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Intellectuel et foncièrement conservateur

Maillot de bain et piscine chauffée, des signes trompeurs




Intellectuel et foncièrement conservateur
Ce matin dans les vestiaires d’une piscine chauffée à Rabat, une discussion s’est engagée entre un ami avocat de profession et un professeur de droit bien connu dans les médias. A la question de mon ami sur les déclarations de Driss Lachguar (égalité dans l’héritage, interdiction de la polygamie et dépénalisation de l’avortement) le professeur en question répondit : «Lachgar a dépassé les limites». Cette réponse m’a offusqué et je me suis impliqué dans la «discussion». 
Le professeur a continué en affirmant que les déclarations de Lachgar menacent la stabilité du Maroc et troublent l’ordre public. Ce faisant, il a accusé Lachgar de «populisme» entendant par là que les positions de Lachgar flattent l’opinion publique! Et pour finir, il a affirmé que Lachgar en tant que leader d’un parti politique est soumis à une «obligation de réserve». 
J’étais scandalisé d’entendre ces inepties. La liberté d’opinion a-t-elle des limites dans une démocratie? La stabilité du pays et l’ordre public sont-ils si fragiles au point d’être facilement menacés par les déclarations progressistes à la fois démocratiques et féministes d’un chef de parti? Lachgar ne fait-il pas preuve justement d’anti-populisme en revendiquant la réforme du Code de la famille et du Code pénal dans un sens qui va contre l’islam littéral scripturaire intégriste et populaire? Ce faisant, ne risque-t-il pas de faire perdre des sièges à l’USFP lors des prochaines élections? En réalité, Lachgar a fait preuve d’un courage politique inédit. N’est-il pas sommé en tant que chef de parti d’avoir une vision qui exprime et perpétue le référentiel de l’USFP depuis 1975 voire qui les renouvelle ? Les chefs de partis ne sont-ils pas les premiers à ne pas devoir obéir à une obligation de réserve et censés guider le Maroc vers plus démocratie et de liberté ? Aucune loi ne leur impose une obligation de réserve. Que Lachgar continue donc sur cette voie courageuse mais qu’il explique aux Marocains que la pratique de la foi ne doit être ni aveugle ni injuste envers les femmes. La foi ne doit être un opium ni pour les hommes ni pour les femmes. Une foi qui sacralise l’inégalité des sexes est un opium; elle est donc à remettre en question.
Quant au professeur de droit, de par sa sainte ignorance et son attitude affligeante et décevante, je l’ai accusé face à face de sous-développement. C’était la seule critique que j’aie daigné lui adresser. Je l’ai invité à assumer ses propos en public et à les défendre. Et à ne pas se contenter de les exprimer dans un vestiaire en maillot de bain. 

Mardi 7 Janvier 2014

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