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Immobilier en crise et gouvernement en mal d’idées




La politique de l’autruche de l’Exécutif mise à rude épreuve



Les indicateurs sont au rouge en ce qui concerne l’immobilier au Maroc. En effet, selon plusieurs données fournies, c’est décidément une période de vaches maigres pour le secteur, et ce malgré les multiples grues et autres engins et appareils dispatchés, deci delà à travers le Royaume, et qui tendent à renseigner sur une éventuelle future offre pléthorique …En tout cas, la revue mensuelle de la conjoncture économique, monétaire et financière de Bank Al-Maghrib (BAM) du mois d’août courant, a le mérite de mettre en relief d’éloquents chiffres sur l’un des principaux baromètres du secteur du BTP, à savoir la consommation du  ciment. Résultat des courses, la reprise n'est pas encore au rendez-vous avec des ventes qui ont accusé une baisse de 1,3 % à fin juin 2015, contre 4,4 % un an auparavant. Et d’expliquer, parallèlement, que l'encours des crédits immobiliers a progressé, en glissement annuel, de 2,2 % contre 2,6 %, avec une accélération de 4,8 % à 6,1 % des crédits à l'habitat et une accentuation du repli de ceux accordés aux promoteurs immobiliers de 3,2 % à 8,5 %.
Doit-on, pour autant, en déduire que le secteur a du plomb de l’aile ? Affirmatif, si l’on sait que sur le marché immobilier, l’indice des prix des actifs a enregistré une légère hausse de 0,1% au premier trimestre de 2015, après une baisse de 1,4% un trimestre auparavant. «Cette appréciation résulte d’une part de l’augmentation de 1,3% des prix des biens à usage commercial et de 0,2% de ceux du foncier et d’autre part de la baisse de 0,4% des prix des actifs résidentiels», précise ledit document  avant de noter que le nombre de transactions a également enregistré une baisse trimestrielle de 10,7%, après avoir augmenté de 11,6%, traduisant principalement les replis des ventes de 13,3% pour le résidentiel, de 3,9% pour le foncier et de 0,8% pour le commercial. 
Et ce n’est pas tout. La contre-performance de 6,8% du MASI pour l’«immobilier» affichée en juillet dernier par BAM confirme aussi le revirement de situation… 
Et pourtant, pour 2015, plusieurs éléments préliminaires laissaient croire que le secteur allait redécoller. Secteur, qui soit dit en passant, était l'un des principaux secteurs créateurs d'emplois puisqu’il embauchait  800.000 ouvriers par an. En effet, pour mémoire, en 2007, le nombre d’employés dans le BTP s’élevait à plus de 800.000 personnes, soit 9% de population active avec une forte demande concernant les ouvriers spécialisés dont les maçons polyvalents, carreleurs, coffreurs, peintres, plombiers chauffagistes, chefs de chantier, conducteurs de travaux gros œuvres…
Cette époque est, semble-t-il bien révolue, sachant, qu’en l'espace de deux ans (2012 et 2013), le secteur en a perdu 71.000 et que selon les derniers résultats du HCP sur la situation du marché du travail au 2ème trimestre de 2015, le BTP a créé seulement 16.000 emplois (+1,5%), dont 14.000 en milieu rural, contre une création annuelle moyenne de 3.000 au cours des trois dernières années. Pis encore, les choses se sont gâtées davantage avec un taux de sous-emploi de 15,5% au niveau national, étant entendu que les ouvriers du BTP sont les plus touchés par ce phénomène qui atteint aussi bien les milieux urbain que rural. 
Autre bémol à signaler, l’informel qui gangrène l’activité. En fait, dans un secteur qui compte près de 60.000 entreprises dont 58 % environ dans la construction, l’informel domine le segment de l’habitat privé avec environ 5.000 sociétés structurées et localisées. 22 % de ces entreprises en réalisent 80 % du chiffre d’affaires, ce qui fausse relativement les données officielles.
Ceci étant, les défaillances enregistrées par moult entreprises sont tout autant pointéss du doigt. Ainsi, selon une récente étude d’Euler Hermes, le risque d’impayés restera fort au Maroc en 2015. L'assureur-crédit a ainsi confirmé les défaillances d'entreprises qui devaient augmenter de 10% dans le pays cette année pour toucher 8.374 sociétés. «Sur les marchés émergents, les entreprises font face à d’importants obstacles, les composantes du risque pays se dégradant. On estime que le nombre de défaillances d’entreprises va augmenter de 30% en Russie, 17% en Turquie, 11% au Brésil, 10% au Maroc et de 8% au Portugal», ont souligné les experts d'Euler Hermes en insistant sur le fait que le BTP figure parmi les secteurs à surveiller. 
Quoi qu’il en soit, au même moment où au Maroc le taux de sinistralité est alarmant dans le BTP, le secteur du foncier, qui est le nerf de la spéculation, rencontre, lui, une demande de plus en plus croissante. 
Selon la Fédération nationale des promoteurs immobiliers, la charge foncière représenterait la moitié du coût de revient du m² construit, d’où la cherté des produits finis et la spéculation ira bon train puisqu’il n’y a aucun baromètre de fixation des prix… Et d’insister qu’il est grand temps qu’une nouvelle législation sur la propriété foncière voie le jour afin de mettre le secteur au diapason des contraintes du marché mais aussi à ses exigences futures. 




 

Meyssoune Belmaza
Lundi 17 Août 2015

Lu 1542 fois


1.Posté par chris le 14/10/2015 00:08
Le marché tendu et la révolution internet imposent aux agents immobiliers de repenser leur modes de commercialisation. A la fin, c’est la loi du plus fort qui primera.

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