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Insolite : Faux mort




Insolite : Faux mort
A Cholet (France), Jean-Claude Constantin, un retraité de 64 ans, a été déclaré pour la deuxième fois mort par l’état civil. La première fois, l’acte de décès avait finalement été annulé par la justice. Aujourd’hui, le Chotelais est bel et bien vivant et doit encore se battre pour corriger la faute commise par l’administration.
Jean-Claude Constantin est donc “mort deux fois” et explique à Ouest France pourquoi cela est diificile à encaisser : “J’ai vécu des années difficiles. C’est un choc d’apprendre sa propre mort. Avec l’administration, je me suis heurté à un mur. J’ai été hospitalisé, parce que mes artères fémorales se sont bouchées. Et je suis tombé en dépression”, raconte le Chotelais de 64 ans.
L’histoire commence en 1995, le jour du décès de son père. Jean-Claude Constantin, ancien militaire et ingénieur en logistique, vit seul à La Roche-sur-Yon, en Vendée. Ces vingt dernières années, il n’a eu aucun contact avec ses sept frères et soeurs. Quant à son père, il l’a vu pour la dernière fois en 1981. En décembre 2008, le Chotelais apprend la mort de ce dernier au moment où lui-même est déclaré décédé par l’état civil de sa ville de domiciliation. “Je m’en suis rendu compte parce qu’on voulait me couper le RMI. A l’Urssaf, on m’a même répondu: mais vous êtes décédé!”, se souvient-il.
Jean-Claude Constantin entame alors un long combat contre l’administration. Suivi par une assistante sociale, le retraité écrit alors de nombreux courriers au procureur de la République, il fait même appel à l’aide juridictionnelle. En octobre 2009, il “récupère son identité”. Le tribunal de grande instance de La Roche-sur-Yon annule alors l’acte de décès. Jean-Claude Constantin, “désabusé”, accuse ses proches d’être responsables de tous ses malheurs et notamment de sa situation financière. “Selon l’acte de décès, j’ai été déclaré mort parce que je n’étais pas reparu à mon domicile, ni n’avais donné de nouvelles depuis 1991.” Il va même jusqu’à dire que ces proches n’auraient “pas tout entrepris” pour le retrouver. Quelques mois plus tard, il porte plainte pour escroquerie au commissariat de Cholet. “Je vis sous le seuil de pauvreté. Je mange un repas par jour. Aujourd’hui, je souhaite, moi aussi, toucher ma part d’héritage”, avoue le Chotelais.
Alors qu’il attendait une éventuelle suite judiciaire, en juin 2012, l’histoire se répète. “Je ne percevais plus ma retraite complémentaire. De nouveau, j’ai appris que j’étais décédé”, déplore t-il. Une nouvelle fois encore, Jean-Claude Constantin doit se battre contre l’administration. Aujourd’hui, fatigué de tout, il explique désormais vouloir “finir” sa vie, “le plus sereinement possible”.

Libé
Samedi 16 Février 2013

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