Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Identification d’une nouvelle espèce de tapir en Amazonie




Identification d’une nouvelle  espèce de tapir en Amazonie
Les indigènes d’Amazonie (au Brésil et en Colombie) connaissent depuis bien longtemps l’animal qu’ils nomment “petit tapir noir”. Les tribus Karitiana le chassent même pour s’en nourrir. “Les indigènes ont à plusieurs reprises fait état de la présence d’un autre type de tapir”, explique au Guardian le paléontologue Mario Cozzuol. “Mais les scientifiques n’ont jamais vraiment pris au sérieux ces témoignages, assumant l’hypothèse qu’il s’agissait tout bonnement d’un tapir du Brésil”.
“Ils n’ont pas pris la mesure de la valeur du savoir des locaux et les pensaient dans l’erreur. A l’inverse, nous avons pris en compte les connaissances des indigènes dans nos travaux, et c’est ce qui nous a menés à l’identification d’une nouvelle espèce”, ajoute le spécialiste coauteur de l’étude parue dans la revue spécialisée The Journal of Mammalogy. Car après dix ans de travaux, son équipe a confirmé que ce tapir était inconnu de la science et appartient donc à une toute nouvelle espèce. 
“Les indigènes nous ont été d’une aide précieuse, notamment parce qu’ils connaissent ce tapir depuis des décennies, si ce n’est des siècles. Les chasseurs sont tout à fait habitués à le différencier de ses congénères”, poursuit Fabrício Santos, autre coauteur de l’étude cité par Libération. En effet, cette espèce est un peu plus petite et plus sombre que ses cousins. Elle peut donc facilement être différenciée, à condition toutefois d’avoir l’oeil aguerri.  
Ce mammifère nommé Tapirus kabomani constitue la cinquième espèce de tapir connue. Quoique proche du tapir du Brésil (Tapir terrestris), le nouveau venu peut s’enorgueillir d’être le plus gros mammifère terrestre découvert depuis le Saola (un bovidé à l’allure proche de l’antilope) en 1992, au Vietnam. Par ailleurs, cela faisait 148 ans (depuis 1865) qu’aucune nouvelle espèce de tapir n’avait été observée.
D’après les spécialistes, Tapirus kabomani est la plus petite des espèces connues. Il est plus léger que les autres tapirs avec ses 110 kilos, contre 320 pour son cousin brésilien. Il est aussi plus court sur pattes et présente un crâne à la forme originale. Selon l’étude, ce tapir aurait divergé du terrestris il y a environ 300.000 ans. 
Malheureusement, aussitôt découvert, le Tapirus kabomani devrait entrer dans la liste de l’Union internationale pour la conservation de la nature en tant qu’espèce menacée d’extinction. Comme l’ont souligné les auteurs, son habitat est menacé. “L’Amazonie connaît actuellement d’importantes transformations de son paysage”. 
Aussi, entre la chasse, le réchauffement climatique et la déforestation, le “petit tapir noir” a du souci à se faire. L’objectif de l’équipe de chercheurs est donc désormais de déterminer avec précision le statut de l’espèce et sa répartition, pour mieux la préserver. 

Maxisciences
Lundi 6 Janvier 2014

Lu 413 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toute circonstance, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | TV en direct | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito










www.my-meteo.fr

Votre navigateur ne supporte pas le format iframe
Votre programme TV avec Télé-Loisirs