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Johanna Rousselot : Les dunes ne sont jamais tout à fait les mêmes




Depuis qu’elle a été charmée par le Maroc, l’artiste peintre Johanna Rousselot a décidé de lui consacrer son pinceau et son imaginaire. Son inspiration émane d’une série de rencontres. Son amour pour le pays se manifeste dans ses toiles qu’elle peint avec finesse et sensibilité. Entretien.    

Libé : Comment êtes-vous arrivée à peindre des tableaux s’inspirant du désert ?
Johanna Rousselot : J’ai fait la connaissance de celui qui est aujourd’hui mon mari, Lahcen, lui-même artiste peintre et originaire de Khamlia. Je n’étais encore jamais venue au Maroc mais Lahcen me parlait du désert avec une telle passion que j’ai voulu voir par moi-même.
En découvrant Merzouga et sa région, cela a été comme une évidence : le voyage ne faisait que commencer. C’est d’ailleurs lors de cette première visite que Lahcen et moi avions réalisé notre première toile ensemble: un tableau à quatre mains mais pas dans n’importe quelle condition… Nous avons mis peinture, palette et pinceaux dans nos sacs à dos et nous avons grimpé la grande dune pour planter notre chevalet. C’était un moment unique et je crois que c’est là que tout a commencé. Quelques mois plus tard, je posais mes valises au Maroc.

Votre installation à Merzouga a-t-elle changé vos thèmes d’activité?
Mes thèmes et inspirations n’ont pas fondamentalement changé en venant vivre ici. J’ai toujours eu une forte attirance pour les pays du Maghreb et l’Afrique en général. Je suis très intéressée par l’ethnologie. L’histoire et les traditions des différents peuples m’inspirent beaucoup.
En revanche, ce qui a changé, c’est mon rapport à la toile. Avant, je peignais des situations que je n’avais pas vécues, des silhouettes que je n’avais jamais vues et des regards que je n’avais jamais croisés. J’étais seule devant ma toile avec mes personnages imaginaires.
Aujourd’hui, je vis avec ces hommes, ces femmes et ces enfants qui m’inspirent. Je les côtoie et je partage leur quotidien alors lorsque je m’installe devant mon chevalet, je ne suis jamais vraiment seule devant ma toile blanche, il y a toujours de gens dans ma tête auxquels je pense, qui papotent, rigolent, chantent ou dansent et qui sont les guides de ma main et de mon pinceau.

Cela vous fait quoi de vivre proche du paysage naturel (Merzouga) et de tenir une galerie?
J’aime bien cette question. Habituellement, on me demande ce que cela fait de vivre au bout du monde, loin de tout… J’ai souvent l’impression de me justifier alors que pour moi, vivre dans ce petit village est un enchantement de chaque instant. A chaque fois que je pose les yeux sur les dunes de sable, je me dis que je ne voudrais pas être ailleurs.
C’est effectivement une galerie d’art à ciel ouvert, une sorte de tableau interactif. Les dunes ne sont jamais tout à fait les mêmes, elles se font et se défont au gré du vent, leur couleur varie selon les saisons, le temps, l’heure. Pour moi, il est impossible de se lasser d’un tel spectacle.
En ouvrant notre atelier-galerie à Khamlia, nous voulions un lieu chaleureux, convivial et traditionnel, en parfaite harmonie avec la nature. Nous rêvions d’un endroit qui se fonde dans l’environnement tout en restant particulièrement insolite.

Avez-vous été influencée par votre partenaire dans la vie, l’artiste Mahmoudi ?
Oui, bien sûr qu’il m’a influencée, non pas dans mes idées ou dans mes sujets parce qu’ils me sont propres mais dans ma manière d’aborder la peinture. Il m’a donné envie de m’exprimer encore plus sur la toile, de chercher de nouvelles techniques pour évoluer. Le travail de l’artiste, c’est d’être toujours dans la recherche, la création et l’expression. Etre un couple d’artistes, c’est formidable !
Nous travaillons ensemble continuellement, nous partageons tout, échangeons nos idées, parlons de nos envies de travailler sur un sujet ou au contraire sur un manque d’inspiration, c’est une vraie motivation. Sans compter que la peinture est le reflet de l’âme et qu’il est bien plus facile de peindre quand on est heureux.

Propos recueillis par Mustapha Elouizi
Vendredi 10 Juillet 2015

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