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Joussour : Citoyenneté et mise en œuvre de la Constitution




Joussour : Citoyenneté et mise en œuvre de la Constitution
«La mise en œuvre de la Constitution marocaine : la problématique de l’harmonisation de l’arsenal juridique national avec les conventions internationales relatives aux droits des femmes». Tel a été le thème débattu lors du colloque national organisé, ce samedi, par Joussour, Forum des femmes marocaines. L’occasion pour une pléiade de spécialistes de se pencher sur la question sous divers angles à la lumière de l’étude réalisée par Joussour et portant sur «la citoyenneté des femmes au Maroc : pour la mise en œuvre de la nouvelle Constitution». Une problématique à l’ordre du jour et qui mérite plus d’une rencontre. Ce qui fait dire à Ghizlaine Benachir, présidente de Joussour que «ce colloque  ouvre le bal à une série d’autres rencontres à travers le Maroc et qui seront couronnées par un débat d’évaluation». Et de rappeler que ces dernières années, l’arsenal juridique relatif à la question féminine a connu bon nombre de réformes, notamment la nouvelle Constitution, tendant à répondre aux revendications du mouvement des femmes. Des conventions internationales ont été également ratifiées. Mais la question récurrente qui se pose, comme l’a indiqué la présidente de JFMM, est l’harmonisation des textes juridiques avec les normes internationales contenues dans ces conventions. Le problème réside parfois dans le fait de l’incompatibilité de ces dernières avec certaines spécificités culturelles, notamment en ce qui concerne les droits familiaux. En effet et sous couvert du respect de l’identité culturelle, ils consacrent de nombreuses discriminations du genre.
On retrouve le même son de cloche chez Malika Benradi, membre fondateur de Joussour. «La femme épouse, la femme mère, mais où est donc la femme citoyenne ?» s’est-elle interrogée en présentant les grandes lignes de l’étude réalisée par JFFM. «Certes la question est à la fois complexe et sensible de par le référentiel religieux qu’elle ne manque pas de soulever. Et d’indiquer que les conventions internationales demeurent le maillon faible lorsque le rapport de forces les met en présence d’une société patriarcale qui rejette catégoriquement l’idée même d’accorder des droits à la femme. Mais on pourrait également se poser la question de savoir pourquoi l’Etat s’empresse de ratifier des conventions dont il est loin de respecter l’application. Le Maroc est un membre actif de la société internationale et est tenu de ce fait au respect des droits de l’Homme et à l’harmonisation des textes de loi avec le droit international. Elle a indiqué par ailleurs que c’est une responsabilité partagée. Les partis politiques sont appelés à revoir leurs copies et à faire preuve de plus de volonté. Le bât blesse également au niveau du comportement quotidien des citoyens qui marginalisent le rôle qu’est amenée à jouer la femme dans la société. Mme Benradi lance un appel à tous. Pour elle, «nous sommes à la croisée des chemins  et de ce fait, le choix est simple : ou bien opter pour une société plus démocratique et plus progressiste ou bien s’enfoncer davantage dans les méandres  du conservatisme».
Pour Hassan Tarek, membre du groupe socialiste, la mise en œuvre de la Constitution d’une manière adéquate avec les conventions internationales constitue une priorité. Ceci est d’autant plus important que la Loi suprême n’est pas très claire concernant la question ; une certaine ambiguïté persiste à ce niveau. Mais ce qui est sûr, c’est que les conventions internationales se placent au-dessus des lois nationales et au-dessous de la Constitution. Mais pour lever  toute ambiguïté, Hassan Tarek appelle à la création d’un mécanisme servant de plaidoyer pour l’harmonisation.
Quant à Naima Farah, du groupe du Rassemblement national des indépendants, elle est plutôt pessimiste. Et pour cause, la menace de perdre les  acquis en matière des droits des femmes plane dangereusement sur la société, a-t-elle précisé. Et c’est l’absence de vulgarisation de la culture des droits de l’Homme qui est pointée du doigt par Samira Inane de l’Organisation marocaine des droits humains.

Nezha Mounir
Lundi 13 Mai 2013

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