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Jeunes et salariés français dans la rue

L'exécutif plus que jamais fragilisé




Hostiles à une réforme du droit du travail qu'ils qualifient de "régression historique", plusieurs syndicats de salariés et d'étudiants manifestaient mercredi dans toute la France, espérant faire plier le gouvernement socialiste à un an de la présidentielle.
Après deux tournants contestés, libéral puis sécuritaire, depuis 2014, le président François Hollande est de nouveau confronté à l'hostilité de son camp et risque de voir son assise à gauche se réduire encore, contrecarrant ses perspectives de nouvelle candidature pour 2017.
Cette fois, la grogne porte sur une réforme du droit du travail, dont l'objectif est de déverrouiller les freins à l'embauche pour infléchir le chômage endémique (10%), notamment celui des jeunes (24%).
Hollande a lié sa candidature à un nouveau mandat l'an prochain à un recul du chômage. Il défend sa volonté de combiner "sécurité professionnelle pour les jeunes" et "souplesse pour les entreprises" avec ce projet, mais ne convainc pas la jeunesse.
Rencontré lors d'une réunion militante à l'université de Rennes (ouest), Félix redoute que la loi aboutisse à "flexibiliser, précariser encore plus".
Le premier syndicat étudiant, l'Unef, et le syndicat lycéen FIDL ont donc décidé de se joindre à l'appel à manifester lancé par plusieurs syndicats contestataires comme la CGT, qui réclament le retrait pur et simple du texte.
Dix ans après trois mois de manifestations lycéennes et étudiantes contre un contrat de travail spécifique pour les jeunes, finalement enterré, la mobilisation des 15-25 ans sera particulièrement suivie par l'exécutif.
Hasard du calendrier, l'appel coïncide avec une grève dans les transports ferroviaires sur des revendications salariales, qui devrait créer de fortes perturbations. Un train sur trois seulement circulait en moyenne dans le pays en début de matinée.
L'exécutif a déjà reporté de quinze jours la présentation de son texte définitif et multiplie cette semaine des consultations avec les partenaires sociaux.
Les syndicats réformistes, CFDT en tête, lui ont redemandé lundi le retrait de deux dispositions emblématiques: le plafonnement des indemnités en cas de licenciement abusif et l'assouplissement des critères pour les licenciements économiques.
Le curseur dépend sans doute de la mobilisation dans la rue ce mercredi, qui sera suivie d'autres actions notamment les 12 et 31 mars. Mais aussi des enquêtes d'opinion qui, aujourd'hui, donnent 70% des Français opposés à la réforme.
Sous couvert d'anonymat, un employé d'une filiale française d'un groupe étranger, âgé de 50 ans, fait partie des sceptiques. "Je crains que la nouvelle loi ne favorise la baisse des effectifs déjà en cours dans mon entreprise, et à mon âge il serait difficile de retrouver un emploi".
Pas question pour autant de quitter son poste pour manifester. "En revanche, dans un an, le gouvernement verra ma sanction dans les urnes", promet-il.

 

Jeudi 10 Mars 2016

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