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John Britton, le trompettiste qui a fait de son handicap un atout




Adepte de l'improvisation, comme tous les jazzmen, John Britton a dû utiliser ce talent tout au long de sa vie: né avec des doigts atrophiés à la première phalange, il a surmonté son handicap et en a même fait un atout pour jouer de la trompette "beaucoup plus facilement".
Bien décidé à improviser autant que nécessaire à cause de ses doigts raccourcis, John Britton, 24 ans, fait durant son enfance comme ses quatre frères et soeurs dans la maison familiale d'Odenton (Maryland, Est), près de la capitale américaine Washington: de la musique.
Il démarre même le piano plus tôt qu'eux, à trois ans au lieu de cinq, pour compenser les difficultés accrues qui l'attendent.
Et quand, adolescent, il se rend compte qu'il ne pourra jamais atteindre le niveau qu'il espérait, à cause de son handicap, il se tourne vers la trompette, où ses doigts --amputés après que son cordon ombilical se soit enroulé autour de ses mains-- se révèlent alors un atout plutôt qu'un fardeau, assure-t-il.
Quand ils sont jeunes, les apprentis trompettistes renâclent souvent à plier leurs doigts correctement, comme l'exige la pratique de la trompette, explique-t-il. "Moi, j'avais des phalanges en moins à plier...", souligne-t-il en agitant les doigts comme s'il jouait de son instrument.
"Comme je fais moins de mouvements avec mes doigts pour aller de bas en haut de la trompette, en fait, je peux jouer plus vite et beaucoup plus facilement", sourit-il.
Aux yeux de John Britton, sa capacité de voir toujours le bon côté des choses doit beaucoup à sa famille, qui a toujours eu une attitude positive par rapport à son handicap --pas de pleurs ou de lamentations chez les Britton, juste des séances d'improvisation musicale ou des plaisanteries légères.
En grandissant, John Britton effrayait ses camarades en leur expliquant que son handicap était dû à un terrible accident: son grand frère Ben lui avait coincé les doigts dans le broyeur à déchets familial, raconte-t-il en souriant aujourd'hui.
Loin d'être responsable de son handicap, son frère Ben a toujours été un modèle pour John. Et si ce dernier est aujourd'hui installé à Rochester, dans l'Etat de New York (Nord-Est), il revient souvent à Washington, et ne manque alors pas une occasion de jouer avec le groupe de son grand frère de 28 ans, Ben Britton's Unconventional Riot.
"J'ai toujours suivi ses traces en quelque sorte", reconnaît John Britton. "Il a fait du jazz, donc j'ai fait du jazz", se rappelle-t-il.
Les deux frères, parfois rejoints par leur soeur Christine, qui chante sur un des titres du dernier album du groupe de Ben, se plaisent à écumer ensemble les clubs de jazz de Washington.
"Quel que soit le problème que vous ayez, il y a toujours une manière de l'appréhender sous un jour positif", veut croire John Britton: "Quand on est sur scène, toutes les émotions sont multipliées par dix. Donc si vous voyez votre problème de manière positive, cette impression sera elle aussi multipliée par dix".

Libé
Mardi 27 Décembre 2011

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