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Il couvre 1,28 million d’ha au niveau des trois régions du Sud

L'acacia, un patrimoine naturel d'une grande valeur écologique




Il couvre 1,28 million d’ha au niveau des trois régions du Sud
Mémoire écologique d'une importance socio-économique particulière, l'acacia ou "l'or vert du désert", constitue  un patrimoine qu'il convient de protéger contre toutes les formes d'exploitation abusive tant par l'homme que par l'animal.
Faisant objet de déracinement et d'abattage par l'homme qui s'en sert pour satisfaire ses besoins en produits de chauffage (bois ou charbon), ce patrimoine naturel est également soumis dans les provinces du Sud à un pillage qui compromet la croissance des arbustes et empêche la pousse des graines.
Selon la Direction régionale des Eaux et Forêts du Sud, cet arbre couvre au niveau des trois régions du Sud une superficie estimée à 1,28 million d’ha, avec un taux qui ne dépasse pas 60 arbres par ha, un potentiel arboré réparti entre 417,9 mille ha dans la région de Guelmim-Smara, 16,4 mille ha dans la région de Laâyoune-Boujdour-Sakia El Hamra et 594 mille ha dans la région de Oued Eddahab-Lagouira.
L'une des caractéristiques de cet arbre qui, avec le pommier de Sodome, constitue la rare faune qui pousse dans les zones bioclimatiques sèches et arides avec des températures moyennes à élevées, est qu'il est toujours, quelles que soient sa forme et sa structure, penché vers le sud, une propriété qui en fait un excellent guide pour l'homme et un moyen de repérer les directions cardinales dans le désert.
De par les spécificités dont il se distingue et qui lui procurent une importance dans le couvert végétal et sylvestre dans les milieux sahariens, l'acacia fait partie des éléments qui contribuent à la lutte contre la désertification des zones septentrionales du pays.
L'acacia se distingue notamment par ses racines qui plongent à des profondeurs allant jusqu'à 40 m, une caractéristique qui lui permet de résister à la sécheresse, de faire face aux vents violents grâce à ses branches épineuses et robustes et de contribuer en conséquence à une parade contre l'avancée des sables.
Appartenant à la sub-famille des légumineuses, cet arbre se caractérise aussi par des feuilles toujours vertes et dont la composition contribue à empêcher la vaporisation de l'eau. Connu pour son adaptation aux conditions climatiques sèches et semi-arides, l'acacia peut vivre plus de 100 ans.
Sa hauteur variant entre 2 et 4 mètres, il offre l'ombrage à l'homme et le fourrage au bétail et nourrit  les abeilles, comme il sert de refuge pour certains animaux qui y trouvent un lieu de reproduction.
Arbre endémique des steppes sahariennes au sol limoneux sableux, l'acacia permet aux habitants locaux de satisfaire leurs besoins en bois. Son écorce est utilisée dans le tannage des peaux, son feuillage, ses fruits, sous forme de cornes allongées et plates et sa graine sont mis à profit dans la médecine traditionnelle locale.
Selon le chercheur dans le patrimoine populaire sahraoui, Ibrahim Al-Haissen, cet arbre est bénéfique: il est source de médicaments et d'aliments, en ce sens que les populations hassanies l'utilisent pour soigner leurs maladies, notamment les indigestions dues à la consommation excessive de viande ou de graisses.
Les connaisseurs affirment que son écorce et ses fruits, connus sous le nom "Al-Kharoub", sont utilisés à cette fin, alors que sa sève produit la gomme arabique  utilisée à l'échelle mondiale dans la fabrication de médicaments.
La Direction régionale des Eaux et Forêts du sud a pris une série de mesures pour réhabiliter cette espèce écologique fragile. Parmi ces mesures, il y a lieu de citer des opérations de régénération d'une superficie de 610 ha pour la période 2005-2008, sur un total de 1.650 ha programmés dans le cadre du programme expérimental 2005-2013.
Créée en 2005, l'Association "Attalh" pour l'eau, l'environnement et le développement humain à Laâyoune, s'est fixé à son tour une série d'objectifs liés à la  sensibilisation pour la protection de toutes les composantes sylvestres dans la région,y compris l'acacia à travers l'organisation d'expéditions et de séminaires scientifiques pour sensibiliser à l'importance de ce patrimoine naturel.
Pour le président de l'Association, l'allègement de la pression pastorale sur les rares espèces où subsistent encore quelques unités de cette richesse est devenue une nécessité et exige la mise en place de programmes pour intensifier les opérations d'implantation et le renforcement de la recherche autour des vertus et bienfaits de cet arbre, en matière de médication populaire sahraouie.
Selon lui, les feuilles, les fruits et les sécrétions de cet arbre peuvent être à l'origine d'activités économiques génératrices de revenus et permettant la lutte contre l'exode rural que connaissent les campagnes depuis quelques années.

Ahmadou El-Katab
Vendredi 27 Mars 2009

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