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Hicham Houdaifa met en lumière le quotidien misérable des oubliées du Maroc

«Dos de femme, dos de mulet», un livre qui se penche sur les précarités de la femme marocaine




Hicham Houdaifa met en lumière le quotidien misérable des oubliées du Maroc
La maison d’éditions «En toutes lettres» a récemment lancé une collection d’enquêtes sociétales, dont le premier ouvrage a été dédié aux femmes du Maroc reculé. « Dos de femme, dos de mulet » du journaliste Hicham Houdaifa, recueil de huit enquêtes sur ces oubliées du Maroc,  se penche donc de manière inédite sur les précarités de la femme marocaine, surtout dans les campagnes, avec l'objectif de «lutter contre l'indifférence».  «Mariages des mineures et coutumiers, exploitation économique, prostitution,  violences en tous genres, l'ouvrage compile une série d’enquêtes,  réalisées durant un an et demi, sur  les différentes formes d'injustice et d'exploitation dont sont victimes les femmes, surtout dans le monde rural, les petites villes et dans la périphérie des grandes agglomérations », explique l'auteur dans l'avant-propos.
Au sein du monde rural, «la fragilité des femmes y est plus marquée » et, au contraire des grandes villes, « une fille qui n'est pas mariée à 18 ans est encore considérée comme une femme ratée», ajoute l’auteur.  «Dos de femmes, dos de mulet » souligne également que l'exploitation des  jeunes filles et des femmes va de pair avec l'abandon scolaire. Il évoque, par ailleurs, la précarité socioéconomique, notamment celle des  ouvrières dans les orangeries de Berkane (est). Surnommées les «femmes ninja» à cause du voile qu'elles portent, elles sont victimes à la fois «d'exploitation financière et sexuelle», précise Hicham Houdaifa.
Depuis que nous avons créé la maison d’édition «En toutes lettres» avec Kenza Sefrioui en 2012, nous avions comme objectif de développer une collection dédiée au journalisme d’investigation. D’où l’idée de la collection Enquêtes», explique Hicham Houdaifa dans un entretien accordé à «Lepoint.fr». «Quant au choix du sujet des femmes en état de précarité, il s’imposait pour une raison très simple. Depuis le début de ma carrière de journaliste, j’ai été interpellé par la triste réalité des femmes vivant dans les régions reculées du pays, mais également dans les périphéries des grandes villes. C’était important de donner de la voix à ces femmes qui n’ont pas droit au chapitre. «Dos de femme, dos de mulet‘’ leur est ainsi dédié », a-t-il précisé.
Concernant la protection du droit des femmes au Maroc, dix ans après l’application de la Moudawana, l’auteur souligne que celle-ci reste une avancée par rapport à ce qui existait auparavant. « Elle a éliminé la répudiation, établi la coresponsabilité des conjoints et limité plus au moins la polygamie et le mariage des mineures. Mais force est de constater que ce texte reste encore méconnu dans plusieurs régions du pays, notamment dans les villages enclavés de l’Atlas, là où j’ai réalisé bon nombre de mes reportages et enquêtes. Les campagnes de sensibilisation n’y sont assurées que par les associations. Aujourd’hui, ce texte devient même dépassé», note-t-il.
Il est à rappeler que Hicham Houdaifa a travaillé pour plusieurs organes de presse nationaux, notamment Al Bayane, avant de quitter le Maroc pour les Etats-Unis, où il a été correspondant d’Afrique Magazine, entre 1999 et 2002. 
Durant son parcours, il a essentiellement travaillé sur des sujets sociétaux : liberté de culte, droits des femmes, situation des migrants subsahariens… Il est, d’autre part, cofondateur avec la journaliste Kenza Sefrioui de la maison d’édition «En toutes lettres », spécialisée dans l’essai journalistique et le journalisme d’investigation, où il dirige actuellement la collection « Enquêtes ». 

Repères

Selon une récente étude du Haut-commissariat au plan (HCP), près d'une  Marocaine sur deux (45,7%) est analphabète et près de deux sur trois (62,8%)  sont victimes de violences malgré les avancées notables dans la réduction des disparités entre les deux sexes. D’autre part, les femmes subissent deux fois plus le chômage et ont un salaire moyen moins élevé que celui des hommes de 26,2%. Bien que représentant 33,6% des salariés  au niveau national, elles ne perçoivent que 20,9% de la masse salariale.  

Mehdi Ouassat
Mercredi 22 Avril 2015

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