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Haddad réussit à faire les Assises les plus rapides de l’histoire

L’incompréhension des professionnels du tourisme face à un rendez-vous raté




Haddad réussit à faire les Assises les plus rapides de l’histoire
«C’est un vrai mystère. On ne connaît toujours pas l’ADN de ces 11èmes assises du tourisme ! ». L’exclamation de cet opérateur touristique en dit long sur la manifestation organisée lundi 29 septembre, à Rabat, par le ministère du Tourisme.  En leur 11ème édition, ces assises-éclair ont duré une demi-journée. Un record dans les annales du tourisme. « Après quatre années de silence, la moisson était fort modeste, la dimension l’était tout autant. La  matière ne manquait pas. Ce sont les annonces qui n’étaient pas au rendez-vous », commente Jalil Benabbes-Taarji. Pour  l’ancien président de la Fédération nationale du tourisme, ces assises ont posé beaucoup de questions, souvent de bonnes questions. Mais, dit-il, il y a eu très peu de réponses. « Les assises sont généralement une occasion de faire des annonces, des ébauches de pistes», fait valoir notre interlocuteur.
24 heures après la tenue de ces assises, la frustration est palpable chez les professionnels du secteur. « Il y a ce sentiment que certes on a dit toute la vérité mais pas toute la vérité », soupire cet investisseur. Il pointe un doigt accusateur sur ces statistiques incomplètes qui ont le mérite d’être régulières mais qui cachent l’essentiel. Car, soutient cet opérateur touristique établi à Marrakech, si les arrivées et les nuitées augmentent, il n’en est pas de même pour les recettes qui, elles, affichent des baisses inquiétantes. 
De nombreux opérateurs qui ont participé à cet événement n’en reviennent toujours pas. Il n’y a pas eu le moindre bilan de la Vision 2010. Comment dès lors, s’interrogent-ils, peut-on se projeter dans l’avenir et mettre en œuvre la Vision 2020 ? Les interrogations fusent sur le mode de l’incompréhension. « Les 11èmes assises du tourisme ont eu également cette étrange particularité en se tenant sans qu’on ne prononce une seule fois agence de développement du tourisme ou encore haute autorité du tourisme. Ce qui est grave sachant que ce sont là deux outils importants pour le développement du tourisme et de l’offre touristique », s’indigne ce professionnel du tourisme.
Lahcen Haddad a fait le choix d’organiser des assises du tourisme sans fanfare.  Résultat, le ministre haraki du Tourisme a organisé des assises minimalistes.  On ne lui en demandait pas tant. « Il aura désormais à son actif les assises les plus courtes de l’histoire », ironise ce journaliste spécialisé dans le tourisme.
Pour cette grand-messe du tourisme, deux panels dédiés au financement et à la gouvernance ont été organisés pour faire le tour de la question.  « Ce sont deux thématiques essentielles mais sans plus. C’est de l’offre touristique que nous aurions dû débattre. Rien ou presque n’a été dit à ce sujet », regrette Jalil Benabbes Taarji. 
L’incompréhension a fini par gagner de plus en plus d’opérateurs. Les assises du tourisme qui sont en principe un exercice auquel tout le monde doit s’astreindre, ont donné lieu à des résultats extrêmement modestes. « J’avais même le sentiment que les représentants de ministères comme l’Intérieur, le Transport et le Tourisme dialoguaient pour la première fois. Quatre ans après la signature de l’accord-cadre avec l’Intérieur, on en est toujours à débattre de territoires sachant que le tourisme en retient 8 et l’Intérieur 12. Tout cela n’est pas très sérieux », fustige ce professionnel de l’animation touristique.
Des assises qui n’ont pas évoqué l’essentiel, regrettent les professionnels du secteur. Autrement dit, le produit et l’offre touristique qui ne se résument pas aux déclarations du chef du gouvernement. Sur la scène du Théâtre Mohammed V, le chef du gouvernement a fait son show.  Dans son discours prononcé à l’ouverture des 11èmes assises du tourisme, Abdelilah Benkirane a présenté le méchoui, la pastilla et la harira comme le potentiel fort d’un Maroc à la conquête de nouveaux marchés touristiques. La salle a ri… jaune. Quand le folklore se mêle à l’absence de vision stratégique, les millions d’hommes et de femmes qui vivent du tourisme tremblent pour leur avenir… 

Narjis Rerhaye
Mercredi 1 Octobre 2014

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