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Habib El Malki : Le recours à l’endettement est une solution de facilité qui représente un handicap pour l’avenir




Habib El Malki : Le recours à l’endettement est une solution de facilité qui représente un handicap pour l’avenir
Comme à son habitude, Habib El Malki en économiste émérite et en dirigeant politique chevronné, a marqué jeudi dernier «Le Grand Oral», émission phare de «Luxe Radio».
De nombreux thèmes y ont été débattus, tels l’endettement du Maroc, la Caisse de compensation, le projet de loi de Finances 2014, la Koutla et le projet de loi criminalisant tout dialogue avec les Israéliens. Au tout début de l’émission, Habib El Malki s’est exprimé sur la disparition de Nelson Mandela, considérant «que le défunt était un démocrate avant tout, un grand humaniste et un pacifiste». Il a également affirmé que «Nelson Mandela était un homme de partage, qui avait  sa propre manière de vivre la politique en revendiquant le dialogue et l’ouverture». L’invité a également souligné l’importance que revêt la présence officielle du Maroc, en la personne de SAR le Prince Moulay Rachid, aux obsèques du grand homme.
Evoquant ensuite la question de l’endettement et du prêt de 4 milliards de dollars, que la Banque mondiale s’apprête à accorder au Royaume, Habib El Malki a noté que «cela est symptomatique de la crise de financement que le Maroc vit ces dernières années, en dépit de certains optimistes qui diront que le Maroc reste toujours bien noté et que les institutions internationales de financement continuent d’être indulgentes et même généreuses à son égard, en lui accordant un prêt de 4 milliards de dollars, destiné à financer des projets liés aux infrastructures et à l’énergie». A ce propos, El Malki n’a pas manqué de pointer du doigt la responsabilité du gouvernement, considérant qu’il s’agit là d’une solution de facilité et que le Maroc sera contraint de payer, dans les années à venir, une facture très lourde, ce qui représente un handicap pour l’avenir.  « Il y a, comme l’affirme l’invité de l’émission, une forte contradiction dans la démarche du gouvernement. On recourt au financement externe et en même temps on réduit les investissements publics destinés au financement des infrastructures».  Rien d’étonnant, à vrai dire, de la part de ce gouvernement qui refuse le dialogue. «Comment peut-on penser, s’est demandé le dirigeant socialiste, que ce gouvernement qui est en exercice depuis deux ans n’a pas organisé ne serait-ce qu’une seule séance de travail avec l’opposition? Même du temps des gouvernements des technocrates, il y avait un dialogue continu sur des sujets d’intérêt national. Et voilà un gouvernement qui se présente comme un gouvernement politique et qui n’a aucune relation avec les différentes composantes de l’opposition. Cela signifie que la culture du parti  qui gère les affaires est une culture marquée par l’autoritarisme».
El Malki a saisi cette occasion pour appeler à une nouvelle culture politique, qui tienne un langage de vérité. Tout en soulignant que «c’est le Roi qui tient le langage de la vérité, à travers ses derniers discours portant sur des dossiers d’une extrême sensibilité». Et de constater que «le discours Royal est un discours de vérité qui permet d’éveiller l’ensemble des acteurs, chacun dans son domaine particulier».   
Abordant ensuite le sujet de la Caisse de compensation, l’invité du Grand Oral a considéré «qu’on a procédé de manière tout à fait démesurée à une sorte de diabolisation de cette Caisse de compensation. Comme si elle était à elle seule la cause de tous les maux. Parce que certains ont une vision très simpliste  à ce propos. Ils sont persuadés qu’il suffit de supprimer les subventions accordées à cette Caisse, qui représentent 6 à 7% du PIB, pour que le Maroc  retrouve un équilibre financier, sachant que le déficit budgétaire est également de 6 à 7%».
A propos de la loi de Finances pour l’exercice 2014, le membre du Bureau politique de l’USFP a considéré «qu’il est très difficile de voter pour un projet de loi de Finances qui est incolore et inodore. Il est donc normal que l’USFP vote, par conviction, contre cette loi, contre son contenu, ses objectifs et contre les moyens qu’elle compte mettre en œuvre, aussi bien au niveau global qu’au niveau sectoriel ».
Questionné sur le projet de loi criminalisant tout dialogue avec les Israéliens, l’invité de l’émission a tenu à préciser que «certaines formations politiques, et non l’USFP, ont une position rigide qui est totalement déconnectée des réalités. Il faut s’inspirer de ce que font les Palestiniens pour mieux agir en faveur de la cause palestinienne. Et on ne peut être que favorable à tout ce qui peut asseoir l’autorité de l’Etat palestinien. Et puis il ne faut pas ignorer la réalité de la société israélienne. Il y a des extrémistes et il y a aussi une tendance très courageuse qui est pro-palestinienne, il faut aller dans le sens de cette tendance».
Quant au sujet abordé vers la fin de l’émission, à savoir la Koutla, le dirigeant socialiste a affirmé que la Koutla ne fonctionne plus. «Nous sommes actuellement un binôme, a-t-il affirmé, formé par l’USFP et le Parti de l’Istiqlal. Quant aux autres composantes, elles ont pris des trajectoires et des chemins différents».

Mehdi Ouassat
Samedi 14 Décembre 2013

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