à Paris, Kamal
 Hachkar a fini par tout abandonner
pour se consacrer au septième art. Quoi de plus
normal pour un artiste aussi doué que talentueux ?
Son premier film «Tinghir-Jérusalem:
 les échos du Mellah», dans lequel il va à la rencontre des juifs marocains installés en Israël,
avait suscité une polémique sans fin. Aujourd’hui
il travaille sur son second documentaire :
«Retour au pays natal».



Né à Tinghir, au Maroc, Kamal Hachkar a grandi en France. Il a 36 ans et se dit «d’origine berbère et de culture musulmane». Il a étudié l’histoire à la Sorbonne (Paris) et est l’auteur du fameux documentaire, «Tinghir-Jérusalem: les échos du Mellah», qui a fait florès en Israël, en Europe et au Maroc mais qui a aussi provoqué de vives réactions. Dans ce film qui a également  connu le succès dans de nombreux festivals du monde entier, Kamal Hachkar est allé recueillir des témoignages sur les traces du patrimoine judéo-marocain dans sa terre natale.  A Tinghir et dans les ksours des alentours, le jeune réalisateur va retrouver des pans de mémoire auprès des anciens sur le vécu des juifs amazighs dans cette terre qu’ils ont dû quitter un jour dans les années 60. Le réalisateur rencontrera, par la suite, ces Marocains de Tinghir en Israël, nostalgiques de ce passé, dont la mémoire est toujours vivace dans leur quotidien, leur langage et leurs fêtes. Originaire lui-même de cette région du Maroc, Kamal Hachkar nous a donc emmenés à la rencontre de ces cultures tout au long de son documentaire dans lequel ont résonné chants, voix et histoires de cette double identité partagée entre juifs et musulmans. Pour son deuxième film en préparation, «Retour au pays natal», cet historien et documentariste maroco-français continue d’explorer cette mémoire plurielle à travers le portrait de la troisième génération d’artistes juifs et musulmans qui continuent de perpétuer cet héritage commun du Maroc pluriel.
Pour la réalisation de ce projet, la société de production «Hk’Art» a organisé une campagne de financement participatif et a réussi à collecter plus de 15.000 euros nécessaires à l'achèvement de cette œuvre. «Soutenir Kamal Hachkar est évident. Peu de gens travaillent comme lui pour permettre aux juifs, aux musulmans, aux Berbères et aux Arabes de partager leur belle humanité à travers la musique et le cinéma», souligne l’un des participants au financement.
Dans un entretien accordé à Libé, Kamal Hachkar est revenu sur sa décision de tout laisser tomber pour se consacrer au cinéma, sur l’idée de son documentaire, ainsi que sur les réactions suscitées par «Tinghir-Jérusalém». «J’ai été professeur d’histoire dans des lycées de la banlieue parisienne, pendant dix ans. Et durant les trois dernières années, j’ai été professeur de culture générale à l’Université», explique le jeune cinéaste.  «Pour ce qui est de mon choix, il faut dire que j’avais envie d’exprimer mes idées artistiques et politiques au sens noble du terme. Et je crois que c’est bien là l’arme du cinéma. Une formidable arme artistique pour faire réfléchir les gens», souligne-t-il. «Si j’avais continué ma carrière professorale, j’aurais touché l’élite seulement. Mais ce qui m’intéresse, c’est de toucher des gens qui n’ont pas l’habitude d’être confrontés à la culture. Tout comme ce qu’on a fait, récemment à Tinghir, avec la projection de mon film: «Tinghir-Jérusalém», a-t-il ajouté.
 Concernant l’idée de réaliser ce documentaire, Kamal Hachkar nous explique que «l’idée est née de mon intérêt à l’histoire du Maroc. Et parce que j’avais envie de témoigner sur une page méconnue de l’histoire de mon pays. Et je suis aujourd’hui très fier de voir autant de gens qui s’intéressent à mon film». «On a vu, pour la première fois, sur la chaîne marocaine 2M, et en prime time,  des juifs amzighs parler en «tachelhit». C’était un choc émotionnel pour les téléspectateurs. D’autant plus que le film est réalisé par un Franco-Marocain, venant de Tinghir et de culture musulmane», conclut l’artiste.

Mehdi Ouassat
Samedi 27 Février 2016

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