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Jeux de la Francophonie : Des nouvelles sur un podium




Podium, hymne, émotion... Aux jeux de la Francophonie, à Beyrouth, la remise des médailles culturelles ressemble à l'habituel cérémonial réservé aux sportifs. Illustration avec le concours de littérature (nouvelles), remporté par Fiston Nwanza Mujila (RD Congo).
Soudain, le grand rideau rouge s'ouvre. Sur la scène du grand amphithéâtre Pierre Abou Khater de l'Université (USJ), se dresse un podium et un système mêlant barres de fer et cordelettes, pour hisser les drapeaux nationaux.
Auditionnés depuis le début de la semaine, les 17 candidats, arrivés en autocar du village des athlètes, feignent la décontraction dans les gradins, où s'éparpillent une cinquantaine de personnes. Tout le monde se lève en l'honneur de l'hymne des jeux, qui claque dans l'amphithéâtre.
“Le verdict doit être assuré avec l'esprit sportif”, lance le président du jury, l'écrivain libanais Alexandre Najjar. Qui cultive la métaphore sportivo-littéraire: “La nouvelle est au roman, ce que le 100 mètres est au marathon”.
Le sprinteur du mot est désigné: il s'appelle Fiston Nwanza Mujila, médaille d'or, devant la Libanaise Carole Hatem et le Burundais Rolans Lewis Rugero. Tel un sportif, le lauréat, ému, se fige devant le drapeau qui monte au son de l'hymne national. Puis parle “de plaisir”, et “du fruit d'un travail de longue haleine”.
Content du drapeau “tout en haut”.”Sur le podium, glisse-t-il, je pensais à des affaires liées à l'édition, mais aussi au doute et à l'incertitude dans l'exercice de l'écriture”.
Puis Fiston Nwanza Mujila, 28 ans, évoque sa nouvelle (10 pages, 15.000 signes dactylographiés au maximum) intitulée “La nuit”. “C'est, raconte-t-il, l'histoire d'une prostituée qui vend son corps pour de la monnaie de singe”. Et il déborde: “Je suis issu d'une famille de commerçants, explique-t-il, moi je fais commerce avec la langue. Peut-être parce que je traîne derrière moi toute une histoire. Je rêvais d'être militaire, et je suis devenu écrivain peut-être par un concours de circonstances. Cela me permet de canaliser un certain mal être”. Diplômé de lettres de l'Université de Lubumbashi, Mujila se partage en la RD Congo, la France, la Belgique et l'Autriche, écartelé entre le rêve de rédiger une thèse, et la nécessité d'écrire pour vivre. Le prix devrait lui permettre de trouver plus facilement des éditeurs.
En attendant de trancher sur son avenir, il plaide pour la jeunesse de son pays, dont la partie Est est régulièrement ravagée par des violences.
“On a une jeunesse avec une potentialité de talent, dit-il. Il faut l'aider à s'exprimer, que ce soient les écrivains, les musiciens, ou les plasticiens”. Il marque une pause, et se remémore les instants furtifs passés sur le podium: “Je suis content d'avoir vu le drapeau de mon pays tout en haut, parce que beaucoup de gens associent la République Démocratique du Congo uniquement à la guerre”.


AFP
Mercredi 7 Octobre 2009

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