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Guerre ouverte entre Samira Sitaïl et Abdelilah Benkirane

«A travers moi, le SG du PJD s’attaque à des citadelles qui lui sont inaccessibles»




Guerre ouverte entre Samira Sitaïl et Abdelilah Benkirane
«Abdelilah Benkirane doit savoir qu'il ne m'impressionne pas, malgré le harcèlement psychologique dont je fais l'objet, sans discontinuer, depuis 10 ans. Harcèlement qui s'apparente à une véritable campagne d'intimidation, bien éloignée des principes démocratiques qu'il prétend défendre”. Samira Sitail ne décolère pas. La directrice générale adjointe de 2M a choisi de ne plus se taire et de répliquer aux attaques  incessantes du chef du gouvernement dont elle fait l’objet. Dimanche, à Rabat, le discours de Benkirane devant les médecins du PJD réunis en congrès a été la goutte qui a fait déborder le vase. Dans le désordre et pêle-mêle, le leader islamiste s’en est pris au PAM, «un parti qu’il faut dissoudre», à Hamid Chabat accusé, lui, de «fassad» et à 2M et  Samira Sitaïl qui «sabotent l’expérience».  Devant les blouses blanches de son parti, le leader islamiste ira encore plus loin en affirmant avoir reçu en 2011  un coup de fil de la directrice générale adjointe de la télévision casablancaise pour «le prier et lui demander des faveurs». Faux et archi-faux, rétorque Mme Sitaïl: "Je ne m'abaisserai pas à répondre à la manipulation évidente et au mensonge manifeste contenus dans cette nouvelle attaque délirante. Mais c'est un dérapage qui en dit long sur la perversité mais également les faiblesses d'un certain discours politique qui nous tire chaque jour un peu plus vers le bas. La seule chose que je dirai des propos tenus par cette personne dimanche matin, c'est qu'il parle d'un appel téléphonique bien avant les élections, et ce suite à une précédente attaque, aussi populiste qu'haineuse comme il en a fait malheureusement sa spécialité".
La journaliste brise le silence et sort d’une réserve qu’elle s’était imposée depuis l’installation du gouvernement conduit par Abdelilah Benkirane. Aujourd’hui encore, et en sortant du bois, elle tient à préciser que sa réaction «concerne des propos tenus par le SG d'un parti politique et non pas le chef du gouvernement».  Samira Sitaïl revient dans le menu détail sur le fameux coup de fil dont se gargarise  Abdelilah Benkirane. «Je l'ai appelé en effet, et c'est bien la seule fois, pour le mettre en garde contre la dangerosité de ses agressions qui s'apparentent à de véritables incitations à la haine. Qu'il ose ajouter, sans aucune honte,"katarghab o katleb", c'est qu'il se prend pour ce qu'il n'est pas de toute évidence. La seule puissance que je prie et "tleb", c'est Dieu».
Celle qui est en charge de l’information à 2M déballe tout. L’opinion publique, argue-t-elle, a le droit de savoir.  
 
«La seule puissance que je prie, c’est Dieu»
« Si Abdelilah Benkirane se gargarise d'un coup de fil destiné à attirer son attention sur la portée et les conséquences de ses propos dangereux,  il s'est bien abstenu de parler de ses nombreuses tentatives soit de m'intimider par ministre interposé, soit  de "m'amadouer", soit encore, de me demander, lui et à moi "des choses". 
Qu’ont demandé le chef du gouvernement et le SG du PJD à la directrice générale adjointe de 2M ?  Samira Sitaïl préfère ne pas dévoiler  toutes ses cartes ni tirer toutes ses cartouches. «Je m’en tiendrai là pour le moment...», affirme-t-elle. Samira Sitaïl est la cible régulière de Benkirane. Et cela  fait  des mois que cela dure. Cette femme de médias parle «d’attaques récurrentes, au caractère quasi obsessionnel et aux relents haineux» et s’interdit d’être dupe face à «un écran de fumée qui ne doit pas détourner de l’essentiel». «Est ce véritablement à moi qu'il veut s'en prendre? Que cherche-t-il à faire passer comme messages? M'instrumentalise-t-il en pensant s'attaquer à des citadelles qui lui sont inaccessibles? Ces questions valent la peine d'être posées au SG du PJD, lequel semble ignorer qu'il existe des voies moins tortueuses pour exprimer le fond de sa pensée aussi inavouable puisse-t-il être».
Le propos est clair et ne souffre la moindre ambiguïté. A défaut de pouvoir attaquer ces citadelles qui lui sont inaccessibles, Abdelillah Benkirane a fait de S. Sitaïl  son punshing   ball. 
Dimanche, Samira Sitail, le PAM et l’Istiqlal étaient en haut de l’affiche haineuse portée par le PJD et son leader. Pas question pour celle qui a présenté «L’homme en question» , une émission de débat qui a fait les beaux jours de 2M, de céder à cette nouvelle forme de terrorisme intellectuel. «Abdelilah Benkirane doit comprendre définitivement que je suis journaliste et que je le resterai.  Il doit aussi comprendre que je fais mon travail et que je défendrai sans faillir et tant que Dieu m'en donnera la santé et l'énergie, le professionnalisme, l'engagement et l'indépendance des équipes de 2M», conclut-elle 

Narjis Rerhaye
Mardi 27 Mai 2014

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