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Il a atteint 185 MMDH en 2011 et s’élèvera à 190 MMDH en 2015 : Le déficit commercial se creuse gravement




Le déficit commercial ne cesse de constituer l’une des préoccupations majeures des décideurs économiques. Et pour cause : ce déficit  s’est creusé davantage pour atteindre en  2011, 185 milliards de DH (pour les biens) et 116 milliards de DH (pour les biens et services). Le Conseil national du commerce extérieur pour sa part,  en a fait l’analyse  dont les résultats ont été exposés par Nezha Lahrichi, présidente dudit Conseil tout en se penchant sur les différentes approches pour l’atténuer. Le diagnostic est tombé. Trois facteurs sont à déplorer. D’abord, cette situation que l’on attribue le plus souvent aux faibles performances à l’exportation résulte aussi et pour une bonne part de la progression soutenue des importations, 85% des produits importés sont incompressibles et les prix des produits dominants sont en augmentation (énergie et matières premières). Ensuite,  depuis la remise en place du système de compensation pour les produits pétroliers, leur part dans les dépenses n’a cessé d’augmenter pour culminer 82% en 2010 et plus de 25 milliards de DH en 2008. Enfin, les marges préférentielles établies dans le cadre des accords de libre échange ne sont pas en reste.  Celles accordées (Droit commun – droit de douane réduit appliqué dans les ALE) par le Maroc au profit des importations en provenance de l’Union européenne dépassent de loin celles accordées aux exportations marocaines. A rappeler que le déficit des échanges des biens réalisé dans le cadre des accords de libre-échange a atteint 66 Mrds de DH en 2010 soit 44,5% du déficit commercial global.
Le CNCE tire la sonnette d’alarme et met les autorités concernées en garde. Si les tendances actuelles des échanges extérieurs se confirment, le déficit  commercial des biens et services risque de cumuler une croissance de 63%; soit 190 Mds de DH en 2015 au lieu de 116 Mds de DH en 2011. La sécheresse conjuguée à la hausse des prix à l’international assombrissent davantage le tableau.L’étude comparative avec des pays concurrents qui a concerné la  Turquie, l’Egypte, la Tunisie, la Chine, la Malaisie, la Thaïlande, l’Espagne, le Chili, la  Roumanie et le Mexique s’est étendue sur une dizaine d’années (2000-2010).  Importations et exportations en sont bien sûr les vecteurs essentiels. Si on se penche de plus près sur les données relatives aux exportations plusieurs remarques s’imposent. Le Maroc tient la route par rapport aux autres pays en lice.  Si  le taux de croissance des exportations des biens et services est ascendant et tend à rattraper les pays émergents, le rythme des exportations marocaines des seuls biens  dépasse même celui des pays concurrents en 2010. En 2011, les exportations des biens ont augmenté de 14,3%. Des efforts louables en somme. Quid de la contribution des dérivés des phosphates aux exportations industrielles?  Au cours de la période 2000-2010, le rythme de croissance des industries manufacturières est de 8% et hors dérivés des phosphates, il est de 6% . La part des dérivés de phosphates dans ces industries est de 15%. Leur contribution à la croissance des industries manufacturières est de 30,8%. En résumé, le rythme d’évolution des exportations (11%) est plus important que celui des importations (7,7%) mais il reste insuffisant pour réduire le déficit commercial.
 Quant aux importations, elles se taillent la part du lion. Elles revêtent certaines caractéristiques. L’analyse débouche sur une très forte croissance  des importations des biens et services dont le volume a triplé en passant de 133 Mds de DH en 2001 à 399 Mds de DH en 2011. A ce niveau, une croissance soutenue des importations globales par rapport au PIB est à relever. Ainsi quand le PIB croit de 1%, les importations croient de 1,5%. Par ailleurs, les importations incompressibles représentent plus de 85% des importations globales. Cette part n’a pas connu de changement majeur au cours des 10 dernières années. Ces importations sont peu sensibles au comportement des prix et des mesures de politique économique mais elles demeurent fortement corrélées à la croissance du PIB.  D’ailleurs, près de trois quarts des importations incompressibles concernent l’énergie, les biens finis d’équipement et les demi-produits.
En conclusion, force est de constater, d’après les données de l’analyse, que le déficit commercial des biens représente un sérieux risque macroéconomique puisqu’il a atteint en 2011, 185 milliards de DH, soit un niveau record. La capacité d’absorption de ce déficit par l’excédent du commerce des services et les transferts des RME s’est limitée à 63% après avoir atteint un maximum de 171% en 2011. Par ailleurs la dépendance de la production locale par rapport aux  produits importés pose le problème de la diversification productive. Œuvrer pour une meilleure production locale dans des conditions compétitives serait une planche de salut. Quant à l’intégration maghrébine, elle pourrait représenter  une chance pour construire un système productif, régional intégré et compétitif.

Nezha MOUNIR
Jeudi 23 Février 2012

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