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Trafic de drogue, blanchiment, informel et autres banques offshore minent l’économie marocaine

Le secteur informel, les transactions en argent liquide et les réseaux de trafic international de drogue  constituent les principales sources potentielles de blanchiment d’argent au Maroc. C’est ce qui ressort du deuxième volume du Rapport international 2017 sur la stratégie du contrôle des narcotiques que le  Département d’Etat américain a rendu public jeudi dernier. 
Selon ce document, le secteur informel représente 12,6%  du PIB et totalise chaque année 42 millions de dollars comme chiffre d'affaires selon une enquête menée par le gouvernement marocain en 2014. Quant au trafic de drogue, il représente  près de 23% du PIB en 2016, soit l’équivalent de 23 milliards de dollars. 
Le même rapport précise, en outre, que la production totale de cannabis au Maroc en 2015-2016 a été estimée à 700 tonnes, soit près de 23% du PIB estimé à 100 milliards de dollars et 19.000 personnes sont en détention pour des affaires liées au trafic de drogue, soit 25% du nombre des détenus. 
Les banques offshore situées dans la zone franche de Tanger ont été pointées du doigt par le Département d’Etat américain. Son rapport évoque des données de l’Unité marocaine du traitement du renseignement financier (UTRF) qui parle des soupçons de blanchiment qui planent sur cette zone franche ; laquelle bénéficie  d’exemptions douanières pour les marchandises destinées à l'exportation. 
Concernant le marché immobilier, de l'art, du négoce d'antiquités et de la vente des pierres précieuses, le rapport révèle qu’ils n'ont pas été soumis à l’évaluation tout en indiquant que les revenus de la drogue  sont facilement blanchis via des investissements dans les produits de luxe (bijou ou véhicules), mais aussi dans l'immobilier. D'autres acteurs non-financiers, y compris les notaires, les casinos et les comptables, ne semblent pas poser de risques significatifs, selon l'UTRF.
Sur un autre registre, le Département d’Etat américain précise que les règlements marocains en matière de blanchiment d'argent et de lutte contre les crimes financiers ne prévoient pas, en règle générale, de mesures de contrôle préalable des opérations. En pratique, précise le rapport,  il y a une forte entente informelle entre l'UTRF, la Banque centrale et toutes les institutions financières concernées en matière de contrôle préalable et des modalités de celui-ci. 
De son côté, l’UTRF a indiqué dans son rapport 2016 relayé ce vendredi par l’agence MAP, qu’elle a  reçu 318 déclarations de soupçon (DS) liées à des cas de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme en 2015, portant ainsi le nombre total des DS à 1.185 depuis la création de l’Unité en 2009.
Dans le détail, 305 de ces dossiers sont liés au blanchiment de capitaux et 13 relatifs au financement du terrorisme, ce qui porte le nombre des DS afférentes au blanchiment de capitaux à 1.162 et celles liées au financement du terrorisme à 23 et ce, depuis octobre 2009, selon le rapport 2015 de l’Unité, rendu public récemment.
Le nombre des déclarations de soupçons par les personnes assujetties est passé de 213 en 2013, à 305 en 2014 pour se situer à 318 en 2015, émanant de 20 personnes assujetties dont 12 banques, 5 sociétés de transfert de fonds et 3 notaires, précise le rapport.
En 2015, l’Unité a reçu une DS relative à des transactions non encore exécutées, pour laquelle elle a émis une décision d’opposition, fait savoir l’UTRF.
Dans le cadre de l’enrichissement des dossiers traités, l’Unité a adressé en 2015 aux personnes assujetties 5.077 demandes d’information (DI) contre 4.914 en 2014 et 1.543 en 2013, souligne la même source.
Ainsi, le nombre de DI envoyées aux personnes assujetties en 2015, était de 3.908 pour les banques, de 1.019 pour les sociétés de transfert de fonds et de 150 pour les autres secteurs (sociétés de bourse, compagnies d’assurances, casinos, notaires, société de financement, etc.).
Concernant les déclarations spontanées, l’Unité a reçu quatre déclarations en 2015, portant leur nombre à 29 déclarations spontanées depuis 2009, en provenance respectivement de l’Office des changes, de l’Administration des douanes et impôts indirects, de Bank Al-Maghrib, de l’Instance centrale de prévention de la corruption, en plus d’une première déclaration spontanée reçue d’un bureau d’avocat en 2015.
 

Hassan Bentaleb
Samedi 4 Mars 2017

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