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Harite Gabari “Au Dakar, le matériel c’est 50% et le pilote, les 50 autres”




Harite Gabari “Au Dakar, le matériel c’est 50% et le pilote, les 50 autres”
Il est le seul pilote marocain présent au rallye Dakar.  C’est le Gadiri Harite Gabari qui a réussi à braver toutes les difficultés et compte bien arriver à Santiago du Chili le 19 janvier.  Libé a profité de la journée de relâche, dimanche à San Miguel de Tucuman en Argentine, pour s’entretenir au téléphone avec, Harite Gabari, qui, malgré les réparations qui l’attendaient pour cette journée, a bien voulu nous accorder cet entretien exclusif.


Libé : comment se sont passées pour vous ces huit premières étapes ?

J’ai bien géré ma première semaine,  à part ma chute lors de la 7ème étape. J’ai chuté lourdement,   et j’ai d’ailleurs perdu mon casque. Mais en général, tout s’est bien passé même si la moto a été un peu abîmée.  Il faut que j’économise toutes mes forces pour aller jusqu’au bout et faire un bon classement.

Au Chili , lors de la 6ème étape Arica-Calama. Vous êtes parti en 120ème position, et vous avez remonté à la 80ème. Puis tout à coup, vous avez disparu des écrans de contrôle. Qu’est-ce qui s’est passé au juste ?
C’est mon système de suivi par satelitte ‘’Iritrack’’qui ne fonctionnait pas.

 Calama-Salta,  la deuxième étape en territoire chilien et 7ème du Dakar courue le 11 janvier a été aussi très longue (751 km) avec en prime,  l’altitude puisque vous avez évolué toute la journée à une altitude variant entre 3 400 et 3 900 mètres.  Comment avez-vous vécu cette traversée de la Cordillère des Andes ? 

J’ai fait une lourde chute à 40 km de l’arrivée à cause de mon ico (compteur kilométrique) qui ne marchait pas. Il faut savoir qu’on roule avec ça. On a le road-book avec les kilomètres et les déviations : les kilomètres qu’il faut faire  et les kilomètres où il y a un danger à éviter. Mais du fait que mon compteur kilométrique ne fonctionnait pas, je n’ai pas vu le danger. Je roulais, mais j’étais en décalage kilométrique puis ce fut l’accident.

On a appris que vous avez fait la première étape argentine, Salta-Tucuman (850 km),  à l’estime. Racontez-nous comment ça s’est passé.

J’avais déjà mon dérouleur de road-book cassé, pas de répétiteur de points (WPT), pas de matériel de navigation. Tout était cassé. Donc, je naviguais à l’estime et  je roulais à la trace. Et en plus, j’ai eu aussi un souci d’huile. Alors, quand je roulais sur la spéciale, chaque fois je m’arrêtais pour voir s’il n’y avait pas un trou et si je ne perdais pas trop d’huile.  C’était juste un joint d’arrêt d’huile qui avait lâché.  En ce qui concerne la navigation, j’avais pris le soin de noter les kilomètres exacts où il y avait des  points GPS à trouver (WPT). Et c’est ainsi que je roulais. J’ai marqué tous les points pour éviter des pénalités pour points manquants. Car je savais que c’était la veille de la journée de repos et il me fallait y arriver à tout prix. J’étais donc concentré à cent pour cent pour ne pas avoir de problèmes et ne pas tomber encore une fois.  J’ai bien géré ma course du début à la fin. La preuve, je suis parti en 160ème  position et   j’ai fini quand même 64ème.

On a remarqué que les étapes de la première semaine de ce Dakar 2013 étaient toutes très difficiles. Que pouvez-vous nous en dire?

C’est exact. Depuis le début de la première semaine, on n’a eu que des étapes très difficiles. D’ailleurs, dans un communiqué de presse, l’organisation avait  annoncé  que la première semaine serait très dure, et que les pilotes qui arriveraient jusqu’à la journée de repos auraient du mérite. Alors, si j’ai pu le faire, c’est que j’ai aussi du mérite (rire). Bon, c’est vrai, cette semaine, il y a eu pas mal d’abandons et pas mal de problèmes. C’était vraiment très, très dur. Tout le monde le reconnaît, même les pilotes professionnels, qui font ça tout le temps, ont avoué que c’était une semaine pas facile du tout.

Et la moto, est-ce qu’elle tient toujours le coup ?

Oui. Pour le moment, elle tient bon. Vous savez, au Dakar, ce sont des petits détails qui font la différence. Si je n’avais pas eu ce problème de compteur kilométrique, je n’aurais pas eu d’accident, j’aurais fait un bon classement à l’étape et je serai remonté en classement général. Avec le peu de moyens dont je disposais, j’ai acheté du matériel, mais c’est  ce  petit appareil qui ne fonctionnait pas qui m’a créé ce problème parce que c’est un matériel qui a déjà servi au Dakar. C’est ça le Dakar, ça joue beaucoup sur le matériel. Et comme je l’ai déjà: au Dakar, le matériel c’est 50% et le pilote les 50 autres.

Un dernier mot pour conclure.

Je remercie tous mes partenaires et  tous ceux qui me soutiennent. Car ça me touche beaucoup, ça m’aide à continuer et ça me donne de la force pour aller jusqu’au bout. Je tiens donc à remercier tout le monde, toutes les Marocaines et tous les Marocains du monde ainsi que mes amis en France. Ça fait vraiment  chaud au cœur de recevoir des messages de soutien et des appels d’un peu partout.

 
 

M’bark Chbani
Mercredi 16 Janvier 2013

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