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Ibn Hazm : Un penseur de conviction




Ali Ibn Ahmad Ibn Sa’id Ibn Hazm Ibn Ghaleb Ibn Salah Ibn Khalaf Ibn Ma’dan Ibn Sufiyân Ibn Yâzid, son surnom est Abu Muhammad. L’origine de son grand-père Yâzid est perse, il était le serviteur de Yâzid Ibn Abu Sufiyân al Amawi (l’amavide), il s’est converti à l’Islam; quant à son grand père Khalaf, il est le seul d’entre eux arrivé au Magreb, et Ibn Hazm fait partie de sa descendance.
Né en novembre 994/384H à Cordoue - 15 août 1064/456H à Montíjar) , Ibn Hazm est un poète, historien, juriste, philosophe et théologien musulman. Il approfondit la doctrine zahirite et utilise ses méthodes pour l'ensemble des études coraniques. Il est instruit dans l'entourage de la dynastie des Omeyyades de Cordoue, dynastie à laquelle il restera toujours fidèle contre les Almoravides. Il connaîtra de multiples emprisonnements et exils au cours de sa vie.
Ses recueils comptent 400 ouvrages et 80 mille feuilles. Ainsi, malgré les campagnes intenses menées à son encontre, et malgré l’hostilité à son égard au point qu’on a brûlé et déchiré ses ouvrages en public et ce, à cause de la haine des savants dirigée contre sa personne, ses livres et ses ouvrages, il fut davantage déterminé à prouver la pertinence de ses convictions et de ses méthodologies de pensée. Il a exprimé tout cela dans cette lettre en disant :
« Chaque chose a son utilité, ces hostilités des ignorants m’a été d’une grande utilité, dans la mesure où mon tempérament s’est fortifié, mon esprit a flambé, mes idées se sont revivifiées, et mon énergie a été stimulée, ça a donc été la cause de grandes inspirations, et s’ils n’avaient pas suscité mon calme ni incité mes pensées profondes, ces inspirations n’auraient pas surgi ».
Sa naissance et sa jeunesse :
Ibn Hazm a parlé de son enfance selon ce qu’a rapporté Ibn Bishqawal (Al A’lam) de Sa’id al Andalousi (Al A’lam), qui est un contemporain d’Ibn Hazm :
« Sa’id a dit : Abu Muhammad Ibn Hazm m’a écrit de sa propre main en disant : Je suis né à Cordoba du côté Est des faubourgs de Muniya al Mughira avant le lever du soleil et après le salut de l’Imam dans la prière d’as Subh (prière de l’aube) à la fin de la nuit du mercredi, dernier jour du grand mois de Ramadân, qui correspond au septième jour de novembre de l’an 384 de l’Hégire »
Ibn Hazm a grandi dans une maison riche et aisée malgré cela, il y régnait science et littérature alors qu’il est rare que l’on trouve la richesse et la science associée. Car la richesse et l’argent tente l’homme et l’éloigne de la science et la littérature. Certes le désir du commandement, de la gouvernance et du pouvoir est alors plus fort et plus intense chez l’homme et le fait périr.
Yakut (Al ‘Alam ) a rapporté dans « Irshad al Ari bila Ma’rifat al Adib »de Sa’id al Andalousi dans les nouvelles des sages qu’il y eut une conversation entre Ibn Hazm et Abu al Walid Sulaymân Ibn Khalaf al Baji (Al A’lam ), alors le savant al Baji a dit : « Vous m’excuserez car la majeure partie de mes lectures était à la lueur de la lampe des gardes », Ibn Hazm répondit : « Et vous m’excuserez également car la majeure partie de mes lectures étaient sur les estrades d’or et d’argent ».
Il entendait par là que la richesse éloigne de la science beaucoup plus que la pauvreté.
Et son père Ahmad ibn Sa’id faisait partie des hommes de science, de littérature, de bien et d’éloquence, et il était poète.
Abu Amr Ahmad ibn Sa’id père d’Ibn Hazm était un savant parmi les ministres d’al Mansûr Muhammad Ibn Abi ‘Amir (Al A’lam), et ceux de son fils al Mudhaffar (Al A’lam ) qui lui a succédé, Ibn Hazm était lui-même ministre d’Abd ar Rahmân al Mustadhir Billah (Al ‘Alma ), puis de Hicham al Mu’atamid Billah (Al A’lam).
Les enfants d’Ibn Hazm :
Ibn Hazm a été élevé dans une maison de science, de littérature, de savoir et de sagesse, et cela a eu une grande influence sur l’importante position qu’il a occupée. De par son talent, son intelligence et sa connaissance des choses, il n’y a point de doute que ses enfants ont été élevés dans le même environnement scientifique et littéraire, parmi les enfants :
1 – Al Fadl Ibn Ali Ibn Ahmad Ibn Sa’id Ibn Hazm, surnommé Abu Rafi’a : il a rapporté les propos de son père Ibn Hazm, de al Hafidh Ibn Abdilbarr, de Ibn Dallay et d’autres. Il a beaucoup écrit lui-même, il avait de la perspicacité, de la politesse, de l’habilité et de l’intelligence. Il est décédé à Zellaqua en l’an 479 de l’Hégire, c’est-à-dire 23 ans après le décès de son père. (« Assila fi Tarikh Aymmata al Andalus », 2 p. 440)
2 – Ya’cub Ibn Ali Ibn Ahmad Ibn Sa’id Ibn Hazm, surnommé Abu Oussâma a également rapporté les propos de son père, d’Ibn Abdilbarr et d’Abu al ‘Abbas al Udhri, qui étaient professeurs de son père. Il a accompli l’obligation du Hajj. Il était un homme de perspicacité et de droiture. Il est décédé en l’an 503 de l’Hégire, c’est-à-dire 47 ans après le décès de son père. Il est né en l’an 404 de l’Hégire. (« Assila fi Tarikh Aymmata al Andalus », 2 p. 651)
Sa quête de connaissance :
Selon Yacut ar Rûmi dans son ouvrage Irshad al Arib, la raison qui a incité Ibn Hazm à étudier la jurisprudence islamique, est le fait d’avoir assisté aux funérailles de l’un des frères de son père. Il est entré dans la mosquée avant la prière d’al ‘Asr lors de la cérémonie et s’est assis sans faire de génuflexion (deux rak’at pour la mosquée), alors son professeur – celui qui l’a élevé – lui a fait un signe pour qu’il fasse la prière du salut de la mosquée.
Mais il n’a pas compris, alors ses voisins lui ont dit : «Tu as atteint cet âge, et tu ne sais pas que le salut de la mosquée est obligatoire?» Il avait à cette époque 26 ans. Il comprit alors le signe du professeur et accomplit la prière. Ensuite à la fin de la prière al Janasa (prière funéraire), ils sont tous repartis de la mosquée. Il y est entré et a voulu faire la prière, c’est alors qu’on lui dit : « Assieds-toi, ce n’est pas un moment de prière ».
Ibn Hazm a dit : « J’ai laissé le décédé, embarrassé de ce que j’avais commis et j’ai dit au professeur : « Montrez-moi où réside le Sheikh savant al Mushawir abu Abdillah Ibn Dahun, et il me l’a montré, alors j’y suis allé afin de lui raconter cet incident et je lui ai parlé de mon souhait de commencer à étudier la science et je lui ai demandé de m’orienter, il m’a recommandé l’ouvrage « al Muwatta » de l’Imam Malik Ibn Anas qu’Allah l’agrée, alors j’ai commencé la lecture devant lui le jour suivant et j’ai continué à lire devant lui et devant d’autres pendant 3 ans, ensuite je me suis mis à
controverser ».
Et malgré le retard de l’instruction d’Ibn Hazm, car il a commencé ses études à l’âge de 26 ans, il a toutefois pu occuper une haute position dans le domaine de la science. Il a écrit et composé plusieurs ouvrages grâce à son extrême intelligence et à sa forte volonté qui lui a donné de plus en plus de détermination.
Son fils Abu Rafi’a al Fadl Ibn Ali a dit qu’il avait rassemblé près de 400 livres contenant près de 80 mille feuilles. (« Assila fi Tarikh Aymmat al Andalus », 2 p. 395)
Sa’id al Andalusi a dit dans ce qu’a rapporté de lui Yacut dans « Irshad al Arib » : « Et ceci était une particularité qui n’était propre à aucune autre personne en terre d’Islam avant lui sauf à Abu Ja’far Muhammad Ibn Jarir at Tabari, certes, ce dernier était l’Homme de l’Islam 0 avoir écrit le plus d’ouvrages ». (Al A’lam 6/69)
Sa poésie
Ibn Hazm était un poète et un homme de littérature doté d’une présence d’esprit qui lui permettait d’improviser des poèmes. A travers de nombreux poèmes, il décrivait son environnement, la souffrance des gens, sa vision du monde, de ses changements et ses tourments.

Jeudi 16 Juin 2016

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