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Homs pilonnée sans relâche : La Ligue arabe va renvoyer ses observateurs en Syrie




Homs pilonnée sans relâche : La Ligue arabe va renvoyer ses observateurs en Syrie
La Ligue arabe va renvoyer sa mission controversée d'observateurs en Syrie où l'armée a bombardé sans relâche mercredi la ville rebelle de Homs faisant 50 morts selon les militants, en dépit de l'engagement du président Assad auprès de son allié russe à cesser l'effusion de sang.
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a annoncé mercredi que le chef de la Ligue arabe Nabil Al-Arabi lui avait fait part mardi de son intention par téléphone, lui demandant une coopération de l'ONU à cette nouvelle mission.
"Il a suggéré une mission conjointe en Syrie, avec un émissaire spécial commun", a-t-il ajouté, précisant que cette question serait soumise au Conseil de sécurité dans les jours à venir. M. Ban a par ailleurs jugé "catastrophique" pour le peuple syrien le veto des Russes et des Chinois samedi à une résolution du Conseil de sécurité, estimant qu'il avait encouragé Damas à "accentuer sa guerre contre son propre peuple".
"La brutalité effarante dont nous sommes témoins à Homs, avec des armes lourdes tirant sur des quartiers résidentiels, laisse à penser malheureusement que la situation va encore s'aggraver", a affirmé M. Ban pour qui Bachar al-Assad "doit être tenu pour responsable". Pour le 5e jour consécutif, l'armée a pilonné aux roquettes et obus de mortier Homs (centre), "la capitale de la révolution", où les télécommunications et l'électricité ont été coupées, les infrastructures détruites et la nourriture se fait de plus en plus rare, ont dit les militants.
Mais le pouvoir, qui se refuse à reconnaître le mouvement de contestation lancé en mars 2011, a affirmé que ses forces pourchassaient à Homs les "groupes terroristes" qu'il accuse d'être à l'origine des violences contre les civils.
Dix-neuf personnes dont des femmes et des enfants ont également péri ailleurs en Syrie, notamment à Zabadani près de Damas et à Rastane (centre), où les troupes ont lancé également des opérations pour faire plier ces places fortes de la contestation, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Ce redoublement de violences survient dans un contexte de blocage diplomatique après le veto russe et chinois à un projet de résolution au Conseil de sécurité de l'ONU condamnant la répression de la révolte et prévoyant une transition politique, sur la base d'un plan arabe.
Malgré l'indignation des Occidentaux, la Russie, un allié du régime, continue à opter pour la non ingérence en Syrie, au lendemain d'une rencontre à Damas de son chef de la diplomatie Sergueï Lavrov avec M. Assad.
"Notre tâche, c'est de les aider (aux Syriens) sans aucune forme d'ingérence", a dit le Premier ministre Vladimir Poutine, dont le pays refuse d'évoquer un départ de M. Assad en estimant que son sort devait être réglé par "les Syriens eux-mêmes".
A son tour, le président Dmitri Medvedev a jugé que la recherche d'une solution devait continuer "y compris au Conseil de sécurité de l'ONU". Mardi, M. Assad s'est engagé devant M. Lavrov à "faire cesser les violences d'où qu'elles viennent", selon ce dernier.
Mais les Occidentaux ont aussitôt exprimé leur scepticisme, le régime syrien ayant alterné depuis des mois promesses de réformes et escalade de la répression.
La Maison Blanche a écarté mercredi les appels de la Russie à un "dialogue" entre les forces en présence en Syrie et affirmé que le président Assad y avait renoncé en réprimant dans le sang la révolte contre son régime.
"En ce qui concerne la visite de (M. Lavrov) en Syrie, son but n'était pas clair. Ce qui est évident, c'est que la Russie n'a rien d'autre à gagner, en se rangeant au côté du régime Assad, que de s'aliéner les Syriens", a déclaré le porte-parole Jay Carney.
Face au blocage à l'ONU, plusieurs pays ont pris des mesures unilatérales pour accentuer l'isolement du régime Assad après des sanctions qui n'ont toujours pas réussi à le faire plier.
Ainsi, les Etats-Unis ont fermé leur ambassade, plusieurs pays européens ont rappelé leurs ambassadeurs pour "consultations" et les six monarchies du Golfe ont décidé d'expulser les ambassadeurs de Syrie et de rappeler les leurs à Damas. Une réunion arabe dimanche au Caire doit décider de la suite à donner à la mission des observateurs en Syrie aujourd'hui suspendue.
Néanmoins M. Medvedev a appelé à "éviter des mesures unilatérales précipitées", lors d'un entretien téléphonique avec son homologue français Nicolas Sarkozy qui a à son tour demandé à Moscou de soutenir le plan arabe.

Libé
Vendredi 10 Février 2012

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