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Il compte foncer tête baissée sans les moindres statistiques les concernant : Le gouvernement Benkirane part à la chasse de ses fonctionnaires fantômes




Il compte foncer tête baissée sans les moindres statistiques les concernant : Le gouvernement Benkirane part à la chasse de  ses fonctionnaires fantômes
Le gouvernement Benkirane est déterminé à lutter contre les fonctionnaires fantômes qui reçoivent un salaire sans être présents à leurs postes de travail. Un décret  réglementant cette question est en cours de finalisation et sera prochainement présenté au chef du gouvernement, a indiqué Abdeladim El Guerrouj, ministre délégué auprès du chef de gouvernement chargé de la Fonction publique et de la Modernisation de l'administration, le 21 mai, devant la Chambre des représentants.
Selon lui, ledit décret a pour ambition  de responsabiliser les ordonnateurs et les directeurs des ressources humaines dans les différentes administrations publiques concernant l’application des lois en vigueur afin de régler ce problème.
Ainsi, les personnes légalement habilitées à contrôler la présence des employés et à les déclarer absents,  auront la tâche d’assumer la responsabilité morale et financière de la mise en œuvre des dispositions en vigueur et  d’appliquer les lois à l’encontre des fonctionnaires absents sans justification légale (procédures de suspension, poursuites disciplinaires, prélèvements sur salaire…).
Ils seront chargés également d’exiger la restitution des salaires et traitements  versés aux fonctionnaires  s’il est établi qu’ils ont été indûment payés.
Le gouvernement compte aussi accompagner la mise en œuvre dudit décret par l’adoption de certaines mesures à l’instar de la mise en place de  systèmes de gestion et de contrôle d’accès aux locaux (badges, pointeuses etc.).
Pourtant, des questions demeurent : combien nous  faudra-il de lois pour mettre fin à ce phénomène alors que de l’aveu  même du ministre délégué,  la lutte contre les fonctionnaires fantômes est un problème de gestion des ressources humaines plutôt  que de textes législatifs? Qu’en est-il des lois existantes ?
En effet, les lois régissant ce fléau sont nombreuses. C’est le cas de l’article 75 bis du statut de la Fonction publique, du décret relatif aux prélèvements sur salaires pour les fonctionnaires absents, de la loi 62-99 relative aux tribunaux financiers, du Décret Royal de 1967,  de la circulaire de 2003 du ministre de la Fonction publique et de celle de 2005 du Premier ministre. Pourtant, l’ensemble de cet arsenal juridique a démontré ses limites et son  inefficacité sur le terrain.
De même pour les campagnes de lutte contre les fonctionnaires fantômes qui ont été menées entre 2006 et 2009 et qui se sont soldées par la suspension de salaires de près de 1.000 fonctionnaires et le licenciement de près de 729 personnes pour avoir abandonné leurs postes sans aucune justification juridique.  En détail, le nombre de salaires suspendus s’est élevé à 80 en 2006, 164 en 2007, 101 en 2008 et  284 en 2009.
Des chiffres qui en disent long sur l’insignifiance du bilan de la lutte contre ce problème social. Mais combien de fonctionnaires fantômes existe-t-il ? Au temps du gouvernement Driss Jettou, on parlait déjà  de 80.000 personnes,  soit plus de 17% de l’effectif de l’Administration publique évalué à 540.000.
La majorité d’entre elles se retrouvent le plus souvent dans les rangs de l’Education nationale et de l’Intérieur qui sont les plus gros employeurs de l’Administration (53% pour le MEN et 14% pour l’Intérieur).
En 2012,  on a commencé à parler de l’existence de 70.000 à 90.000 fonctionnaires fantômes et ce sont les collectivités locales  qui sont les plus mises à l’index, suivies par le ministère des Finances, le ministère de l’Education nationale et le ministère de la Jeunesse et des Sports… Mohammed Najib Boulif, ministre des Affaires générales et de la Gouvernance, a, pour sa part,  indiqué que le phénomène représentait 12% de l’effectif global des fonctionnaires.
Faux, réplique Abdelâdim El Guerrouj qui estime que l’ensemble de ces statistiques n’est pas officiel, voire contradictoire. Selon lui, le gouvernement ne dispose pas de chiffres exacts sur le nombre de fonctionnaires fantômes et leurs affectations.

Hassan Bentaleb
Mercredi 23 Mai 2012

Lu 610 fois


1.Posté par aziz le 23/05/2012 13:37
Le titre est éloquent. Encore et toujours des critiques ciblés contre le gouvernement de Benkirane qui veut réellement mener une politique basée sur des réformes justes.Il ne s'agit pas d'un problème de gestion des ressources humaines mais plutôt de passe droit , d'incompétence et de corruption. Ceux qui en bénéficient se couvrant les uns les autres. J'ai souvent lu sur ce site des articles infondés visant à dénigrer l'action de ce gouvernement et j'avoues être d'accord lorsque Benkirane dit à juste titre qu'une certaine presse vise à lui mettre des bâtons dans les roues. Ceux qui jouissent de privilèges sous quelques formes que ce soit auront toujours recoure à la mauvaise foie lorsque leurs intérêts seront remis en question. Inchallah ,ils finiront par être rattrapés tôt ou tard comme tant d'autres lors du printemps arabe.

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