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Jacques Rogge, patron du Comité olympique international Un président imperturbable et rassurant




Jacques Rogge, patron du Comité olympique international Un président imperturbable et rassurant
Le flegmatique Jacques Rogge, qui cède mardi la présidence du Comité international olympique (CIO), a, en 12 années à sa tête, stabilisé sa santé et son rayonnement, défriché de nouveaux horizons géographiques et sociétaux sans parvenir à faire oublier son charismatique prédécesseur Juan Antonio Samaranch.
Ancien international belge de rugby, sélectionné trois fois aux épreuves de voile des JO (1968, 72, 76), Jacques Rogge s'est colleté dès sa prise de fonction en 2001 avec le scandale de corruption de Salt Lake City révélé trois ans plus tôt.
Propulsé alors à la tête d'un CIO au bord de l'explosion, ce chirurgien de formation a dû faire preuve d'une grande diplomatie pour opérer à la fois un grand ménage interne et restaurer pour l'extérieur l'image accablante d'une institution népotique, tenue alors par un Samaranch omnipotent.
Ces débuts devaient marquer à jamais sa présidence. Dès 2001, Jacques Rogge fit adopter un certain nombre de règles de transparence pour éviter notamment que les candidates aux JO ne soient jugées à l'aune de leur générosité envers les membres votants et non sur leurs qualités propres.
Grâce à ces mesures, le nouveau président parvint à sécuriser les partenariats hyper-lucratifs conclus sous l'ère précédente avec les plus grandes multinationales et les diffuseurs, pour faire du CIO l'une des institutions les plus opulentes au monde, dotée aujourd'hui d'un trésor de guerre de 901 millions de dollars (683,5 M EUR).
Il fixa également une limite au gigantisme des Jeux, toléré voire encouragé par son prédécesseur espagnol, en les limitant, dans la Charte olympique même, à 28 sports et 10.500 athlètes. Et dans le même esprit réaffirma sans cesse sa volonté de lutter contre le dopage par une "tolérance zéro".
Cette image de "Monsieur Propre" raisonnable a imprégné son mandat, renouvelé sans opposant en 2009. C'est elle, probablement, qui lui a permis de traverser, malgré de forts remous, la crise politique internationale liée à la situation au Tibet qui a précédé les JO de Pékin. Mais c'est aussi une certaine "tiédeur" qu'on lui reprocha au moment de (ne pas) rendre hommage aux athlètes israéliens lors des JO de Londres célébrés quarante ans après l'édition de Munich-1972 où onze d'entre eux furent tués par un commando palestinien.
Cette peur panique de mêler la politique à l'esprit olympique a empreint la présidence Rogge quand Samaranch, lui, avait osé, quitte à offusquer, offrir les Jeux à l'URSS (1980) puis à la Chine (2008).
C'est d'une autre manière que Jacques Rogge, finalement, fit de la politique. En accordant les Jeux-2016 à Rio par exemple, faisant par là une place aux pays émergents et à l'Amérique du Sud, terre vierge en matière d'olympisme. Ou en appelant de ses voeux une candidature africaine qu'il n'aura jamais connue sous son mandat, mais pour laquelle il aura préparé le terrain.
Mais l'héritage principal de l'impassible Belge restera sans doute la réorientation du mouvement olympique vers la jeune génération qui avait, les premières années de son règne, tendance à fuir un spectacle olympique ankylosé.
C'est en créant les Jeux olympiques de la jeunesse, dont la première édition s'est tenue en 2010, en bousculant le programme des JO pour y faire la part belle à des sports de gamins parfois confidentiels, en faisant adhérer le mouvement olympique aux réseaux sociaux et aux moyens de communication les plus modernes, que Jacques Rogge a réussi sa plus belle oeuvre.

Libé
Jeudi 12 Septembre 2013

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