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Hormis les performances de ses poids lourds : La Bourse de Casablanca cumule les pertes




Hormis les performances de ses poids lourds : La Bourse de Casablanca cumule les pertes
Les réalisations de la Bourse de Casablanca ne sont pas au beau fixe. Même si ses deux indices ont enregistré  de légères hausses (limitées à 0,40%) lors de la séance du 7 avril, la contreperformance annuelle se confirme. Les indices MASI et MADEX ont enregistré des baisses respectives de -3,40% et -3,79%. Des indicateurs qui ne peuvent qu’alimenter les craintes des investisseurs et des petits épargnants.
Dans une ambiance de clair-obscur, le marché boursier casablancais, renouant, en l’espace de quelques séances,  avec son yo-yo, donne l’impression de monter. Les principaux indicateurs de la place sont, cependant, au rouge cumulant des pertes depuis le début de l’année. C’est un peu ce qui inquiète.
La corbeille est à moitié abîmée. Une bonne partie des valeurs marocaines évolue encore en zone rouge. En dépit des résultats annuels largement positifs, parfois dépassant les prévisions, le marché boursier ne parvient guère à sortir de sa torpeur. Sans doute, la faiblesse de la liquidité explique en partie le manque d’hardiesse qui a caractérisé le marché ces dernières années. La gouvernance de cette place financière doit être prise, également, en compte.
Jusqu’à aujourd’hui, les pertes de la Bourse de Casablanca comptent par milliards de dirhams. Même si la capitalisation étrangère est insignifiante pour l’influencer, ses indices sont en rupture totale avec les années de vaches grasses. Pourtant, l’effet de crise est manifestement présent. Les institutionnels agissent avec une grande prudence et les petits épargnants préfèrent s’éloigner faute d’informations financières fiables, crédibles et rassurantes.
Alors que la publication des résultats annuels des sociétés cotées est censée insuffler une nouvelle dynamique à la place casablancaise, c’est le contraire qui se produit. Certains analystes estiment que les bénéfices annoncés étaient en deçà des aspirations des actionnaires. Par conséquent, ils préfèrent attendre avant de s’engager dans des transactions, pour le moment, incertaines sinon périlleuses. Des dividendes ont été distribués, très importants d’ailleurs par rapport à l’année dernière, mais c’est insuffisant pour attirer les détenteurs de capitaux à investir dans la Bourse de Casablanca. 
Cette tendance est inquiétante d’autant plus qu’elle se poursuit depuis le dernier trimestre 2008. A partir des premières séances de l’année en cours, le marché a réaffirmé cette contre-performance en bouclant mars dernier à -5,30%. En dépit de quelques séances de reprise, le marché évolue dans un contexte de morosité qui se confirme de plus en plus.
Au passage, le MASI, indice de toutes les valeurs cotées, est entré dans une spirale haussière qui s’est prolongée jusqu’à fin février et à l’issue de laquelle il avait gagné près de 20%, ramenant sa performance annuelle dans un territoire positif. C’était, cependant, sans compter sur la correction du marché qui se confirme au fil des séances et qui aurait été soldée par des pertes dépassant les 40 milliards de dirhams.
Le volume actuel des échanges, les réalisations et les profits boursiers attendus se traduiront certainement par des moins-values au niveau du retour sur fonds propres (ROE) du marché. Il est, en effet difficile, crise oblige, d’obtenir les mêmes résultats que ceux des années dernières. Où le ROE s’est élevé à plus de 25%.
Une étude d’Attijari Intermédiation a constaté que le ROE du marché s’est situé à 27% contre une moyenne de 25% pour la région MENA. Il en ressort, notamment, que «contrairement au contexte de perte de confiance des investisseurs dans les fondamentaux des entreprises dans plusieurs pays, suite à la crise économique qui y sévit, la situation au Maroc n’est que passagère, qu’elle est due au caractère cyclique des marchés boursiers, et que la rentabilité financière que dégagent les sociétés cotées au Maroc», élément qui intéresse le plus les investisseurs, est à un niveau élevé qui, de plus, est appelé à croître durant les prochaines années. Entre 1996 et 2002, dans une conjoncture nationale peu porteuse et dans un contexte boursier perturbé, la rentabilité financière des sociétés cotées marocaines ne dépassait pas les 15% et suivait une tendance baissière causée par un essoufflement de la croissance des bénéfices (-0,3% en moyenne par an). «Le ROE de la place avait atteint en 2002 8,4%, soit son plus bas niveau historique», affirment les analystes de la société de Bourse. Cela dit, depuis 2005, et grâce à des conditions économiques nationales en nette amélioration, cette rentabilité s’est fortement consolidée pour atteindre 27% en 2007 et elle devrait s’établir au même niveau en 2008.
Toutes les branches d’activité ont contribué à ce niveau de retour sur fonds propres. Toutefois, c’est la rentabilité financière et le poids dans la capitalisation qui fait que Maroc Telecom se positionne en tête, suivi évidemment des grandes sociétés opérant dans l’immobilier, les industries agro-alimentaires,  les assurances et la finance.
Au-delà de ses performances, l’année 2009 sera dure et des nouvelles réformes institutionnelles s’imposent. L’ingénierie financière est d’une grande importance, mais l’attractivité réelle de toute bourse dépend de son mode de gouvernance, sa transparence et sa connexion réelle à l’économie dans laquelle elle opère.

Mohamed Kadimi
Mercredi 8 Avril 2009

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