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Immigration : Une nouvelle dynamique pour les langues




Immigration : Une nouvelle dynamique pour les langues
Des enquêtes statistiques récentes, en France et au Québec, montrent la bonne capacité de la langue française à être adoptée par les immigrants – tout en n’interdisant pas la coexistence avec d’autres langues. 
Selon une enquête de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) réalisée avec le concours de l’Institut national d’études démographiques (Ined), plus du quart des 44 millions d’adultes vivant en France lors du recensement de 1999 se souviennent que leur père ou leur mère leur parlaient « d’habitude » une autre langue que le français dans leur petite enfance (avant l’âge de cinq ans).
L’enquête distingue, parmi les 400 langues citées, celles qu’utilisaient « d’habitude » les pères et les mères avec leurs enfants et celles dites « occasionnelles ». Pour moitié, il s’agit de langues régionales et pour l’autre, de langues liées à l’immigration. Six fois sur dix, elles ont été transmises en même temps que le français – avant ou après l’installation en France-.

Une transmission fréquente de l’arabeet du portugais

La transmission des langues d’immigration a été fréquente pour l’arabe et le portugais : 940 000 adultes se souviennent que leurs parents leurs parlaient d’abord en arabe dans leur enfance – de la naissance à la puberté – tandis que 230 000 évoquent une transmission occasionnelle.
Les proportions sont comparables pour le portugais. En revanche, l’espagnol, l’italien et l’allemand, issus d’une migration plus ancienne, ont été moins souvent transmis.
Avec la diversification des courants migratoires, sont apparues de nouvelles familles de langues – africaines, asiatiques – dont la transmission, presque toujours habituelle, s’est effectuée avant l’installation en France.
A contrario, la plupart des langues régionales ont été transmises de manière occasionnelle en accompagnement du français et le plus souvent par un seul des parents.
C’est vrai pour la langue d’oc (occitan et ses variantes) et pour les langues d’oïl (picard, chtimi, lorrain, vendéen…) qui ont accompagné l’enfance de nombreux adultes (respectivement 1 670 000 et 1 420 000). La transmission du breton, du corse, du catalan ou des créoles, plus occasionnelle, s’est effectuée dans une proportion moindre.
 L’alsacien fait figure d’exception, reçu par 660 000 personnes sur un mode habituel et par 240 000 autres sur un mode occasionnel.

L’anglais, première langue minoritaire de France

Autre constat : seuls 35 % des adultes à qui les parents parlaient habituellement leur langue d’origine ont fait de même avec leurs enfants – toutes langues confondues.
Cette rupture a été plus importante pour les langues régionales qui ont cessé d’être utilisées habituellement par la génération suivante dans une proportion de 60 % pour le corse et le basque, 70 % pour les langues d’oïl et langues créoles ou encore 90 % pour le franco-provençal, le breton et le flamand, et 53 % pour l’alsacien.
Toutes les langues étrangères reculent, d’une génération à l’autre, supplantées par le français, et lorsqu’elles sont retransmises, elles le sont une fois sur deux de manière occasionnelle.
Même si la part des adultes ayant hérité d’une langue étrangère de leurs parents a progressé avec l’essor des migrants, ceux-ci tendent à basculer vers l’usage du français en famille à mesure que leur séjour se prolonge.
Ainsi, la retransmission de l’arabe comme langue habituelle a diminué de plus de la moitié en l’espace d’une génération. C’est pourquoi la part de la francophonie monolingue ne cesse de progresser depuis cent ans.
En prenant en compte les langues pratiquées en dehors de la relation parents-enfants, l’anglais est la première langue minoritaire : 20 % des adultes (9 millions) déclarent pouvoir discuter avec des proches en anglais.
C’est plus que pour l’arabe (938 000 locuteurs adultes) et le portugais (591 000). L’apprentissage scolaire des langues étrangères favorise également l’espagnol (1 134 000), l’allemand (824 000) et l’italien (740 000).

Au Québec, le français est, de loin, la langue la plus mentionnée

Autre exemple, celui du Québec, où la population immigrée a augmenté de plus de 20 % entre 2001 et 2006, où elle comptait 851 760 personnes. Quelque 18 % des immigrés étaient de langue maternelle française, 10 % anglaise, et 70 % de langues maternelles autres que les langues officielles du pays.
 Le français est de loin la langue maternelle la plus mentionnée par les immigrés, suivie de l’arabe, de l’espagnol, de l’anglais et de l’italien. Même si le nombre de personnes de langue maternelle française a légèrement diminué (de 18,1 à 17,6 %) dans cette période, leur part relative (1976-2006) est restée assez stable (16 à 20 %) alors que la part des immigrants de langue maternelle anglaise est au plus bas dans les groupes récents.
En 2001, la structure par âge des personnes immigrées de langue française était plus jeune que celle d’autres groupes : près de 22 % avaient moins de vingt-cinq ans, contre 11 % de celles de langue maternelle anglaise et 14 % de celles de langues maternelles tierces.
Toutes langues maternelles confondues, 31 % de la population immigrée parlait le plus souvent français à la maison en 2006 (24 % en 2001), 17 % l’anglais (18 % en 2001) et 43 % une langue tierce.
Plus des trois-quarts de ces personnes déclaraient pouvoir soutenir une conversation en français, et la moitié environ connaître le français et l’anglais.
En 2001, sur les 42 % de personnes immigrées de langue maternelle tierce unique ayant abandonné partiellement ou complètement leur langue d’origine, 25 % avaient adopté le français comme langue d’usage au foyer (contre 18 % l’anglais).
 Au total, les transferts complets et semi-transferts, parmi la population immigrante de langues tierces, se faisaient majoritairement vers le français : 57,5 % à l’échelle du Québec, 55,4 % dans la région métropolitaine de Montréal et 53,7 % dans l’île de Montréal.

Laura Petit (MFI)
Vendredi 3 Avril 2009

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