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Issam Kamal: “Refléter musicalement l’histoire de la ville d’El Jadida”




Issam Kamal: “Refléter musicalement l’histoire de la ville d’El Jadida”
Mazagan, groupe de fusion  marocain, compte parmi
les figures importantes de la scène musicale nationale grâce notamment
à ses morceaux et aux
nombreux shows qu’il anime avec succès à travers le Maroc. Issam Kamal, le leader du groupe qui entame ce week-end une tournée
au Maroc et à l’étranger,
explique le secret
de ce succès.


Libé: Parlez-nous de votre groupe Mazagan. Quelle est son histoire? Comment s’est-il formé?

Issam Kamal : Mazagan est un groupe qui s’intéresse au patrimoine musical marocain et à son développement.
Le groupe a été créé en 1998 à El Jadida par quatre amis créatifs et passionnés. Depuis, il n’a cessé d’évoluer et de parcourir les scènes au Maroc mais aussi à travers le monde.
Il se compose d’Issam Kamal (chant, guitare, luth, mandoline), Bouhssine Foulane (violon, ribab), Nabil Andalous Ouartassi (batterie), Mohammed Hamam (claviers), Adil Laaqissi (basse), Makram Naoufal Tazi (percussions) et Abdelhak Amal (technique).
Dans votre répertoire on retrouve de tout : raï, musique gnaouie, salsa, rock, etc. Pourquoi autant de genres dans une seule musique? Et quelles sont vos sources d’inspiration?
Le groupe Mazagan essaie de refléter musicalement l’histoire de la ville qui a été un carrefour culturel marqué par la présence des Portugais, des Français, des Juifs et des Américains.
Par ailleurs, chaque membre de Mazagan a son histoire, sa personnalité, ses  inspirations et ses ambitions. Le mélange musical produit par le groupe est donc le fruit naturel de l’interaction entre ses membres qui représentent aujourd’hui les quatre coins du pays.
D’autre part, le groupe a pris le flambeau du renouvellement de la musique populaire marocaine, avec l’ambition de la rendre exportable à l’international. Nous embrassons ainsi un mélange de chants traditionnels (aita, raï, gharnati, hassani, gnaoua…)  et d’arrangements modernes (rock, latino, oriental, reggae…).
Cette fusion est possible à travers le mixage d’instruments traditionnels acoustiques comme le ribab, l’oud, la mandoline, le violon… et d’autres plus modernes et amplifiés comme la guitare électrique, la basse, les synthétiseurs, les drums…

Les groupes musicaux au Maroc disent rencontrer de nombreuses difficultés. Qu’en pensez-vous?

Je pense que les artistes marocains doivent cesser de se plaindre des contraintes logistiques et techniques et faire preuve de plus de créativité et de combattivité.
Il est vrai que les débuts ne sont jamais faciles, mais une fois que la machine est rodée, avec un peu de courage, de confiance et de persévérance,  tout devient possible et accessible. A mon avis, l’artiste n’est pas là pour utiliser les moyens disponibles mais pour en créer d’autres. C’est un créateur.

En tant que groupe disposez-vous d’un lieu de répétition ? Avez-vous un studio pour les enregistrements ?

Les membres de Mazagan se sont tous auto-formés aux  techniques du son et de la production musicale. Nous disposons de plusieurs homes studios que nous mettons en œuvre pour enregistrer nos albums, souvent à distance. Pour les répétitions, nous prenons en location les studios équipés du «Boultek» situés au Technopark de Casablanca.

Qu’en est-il du piratage? Quelle est votre stratégie de commercialisation pour votre promotion? Comment préparez-vous vos prestations en live?

Le piratage est un fléau inévitable aujourd’hui. Cela dit, je suis pertinemment convaincu que la lutte contre ce phénomène ne relève pas de la compétence de l’artiste mais des autorités concernées.
Mazagan a adapté son modèle économique de manière à ne pas dépendre des recettes des ventes de CD. Notre principale source de revenu aujourd’hui est le live. Par contre, la production de CD est plus un moyen de communication, une carte visite pour le groupe. C’est ainsi que nous avons développé une stratégie de booking au Maroc mais aussi à travers le monde qui nous permet de donner des concerts sur trois continents: l’Afrique, l’Europe et l’Amérique du Nord.
Ceci nous mène à la deuxième partie de votre question concernant les prestations live. Vous savez, Mazagan est réputé pour sa qualité sur scène plus qu’autre chose ; nous sommes des passionnés de la scène et du grand public, quelle que soit son origine. L’énergie que dégage le groupe sur scène, l’originalité de son style et la qualité de son show lui ont permis de courir les grands festivals du Maroc, en France, en Belgique, en Suisse, en Italie, en Mauritanie, en Tunisie, en Espagne, au Cap-Vert, en Hollande, en Allemagne, au Canada et au Sénégal.

Comment êtes-vous devenu directeur artistique du Festival Jawhara?

Je suis devenu directeur artistique du Festival international Jawhara d’El Jadida en 2012 suite à une offre de la direction du Festival et de l’association organisatrice. J’ai tout de suite accepté, car je voulais absolument apporter ma touche à la programmation du festival phare de ma ville.
J’ai également accepté, car je suis entouré d’une équipe de professionnels qui connaît l’enjeu et la charge de travail ainsi que les différentes étapes à respecter lors de la production d’un événement d’une telle envergure. J’en suis à ma 2ème édition avec le festival en tant que directeur artistique.

Vous entretenez d’excellents rapports avec les groupes musicaux marocains. Cela a-t-il pu vous motiver ?

Effectivement, j’ai aussi accepté vu que j’entretiens des relations professionnelles et amicales avec la majorité des artistes marocains et avec un grand nombre d’artistes internationaux. Je détenais déjà un carnet d’adresses que j’ai développé pendant plus d’une décennie en tant que professionnel de la musique, ce qui  me facilite la démarche de programmation et de ramener des artistes internationaux à cette édition.

Quelle est l’actualité du groupe Mazagan?

Nous avons sorti récemment deux singles, «Dima Labess» et «Adam», qui connaissent le succès sur les ondes au Maroc et en France.
Le premier single, réalisé en duo avec Cheb Khaled et produit par RedOne, appelle à l’ouverture des frontières entre les peuples. Tandis que le second met en avant la tolérance et la cohabitation entre les religions.
Un projet d’album est actuellement en cours de préparation. En attendant, le groupe Mazagan prépare une série de concerts au Maroc et à l’étranger, après avoir donné un concert à la Maison du Maroc de Paris.

Quel est votre message aux jeunes?

J’invite les jeunes à avoir confiance chacun dans son domaine de compétence, car le Maroc a besoin de nous pour rehausser son image culturelle. Je suis convaincu que tout jeune Marocain jouit d’atouts à même de valoriser son histoire et d’assurer son avenir.

Propos recueillis par Laila Faouzi (Stgiaire)
Samedi 15 Juin 2013

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