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Journée mondiale contre le travail des enfants : Près de 15.000 petits marocains contraints de trimer




Journée mondiale contre le travail des enfants : Près de 15.000 petits marocains contraints de trimer
Le Maroc célèbre ce 12 juin la Journée mondiale contre le travail des enfants.  Une date anniversaire qui servira d’occasion pour l’ensemble des pays signataires de la Convention  de l’OIT n° 182  de mettre en lumière les progrès réalisés en matière de lutte contre le travail dangereux des mineurs et le chemin qui reste à parcourir pour éradiquer définitivement  ce fléau.
Le Programme international du BIT pour l’abolition du travail des enfants (IPEC) devait ainsi publier, vendredi en fin d’après-midi, une étude intitulée «Enfants dans les travaux dangereux: ce que nous savons, ce que nous devons faire». Laquelle analysera les dernières tendances et estimations concernant ce phénomène et examinera la question du point de vue des pays en développement et de celui des pays développés, y compris les Etats-Unis et l’Europe, tout en proposant une série de recommandations stratégiques.
En ratifiant, le 24 novembre 2000, la Convention n° 182, le Maroc, rappelle-t-on, s’était engagé à agir immédiatement pour interdire et éliminer les pires formes de travail des enfants malgré le fait que celle-ci ne soit toujours pas entrée en vigueur comme indiqué par le site du ministère des Affaires étrangères  et de la Coopération. Il avait préalablement ratifié la convention n° 138 de l'OIT qui offre un cadre plus large à l'abolition effective du travail des enfants. Il y a cependant loin de la coupe aux lèvres car le travail des enfants continue, malheureusement, à faire partie de nos réalités quotidiennes.
Le problème est certes complexe et multidimensionnel, mais il est surtout d’autant plus gravissime que le travail des enfants de sexe féminin est non seulement très répandu au Maroc, mais il obère aussi le devenir des générations montantes tout en portant gravement atteinte à l'image du Royaume. Ceci d’autant plus que ni les coûteuses campagnes de communication diligentées en grande pompe, ni le dispositif répressif mis en place par le législateur ne sont arrivés à bout de ce phénomène dont les causes sont intrinsèquement liées à la pauvreté, aux défaillances du système d'enseignement et à la nette propension de certains petits entrepreneurs à tourner le dos à une loi qu'ils croient pouvoir détourner en y mettant le prix.
Le travail des enfants, phénomène à la fois social, culturel, politique, économique et démographique, demeuré pendant longtemps sujet tabou, est, certes, politiquement admis de nos jours, mais la volonté de l'attaquer frontalement semble encore économiquement et socialement risquée. Mais puisqu'il s'agit là, avant toute chose, d'une question de justice sociale, nul ne peut en remettre la réponse à d'improbables lendemains sans risquer d'en payer le tribut.
Dans l’attente de voir les efforts déployés actuellement porter leurs fruits, force est de constater que le phénomène perdure même si sa courbe s’infléchit depuis quelque temps. Une étude rendue publique en l’occasion par le HCP et relayée par l’agence MAP en a attesté.
D’après le Haut commissariat au Plan, le travail des enfants âgés de 7 à moins de 15 ans concerne 147.000 personnes en 2010, soit 3% de l'ensemble des enfants de cette tranche d'âge.
L'enquête permanente sur l'emploi, réalisée en 2010 par cet organisme, relève une nette baisse de ce chiffre depuis 1999 où il atteignait 517.000 (9,7%).
Dans les villes, le phénomène du travail des enfants concerne 13.000 enfants en 2010, soit 0,5% des enfants citadins de 7 à moins de 15 ans (contre 2,5 % en 1999), précise l'enquête qui touche annuellement un échantillon de 60.000 ménages (près de 300.000 personnes) représentant l'ensemble du territoire national et des couches sociales. En milieu rural, ce nombre s'élève à 134.000, soit 5,8% des enfants ruraux contre 16,2% en 1999, relève la même source, notant que le travail des enfants reste donc un phénomène principalement rural puisque plus de 9 enfants actifs occupés sur 10 (91,2%) résident dans les campagnes.
Sur le plan sociodémographique, près de 6 enfants actifs occupés sur 10 sont de sexe masculin, 56,6% en milieu rural et 87,1% en milieu urbain.
23,3% des enfants travaillent parallèlement à leur scolarité, 55,3% ont quitté l'école et 21,4% n'ont jamais fréquenté l'école.
Le travail des enfants reste concentré dans certains secteurs économiques, selon le HCP. Ainsi, en milieu rural, ils sont 93% à travailler dans les secteurs de l'agriculture, forêt et pêche. En zones urbaines, les services, avec 43,6%, et l'industrie y compris l'artisanat, avec 37,7%, sont les principaux secteurs employeurs des enfants.
9 enfants actifs occupés sur 10 en milieu rural travaillent en tant qu'aides familiaux, tandis qu'en milieu urbain, 48,1% sont des apprentis, 27,8% des aides familiaux et 20,9% des salariés.

B.S
Samedi 11 Juin 2011

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