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Hollande remet le droit de vote des étrangers au menu

Le risque de diviser les Français




Hollande remet le droit de vote des étrangers au menu
Sa promesse de donner aux étrangers le droit de vote aux élections locales paraissait enterrée: François Hollande s’est engagé jeudi à présenter un texte au Parlement après les municipales de 2014, sans garantie de rassembler la majorité qui lui manque aujourd’hui.
«Je ne veux pas donner l’impression que nous chercherions avant les municipales à utiliser cette question du droit de vote des étrangers pour entretenir je ne sais quel malentendu», a déclaré le chef de l’Etat, abordant le sujet de sa propre initiative lors de sa seconde conférence de presse à l’Elysée. Mais après cette échéance, «comme il n’y aura plus d’enjeu», un texte «sera soumis au Parlement et le Parlement en fera l’adoption s’il le souhaite», a-t-il promis. Le ton tranche avec la prudence affichée lors de sa précédente conférence de presse en novembre: «Présenter un texte avec le risque de diviser les Français pour au bout du compte ne pas le faire passer: je m’y refuse.» Pas sûr pourtant que la réforme ait plus de chances d’aboutir dans un an.
Permettre aux étrangers non communautaires de voter nécessite de réformer la Constitution, ce qui passe par un vote d’au moins 3/5e des parlementaires ou un référendum.
Aujourd’hui, il manque une trentaine de voix pour une adoption en Congrès et 56% des Français sont opposés à la réforme, selon un sondage Ifop publié en février.
«Pourquoi la situation serait plus simple après les municipales ? Ça risque d’être le contraire...», a estimé Pierre Tartakowski, président de la Ligue des droits de l’Homme (LDH).
Même «peur» pour Mohamed Mechmache, président du réseau AC Le Feu, créé après les émeutes urbaines de 2005: «S’il tarde trop, il risque de perdre sa majorité au Sénat.» La moitié du Sénat sera renouvelée en septembre 2014 par un vote de grands électeurs, en grande majorité issus des conseils municipaux. La gauche, qui contrôle actuellement de nombreuses grandes villes, risque d’en perdre en cas de vote sanction contre le gouvernement.
«La France est capable d’assumer de grands débats».
«Dans les quartiers, les gens vont penser qu’on les mène encore en bateau: on nous ressort la question du droit de vote avant les élections, mais les gens vont sentir une tromperie», a estimé M. Mechmache.
Serpent de mer de la vie politique depuis plus de 30 ans, cet engagement avait été abandonné par François Mitterrand en 1981 puis par Lionel Jospin, dont la gauche plurielle avait fait voter une proposition de loi par l’Assemblée en mai 2000.
François Hollande avait repris l’idée dans ses 60 engagements, après l’adoption en décembre 2011 d’un projet de loi au Sénat tout juste passé à gauche.
Dès septembre, le gouvernement avait émis ses premiers doutes, le ministre de l’Intérieur Manuel Valls estimant que la réforme ne représentait «pas une revendication forte», avant d’appeler à «ne pas se précipiter».

AFP
Samedi 18 Mai 2013

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