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Hassan Tarek à Hiwar




“Les prochaines élections seront cruciales”

Hassan Tarek à Hiwar
Optimiste, confiant et convainquant. Hassan Tarek a finement réussi l’épreuve du débat télévisé, diffusé mardi soir, sur la première chaîne marocaine Al Oula. Face à des questions qui frisent parfois la provocation, le jeune membre du Bureau politique de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), a pu garder son sang-froid et adopté un franc parler rare dans la classe politique. Sans langue de bois, il a apporté la preuve que les politiciens peuvent aussi s’approcher des gens, grâce à un style communicationnel épousant pédagogie, modestie et simplicité.
La facilité du verbe lui a permis l’accessibilité populaire sans toutefois tomber dans le piège du populisme, grâce à une analyse profonde, certes, mais ne versant aucunement dans une phraséologie savante et hautaine. Hassan Tarek, en militant d’abord et en leader ensuite, a d’emblée montré la couleur. « La lutte pour un Maroc moderne et démocratique n’a pas pris fin avec la validation de la nouvelle Constitution, le « oui » de l’USFP a été politique et ce n’est absolument pas un chèque signé à blanc », dit-il. C’est là où l’on comprend mieux l’importance de la prochaine étape, notamment en matière d’interprétation des termes de la Constitution.
«Il faut œuvrer pour une interprétation démocratique et progressiste du nouveau texte et s’atteler à écrire sa partie occulte non encore rédigée», explique-t-il. Pour ce, tout un chemin reste à parcourir. La nouvelle copie constitutionnelle, selon le leader ittihadi, est surtout une réponse au nœud des réformes constitutionnelles, à savoir la mise en relation entre l’exercice des responsabilités et la reddition des comptes. L’on assistera ainsi à un retour en force du politique, après son assassinat, notamment en 2007 et 2009.
La Constitution adoptée n’aura de sens ni de profondeur qu’en présence de gages de confiance dans le cadre de réformes politiques. Il y a ainsi lieu d’appeler, selon lui, à un contrat électoral à même de ramener la grande partie de citoyens ayant boudé les urnes lors des échéances précédentes, à un mode de scrutin démocratique et à un découpage administratif qui rompt avec ces circonscriptions taillées sur mesure.
Déplorant les pratiques passéistes de certains députés entrés dès maintenant dans un ballet infini de changements de partis contrairement à la morale et à l’esprit de la Constitution, le professeur du droit constitutionnel a mis en garde contre un certain mode d’opérationnalisation des termes de la nouvelle Constitution. «Les prochaines élections législatives sont les plus cruciales de l’histoire politique du Maroc, car elles se dérouleront dans un contexte plein de mutations sur les plans régional et national.
Nous allons vers des élections sous la pression d’une rue en effervescence, et avec un enjeu de taille qu’est la pleine responsabilité de l’élu et enfin sous une explosion de la demande sociale», fait-il noter, avant d’ajouter: «Ce n’est pas leur timing  qui importe, mais plutôt la manière dont on va les organiser. On n’a plus droit à l’erreur». Sans euphorie mensongère, le jeune leader de l’USFP n’a cessé de tirer la sonnette d’alarme : «L’on devrait se rendre à l’évidence qu’on est encore à une semi-victoire, et que les prochaines échéances seront l’occasion de réconcilier les Marocains avec les urnes».
Le ministère de l’Intérieur assume, par conséquent, une grande responsabilité, étant donné qu’il va superviser les prochaines élections. Comment ? Hassan Tarek n’y va pas par quatre chemins. «Il faut écarter certains walis et gouverneurs ayant des affinités douteuses avec une certaine formation politique», dit-il. Et c’est le sens profond et l’esprit immortel du Mouvement 20 février que nous défendons, en l’occurrence la lutte contre toutes espèces de dépravation.
La redéfinition de l’essence et l’identité de la dynamique 20 février devrait plutôt prendre forme en tant que «conscience» pour triompher aux valeurs démocratiques. Et pour riposter aux rétrogrades invoquant « un peuple et une classe politique non disposés à la démocratie », Hassan Tarek a emprunté à feu Abderrahim Bouabid une réplique combien expressive et significative : «Les Marocains apprendront la démocratie en l’exerçant». La messe est dite.

Mustapha Elouizi
Mercredi 20 Juillet 2011

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