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Impuissant face à Boko Haram, le gouvernement nigérian s’en prend à la presse

A l’approche des élections, l’administration Goodluck et l’armée sous le feu constant des critiques




Impuissant face à Boko Haram, le gouvernement nigérian s’en prend à la presse
Saisies de journaux, débats politiques sévèrement encadrés... Au Nigeria, les médias sont la cible de multiples attaques d'un pouvoir politique impuissant face aux violences du groupe islamiste armé Boko Haram, à moins d'un an de l'élection présidentielle. Cette semaine, la NBC, l'organe de régulation de l'audiovisuel, a demandé à toutes les chaînes de télévision et stations de radio du Nigeria de l'informer au moins 48 heures à l'avance de la programmation impromptue de débats politiques en direct non inscrits dans leur grille de programme trimestrielle.
Cette mesure a été prise pour "contrôler des cas de plus en plus fréquents de traitement non professionel" de débats politiques qui contenaient "des commentaires provocants, qui divisent profondément l'opinion", explique la NBC dans un communiqué. 
Cette annonce a provoqué de vives réactions parmi les journalistes, pour qui le président nigérian Goodluck Jonathan et son administration, sous le feu constant des critiques pour n'avoir pas su juguler l'insurrection islamiste qui a fait des milliers de morts depuis cinq ans, cherchent à museler les dissidents.
Il s'agit d'"une censure effrénée, où les médias sont bâillonnés, ce qui va à l'encontre de l'esprit et de la lettre de toutes les lois électorales au Nigeria", a estimé l'Organisation de la presse nigériane (NPO), qui appelle le gouvernement à revenir sur "cette décision odieuse et anti-démocratique". Plus tôt ce mois-ci, quatre quotidiens et un hebdomadaire nigérians avaient annoncé que leur édition du jour n'avait pu être distribuée dans plusieurs villes du pays, à cause d'une "opération de sécurité" de l'armée visant des véhicules de livraison de journaux.
Deux de ces journaux avaient publié des enquêtes embarrassantes pour les militaires peu avant. L'armée a reconnu avoir fouillé des véhicules transportant des journaux pour des raisons de sécurité, tout en se défendant d'avoir l'intention de museler les médias.
Le quotidien Punch a réagi dans un éditorial cinglant, dans lequel il a décrit cet épisode comme "la rapide descente aux enfers d'un gouvernement discrédité et de ses services de sécurité vers une tyrannie non dissimulée". Cette opération est "une réminiscence de la dictature militaire", a ajouté le journal, faisant référence à la censure drastique des médias imposée par les dirigeants Ibrahim Babangida et Sani Abacha pendant les années de dictature militaire au Nigeria, du milieu des années 1980 à la fin des années 1990.
 

AFP
Vendredi 20 Juin 2014

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