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Ils dénoncent des risques de délabrement des canalisations d’eau potable : Une nouvelle affaire oppose les Casablancais à la Lydec




Le gestionnaire délégué d’eau potable casablancais, la Lydec, est de nouveau sur la sellette. Cette fois-ci, c’est sa politique de mise à niveau des réseaux qui est mise en cause.
La multiplication du nombre d’incidents, de fuites et de coupures sur le réseau de distribution et d’évacuation de l’eau de Casablanca, a suscité le débat sur sa mauvaise maintenance et sur son état de délabrement avancé.  
Certains clients de la société envisagent même d’intenter un procès contre le délégataire pour préjudice dû à une  dégradation des canalisations et à la mauvaise qualité d’eau distribuée.
Une nouvelle affaire qui risque d’entacher davantage l’image de marque de cette entreprise durement atteinte après la catastrophe survenue à Casablanca les 29 et 30 novembre.
En effet, les habitants du quartier Derb Essalama (préfecture des arrondissements de Ben M’sick) comptent,  dans les jours à venir, déposer une plainte contre la Lydec pour préjudice suite aux coupures d’eau et à sa mauvaise qualité. Un huissier de justice a été appelé pour constater l’état des lieux et dresser un procès verbal.
«Dans notre quartier, la majorité des maisons ont plus de 30 ans. Et faute de maintenance régulière de la part des locataires et des propriétaires, les canalisations d'eau et le  réseau d'assainissement sont dans un état de délabrement avancé », nous a précisé l’un des habitants du quartier avant de poursuivre : « On a cru que la venue de la Lydec allait  changer la donne, mais ce n’est pas le cas alors qu’en tant que distributeur, elle a le devoir de garantir la fiabilité des installations et la distribution d’une eau potable de qualité à ses clients ».
Des propos qui rejoignent de près le diagnostic fait par Moustafa Rahin, membre du Conseil de la ville, de l’état d’avancement du chantier  de mise à niveau des réseaux d’eau potable.
« A Casablanca,  les réseaux d’eau potable sont vieux de plus de 80 ans et leurs performances hydrauliques ont été fortement impactées, estime-t-il. Certains sont dans un état déplorable et représentent un vrai risque pour la santé des Casablancais ».
Et la Lydec dans tout cela ? Elle accuse un retard énorme dans le renouvellement de ses réseaux, nous a-t-il affirmé. La société délégataire a un retard estimé à près de 672 km de réseaux de distribution de l’eau potable à raison de 24 km par an, selon le contrat de gestion déléguée.
M. Rahin va plus loin.  Il remet en cause les chiffres avancés par la société délégataire, selon lesquels, elle aura consacré,  pour la période 2007-2010, près de 231 millions de dirhams au renouvellement des réseaux d'eau potable, soit 105 % par rapport aux objectifs fixés par le contrat de gestion déléguée.
Il conteste également les chiffres de 2009 qui nous informent que la Lydec a réalisé 7.934 branchements dont 55 gros calibres, 40.7 km de canalisations posées en extension et 57.2 km de canalisations réhabilitées et renforcées.
Il estime que dans les chiffres qu’elle a avancés, la Lydec a comptabilisé les interventions quotidiennes qu’elle effectue suite aux réclamations de ses clients. « En effet, elle reçoit entre 50 à 70 réclamations par jour concernant des fuites ou des coupures d’eau et elle effectue 30 interventions par jour. L’ensemble de ces interventions est calculé comme faisant partie des travaux de renouvellement du réseau. Pourtant, le danger est là. C’est celui de la tuyauterie en  plomb et de la rouille qui peuvent engendrer des risques sanitaires graves».
L’édile de la ville croit qu’il est temps de s’interroger sur la qualité de l’eau distribuée aux usagers et sur sa probable contamination par le plomb, le fer ou bien encore les  bactéries.
Les Casablancais risquent-ils d’être atteints de saturnisme ? Il faut savoir que l'eau qui sort des captages et des usines de traitement d'eau potable ne contient généralement pas de plomb. C'est au contact des vieilles canalisations en plomb des réseaux de distribution que l'eau se charge progressivement de ce métal toxique.
Au Maroc, et depuis la fin des années 90, l’utilisation des canalisations en plomb a été interdite et a été abandonnée dans la grande majorité des branchements.
Pourtant, nombreux sont les immeubles et habitations individuelles anciennes dont la tuyauterie est en plomb.
Ces Casablancais risquent-ils d’être contaminés ? Selon certains spécialistes, la réponse est non car l’eau est considérée comme un  facteur mineur d’exposition au plomb.
Et aucun cas d’intoxication détecté n’a pour cause l’eau du robinet.
Pourtant une question demeure, la Lydec va-t-elle emboîter le pas à ces consœurs européennes en fixant pour objectif de bannir le plomb des canalisations d’eau potable d’ici 2013 ? Wait and see.  

Libé
Mercredi 13 Avril 2011

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