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Impactés par le déséquilibre dynamique de la balance commerciale : Les comptes extérieurs poursuivent leur dégradation




Il y a comme une sorte de grisaille dans l’atmosphère. La crise qui monte chez nos partenaires européens ne fait que nourrir encore plus la psychose chez nous. Surtout au premier trimestre 2010. Personne ne connaît d’avance la couleur du ciel, certes, mais bien peu croient à une certaine amélioration avant la fin de l’année. Aujourd’hui, c’est une certitude, la crise européenne ne fait que s’aggraver et le Maroc ne pourrait échapper aux dommages collatéraux prévisibles. Le pire n’est jamais sûr, on y conviendra, mais lorsqu’on regarde la dégradation des comptes extérieurs du pays, il y a de quoi être inquiet. Pas seulement. Les finances publiques, en s’écartant un peu de la ligne jaune, doivent, en principe, tourmenter les autorités de tutelle. Car les recettes fiscales se font de plus en plus pingres, alors que les dépenses globales ne cessent de gonfler d’un trimestre à l’autre.
A la lecture du dernier rapport de Bank Al Maghrib -BAM-, la situation n’est pas prête à s’améliorer. Par rapport aux comptes extérieurs, la balance commerciale, structurellement déficitaire, s’inscrit désormais dans un déséquilibre dynamique. A fin mars 2010, le taux de couverture des importations par les exportations tombe à 43% au lieu de 44,6% en 2009. Selon le rapport de BAM, l’augmentation de 16,2% du déficit de la balance commerciale, par rapport au premier trimestre 2009, résulte de la hausse de 13,1% des importations, au moment où les exportations n’ont bougé que de 9,3%. L’offre exportable pâtit toujours de son étroitesse et du faible niveau de valorisation des produits exportations.
Il y a lieu de noter que la progression de 9% des exportations est due essentiellement à l’accroissement de 58,2% des ventes de phosphates et dérivés. Hors phosphates, les exportations marocaines sont en quasi-stagnation. Les ventes de tomates, d’agrumes et de vêtement ont, en revanche, fortement reculé. Les intempéries du début d’année ont causé beaucoup de dégâts aux cultures maraîchères. Quant au textile, il était le premier secteur à avoir encaissé le coup de la crise. Nos exportations de vêtements confectionnés ont reculé de 35,5%, totalisant 3,2 milliards DH contre près de 5 milliards au premier trimestre 2009.
Nos importations, en revanche, continuent à progresser, dopées principalement par la facture énergétique dont la valeur a augmenté de 53%. En dépit de la baisse de 16% des importations de blé et d’un repli de 4,2% des biens d’équipement, nos achats à l’étranger se sont élevés à 69 milliards DH contre 61 milliards DH au premier trimestre 2009. Un chiffre à comparer avec la valeur de nos exportations qui n’a pas dépassé 29,8 milliards DH, dont 6,4 milliards provenant des ventes de phosphates et dérivés.
La hausse des importations est imputable aussi à l’augmentation des acquisitions de biens de consommation, qui ont enregistré une progression de 6,2%, en relation principalement avec la hausse des achats de voitures de tourisme et de médicaments. Les importations de denrées alimentaires ont également connu une augmentation de 3,7%, suite à la croissance des approvisionnements en maïs et en produits laitiers respectivement de 23,9% et de 29%.
Dans le même temps, ajoute le rapport de BAM, les recettes au titre  des investissements et prêts privés étrangers, limitées à  4,3 milliards DH, ont affiché une contraction de 52,3% par rapport à la même période de l’année précédente, tandis que les dépenses sont passées de 2,1 milliards DH à  14,2 milliards, soit une sortie nette de près de 10 milliards DH. Les dépenses ont concerné principalement les cessions d’investissements directs étrangers, engendrant ainsi une sortie nette de 13,3 milliards DH. 
Seules les recettes de voyage ont enregistré une amélioration de 12,7% à 10,3 milliards DH. Toutefois, note BAM, les recettes au titre des services de transport ont connu une diminution de 5,7%, s’établissant à 4,4 milliards. Quant aux recettes au titre des services de communication, elles ont accusé une baisse de 1,4%, atteignant 1,4 milliard DH. Parallèlement, heureusement, les transferts des Marocains résidant à l’étranger ont marqué une expansion de 13,6%, s’élevant à 12 milliards DH, à  fin mars 2009,

L’euro perd 5,2% face au dollar

La monnaie unique a poursuivi sa dépréciation  entamée depuis le mois de décembre 2009, pour atteindre, le 17 mai 2010, son plus bas niveau depuis quatre ans, soit 1,23 dollar pour un euro. Cet affaiblissement est imputable principalement à la multiplication des craintes des opérateurs financiers quant à l’impact négatif que pourraient avoir les mesures d’austérité adoptées par la plupart des pays de la zone euro sur les perspectives de croissance économique. Il a pour origine également l’amélioration de la conjoncture et des perspectives économiques des Etats-Unis.

Achir Karim
Mardi 25 Mai 2010

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