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Habib El Malki : Le gouvernement actuel n’est toujours pas parvenu à se départir de l’esprit des anciennes Constitutions




Habib El Malki, président de la Commission administrative de l’USFP et parlementaire ittihadi de la circonscription de Khouribga à la Chambre des représentants, a présidé vendredi dernier la 5ème rencontre avec les habitants pour leur présenter le bilan du parti.
D’entrée de jeu, il a entamé son intervention en commentant le séisme qui a secoué l’Union européenne après la sortie de la Grande-Bretagne. Pour lui, cet événement majeur atteste de la percée du populisme en Europe. Lequel populisme trouve sa racine dans la pensée conservatrice rétrograde marquée par l’intolérance, le repli sur soi-même et le refus de l’Autre. L’une des caractéristiques du populisme tient, selon El Malki, au fait qu’il exploite les peuples et les manipule en vue de réaliser des intérêts qui sont contraires à ceux de ces mêmes peuples. Aussi, a-t-il précisé, ce populisme met en danger l’avenir des peuples des deux rives de la Méditerranée.  
Le président de la Commission administrative a, par ailleurs, critiqué ce qu’il a qualifié d’absurdité politique du gouvernement Benkirane. Lequel n’a pas assumé ses responsabilités en tant que chef du gouvernement et a renoncé aux prérogatives que lui a accordées la Constitution de 2011. En d’autres termes, le chef du gouvernement exerce ses fonctions non pas en conformité avec l’esprit de la Constitution de 2011, mais en fonction la logique de celles qui l’ont précédée.
Pour El Malki, ce renoncement n’a qu’un sens, c’est que le chef du gouvernement aspire coûte que coûte à rester au pouvoir.
Il a également critiqué la duplicité du chef du gouvernement qui au lieu d’affronter les problèmes et les dossiers chauds du pays et prendre les décisions nécessaires ou d’ouvrir des dialogues avec les autres acteurs politiques, sociaux et économiques, crée, avec l’appui de ses adeptes sur les réseaux sociaux, des faux problèmes. A titre d’exemple, le mémorandum adressé par Bank Al-Maghrib, la CGEM et le GPBM à Benkirane et dans lequel ces organismes le mettent en garde contre la gravité de la situation économique au Maroc. Et au lieu d’ouvrir le dialogue avec ces trois institutions, le chef du gouvernement et son parti politique ont considéré que ce mémorandum est dirigé contre lui et sa politique. Le parti du chef du gouvernement avait accusé le gouverneur de Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri, d'utiliser la Banque centrale à des « fins politiques ».
Concernant les prochaines échéances électorales, Habib El Malki a tiré la sonnette d’alarme. Jusqu’à maintenant les lois électorales n’ont pas été adoptées, les listes électorales n’ont pas été assainies  et le ministre de l’Intérieur a reconnu que l’inscription électronique de près de 500.000 personnes sur les listes électorales était entachée d’irrégularités. « Comment peut-on organiser des élections le 7 octobre prochain dans le cadre de ce climat ? », s’est-il interrogé.
Par ailleurs, Habib El Malki a affirmé que le gouvernement se mure dans l’isolement, étant donné qu’il estime que seul le gouvernement détient la vérité absolue et n’accepte ni critique ni points divergents émanant des autres partenaires sociaux, politiques ou économiques. Cette attitude contredit, selon lui, la culture politique démocratique qui suppose l’ouverture sur l’Autre, l’écoute et le dialogue.
Dans ce sens, le président de la Commission administrative de l’USFP a affirmé que depuis l’investiture du gouvernement en 2012, celui-ci n’a pas daigné se réunir avec les partis de l’opposition pour débattre des questions se rapportant aux intérêts supérieurs du pays, tout en sachant que les anciens Premiers ministres avaient l’habitude de s’ouvrir sur eux.
Habib El Malki a, dans ce sens, rappelé que le chef du gouvernement actuel boycotte de manière systématique non seulement l’opposition mais aussi les centrales syndicales.
Par ailleurs, Habib El Malki n’a pas  manqué de soulever la question du dialogue qui est en panne actuellement avec les acteurs économiques, particulièrement avec le secteur des banques, et ce en raison de la culture politique  non démocratique du chef du gouvernement.
Dans le même cadre, il a tenu à souligner que le gouvernement actuel n’a pas réussi à établir une stratégie claire  concernant  les domaines économique et social eu égard à l’instabilité  du taux de croissance qui a eu des effets négatifs aux niveaux économique  et social.
Entre autres échecs enregistrés par le gouvernement Benkirane, Habib El Malki a saisi cette occasion pour rappeler le niveau de l’endettement intérieur et extérieur du Maroc qui s’alourdit d’année en année et devient de plus en plus inquiétant.
Sur un autre registre, tout en appelant la population  de la province à se mobiliser davantage pour accélérer le rythme de la transition démocratique du pays, le président de la Commission administrative a affirmé que l’USFP aspire à l’issue des résultats des élections législatives du 7 octobre de voir émerger une nouvelle carte politique pour ne plus revivre l’expérience de 2011.   
D’un autre côté, Habib El Malki a souligné que cette province, malgré les efforts consentis par les élus ittihadis dans tous les domaines, demeure marginalisée et connaît une situation sociale des plus fragiles et précaires.
Et de poursuivre en soulignant que cette province de 500.000 habitants et dont la richesse  économique (phosphates)  qui produit 60% du produit national brut pouvait servir d’exemple pour trouver des solutions à tous ses problèmes notamment des jeunes.
Les villes minières ne peuvent assurer leur avenir  qu’à travers la diversification de leurs activités et Khouribga et sa région ne doivent pas compter uniquement sur les phosphates, mais penser  également à diversifier le tissu économique de la province. Dans ce cadre, Habib El Malki a proposé aux responsables de la Région Béni Mellal- Khenifra d’établir un  plan de développement propre à la Région, en accordant plus d’intérêt à Khouribga particulièrement en raison de ses spécificités.
Dans ce sens, il a annoncé que l’USFP envisage de faire des propositions concrètes notamment  en déclarant Khouribga zone franche en vue de créer la richesse dans divers domaines, des postes d’emploi, entre autres.
A la fin de son intervention, Habib El Malki a rappelé  la proposition de l’USFP qui consiste à scinder la Faculté pluridisciplinaire de Khouribga en trois Facultés dédiées respectivement aux études économiques et de gestion, aux sciences et aux études littéraires.

H.T
Mardi 28 Juin 2016

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