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Incivilité et autre anarchie sur notre bitume

Piétons, cyclistes et vélomoteurs premières victimes d’un fléau devenu sport national




Dire que la route au Maroc est un partage que l’on dit mutuel et courtois est un bel euphémisme pour désigner à la base, l’anarchie régnante sur nos bitumes. Qu’importe l’étiquette, automobiliste, conducteur de poids lourds (bus, camions…), motocycliste, cycliste ou autres charretier et piéton, la charte ou Code de la route n’est pas en accord avec tous. Chacun l’interprète selon le groupe ou le collectif auquel il appartient, ce qui parfois entraîne des tensions, d’où une dangerosité sur la voie publique incontestable. Pourtant, chaque usager de la route est défini par la loi. Il est à une place donnée, régi par des textes selon son mode de transport.
Mais à l’incarnation, si le poids lourd joue de sa puissance et bombe ses grosses roues pour s’accaparer l’asphalte, l’automobiliste fait de sa mobilité une liberté parfois outrecuidante et qui ne s’arrête pas là où commence celle des autres et notamment, celles des deux roues, du cocher si l’on peut l’appeler ainsi ici-bled et du passant tranquille, voire celle des chats et chiens et autres animaux osant pratiquer le macadam que d’aucuns, jadis, épinglaient anonymement à de rares exceptions près, dans la rubrique des écrasés.
Les plus fragilisés dans ce brouhaha routier, vous l’avez deviné, ce sont bel et bien ces dernières catégories qui souvent pâtissent d’incivilités routières qui peuvent s’avérer mortelles alors que la tolérance de l’autre se doit être de rigueur. Animal à pattes, plumé ou rampant mis à part, parce que plus ou moins non doué d’une raison élaborée, quoique, l’intérêt ici, ira à l’humain qu’il circule sur ses deux pieds ou sur son véhicule à deux roues, vélocipède ou moto.
Déjà handicapés par une infrastructure pratiquement inexistante telle que des pistes cyclables ou passages piétons dont très peu de nos villes sont pourvues ou quand elles le sont, on les a daignées sur de petites distances ou de grands axes de circulation, ils sont aussi victimes, bien souvent, de comportements dangereux de la part de certains motorisés. C’est ainsi que le sport national du routier marocain s’accommode volontiers avec son ego et si des fois il se prend à permettre à un bipède sans plumes de traverser la chaussée, il en aura énormément et à coups de klaxons voire d’insultes pour sa seule bonne action du jour.
D’autres dangers au quotidien pèsent sur eux. Quand ce n’est pas la roue du vélo en forme de huit que le bus, gentiment dit, a bien voulu caresser, angle mort oblige, c’est le fait de se faire frôler au risque de casser le rétroviseur du gentil conducteur gêné dans sa visibilité par des préoccupations autres que celles de la vigilance sur route. Souvent, cible de la colère et d’agressions, nos bipèdes, cyclistes et vélomoteurs, sont aussi taxés d’ignares et d’incultes tout juste capables d’un raisonnement dissocié de la réalité routière, de la part des conducteurs des quatre ou plusieurs roues parce que, détenteurs eux d’une accréditation de rouler.
Mais, parfois il faut le reconnaître, piétons, cyclistes et motocyclistes entretiennent une image déplorable d’eux-mêmes et des comportements manquant de civisme, comme traverser un rond-point en diagonale, rouler à pleine vitesse sur la voie du tram, sans casques ne les rendent guère irréprochables. Certes, c’est pour l’heure une catégorie minoritaire on va dire, quoique, et qui a tendance, laxisme des autorités aidant, à légitimer des situations pour le moins incongrues, mais en attendant de voir venir le bout du tunnel pour une circulation fluide, petit-à-petit le mal est en train de faire son nid.
Bonne route !

Mardi 20 Juin 2017

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