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Joana Vasconce expose sa démesure à Lisbonne




Une créature tentaculaire bigarrée rampant sur les murs et le sol, un lustre géant de tampons hygiéniques: la démesure est la marque de fabrique de la plasticienne portugaise Joana Vasconcelos, reconnue à l'étranger avant d'être enfin consacrée par une rétrospective à Lisbonne. "Le volume, ce n'est pas ma préoccupation, assure pourtant l'artiste à l'AFP. Je travaille des idées. Je cherche la meilleure manière de les exprimer sans me laisser brider par les matériaux ou les techniques. Les questions d'échelle et de proportions se posent après." Pour l'exposition, intitulée "Sem Rede" (sans filet) et qui se tient jusqu'au 18 mai au musée d'art moderne Berardo à Lisbonne, une quarantaine d'œuvres , provenant pour beaucoup de collections privées, ont été sélectionnées, retraçant quinze ans d'une production monumentale, longtemps boudée au Portugal.
"Sans une perspective internationale, je n'aurais pas survécu, estime aujourd'hui Joana Vasconcelos, née à Paris en 1971. Mes pièces sont trop grandes, trop coûteuses et difficiles à transporter. Je n'étais pas rentable pour les galeries".
Sur le marché de l'art international en revanche, la cote de Joana Vasconcelos n'a cessé de monter. Début février, la sculpture "Marylin", une paire d'escarpins de 4 mètres de haut composés de marmites en inox, a été adjugée 573.000 euros chez Sotheby's à Londres, pour une estimation de départ à un peu plus de 170.000 euros. Considérée comme l'artiste contemporaine portugaise la plus talentueuse de sa génération, Joana Vasconcelos a une prédilection pour les objets du quotidien qu'elle s'amuse à transformer, au moyen de techniques souvent traditionnelles comme les azulejos et le crochet, pour porter un regard amusé ou critique sur la société qui l'entoure.
"Je peux aussi bien réfléchir sur la violence et la société de consommation ou bien partir à la recherche de nos racines et penser à l'avenir. Au fond, je suis une journaliste", se plaît-elle à se définir.
Au musée Berardo, le "coeur de Viana", un bijou traditionnel porte-bonheur, élève à quatre mètres de hauteur ses filigranes de couleur, formés de cinq mille couverts en plastique tordus sous la chaleur.
A quelques mètres de là, une poupée revêtue d'une burqa, suspendue à des câbles, est brusquement lâchée avant de s'écraser sur le sol, simulant une sorte d'exécution. "C'est l'une des oeuvres les plus connues à l'étranger car elle est très actuelle", souligne la plasticienne.
"Les gens voient l'une de mes oeuvres et me collent une étiquette, mais je fais des choses très différentes, si bien qu'ils ne me connaissent pas vraiment. Cette exposition est l'occasion de coller ces morceaux", se félicite-t-elle.

AFP
Samedi 6 Mars 2010

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