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Insolite




Quand la nuit tombe sur les petites villes du Yorkshire (nord) ravagées par les inondations, un groupe de bikers en vestes de cuir noir et bandanas sort patrouiller pour empêcher les pillages.
Brandissant des torches et vêtus de gilets fluorescents, une trentaine de costauds, hommes et femmes, sillonnent les rues le long desquelles les habitants ont empilé leurs possessions pour pouvoir nettoyer leurs maisons. "On est venus jeter un coup d'oeil et nous montrer, afin que les gens sachent qu'il y a quelqu'un dans la rue", souligne Lloyd Spencer, président du club de motards des Drifters et patron du pub The Northern, à Bradford. "Il n'y a pas assez de policiers pour faire face", explique à l'AFP le barbu de 57 ans, qui porte un blouson de cuir noir frappé au nom de son club.
 Son compère Dave Cariss, veste de cuir et capuche noire, note que les habitants étaient plutôt réticents lorsque les bikers ont entamé leurs patrouilles dimanche. "Au début, ils étaient un peu timides, mais une fois qu'on leur a dit pourquoi on était là, ils se sont vite dégelés", dit-il.
Des milliers d'habitants ont dû évacuer leurs maisons et lorsqu'ils reviennent pour les nettoyer, ils entassent leurs affaires sur le trottoir, les laissant à la merci des voleurs.
"La nuit dernière, on a chassé trois ou quatre personnes. Et on a empêché cinq vols", assure Kath Dearden, membre du club des Pyeratz. Cette blonde décidée donne des consignes à une trentaine de bikers des Drifters, Pyeratz et Broken Bones, avant la patrouille aux premières heures de mercredi : "Nous ne sommes pas là pour arrêter les voleurs, mais pour les dissuader de prendre ce qu'ils veulent parce qu'au final, ces gens ont tout perdu", dit-elle. "Les habitants n'en reviennent pas. Ils nous donnent à boire et à manger, ils nous encouragent, ils disent qu'ils dorment désormais tranquilles", explique-t-elle à l'AFP.
Lloyd Spencer dit avoir été alerté par les réseaux sociaux. "On a vu sur Facebook quelque chose sur les pilleurs. On est des costauds alors quand les gens nous voient arriver, ils lâchent l'affaire", dit-il. "On a mauvaise réputation mais on est des gens normaux, pour la plupart d'entre nous". Les patrouilles se font à pied ou en voiture car le niveau des eaux ne permet pas d'utiliser les motos.
La police apprécie leur présence et les habitants sont ravis, leur offrant tasse de thé ou chip butties, ces sandwichs aux frites typiques du Nord.
 "La nuit, c'est désert. Les gens travaillent toute la journée pour déblayer, alors le soir ils sont crevés. A Hebden Bridge, il n'y a pas de lumière, il fait nuit noire, une vraie zone de guerre comme on en voit à la télé", souligne Lloyd Spencer.
"On n'a pas utilisé la force physique, on n'est pas des miliciens, on ne va frapper personne, on est juste là pour nous occuper des autres", résume-t-il.
 
 
 

Vendredi 8 Janvier 2016

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