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Guerre 14-18 : La naissance de la superpuissance américaine

La victoire alliée lors de la Première Guerre mondiale était un effort de coalition




Guerre 14-18 : La naissance de la superpuissance américaine
Il y a un siècle, l'entrée des Etats-Unis dans la Première Guerre mondiale, le 6 avril 1917, faisait pencher un conflit indécis vers une victoire alliée. L'Amérique en est sortie comme la nouvelle puissance mondiale dominante.
En déclarant la guerre à l'Allemagne, les Etats-Unis engagent leur puissance industrielle et leur abondante main-d'œuvre au service des armées alliées, embourbées dans une éreintante guerre de tranchées.
"La Première Guerre mondiale a marqué le tournant d'un nouveau rôle mondial pour les Etats-Unis, inaugurant un siècle d'engagement international", explique Jennifer Keene, professeur d'histoire à l'université Chapman (Californie, ouest des Etats-Unis).
Depuis le début du conflit en août 1914, les Américains avaient opté pour la neutralité. Mais l'opinion publique change avec le naufrage en mai 1915 du Lusitania, un paquebot torpillé par un sous-marin allemand au large des côtes irlandaises. Plus de 1.200 passagers perdent la vie, dont 128 Américains.
"Il semble inconcevable que nous nous abstenions d'agir, car nous le devons non seulement à l'humanité, mais à notre propre estime de nous-même", déclare à l'époque l'ancien président Teddy Roosevelt (1901-1909).
Malgré un sentiment pro-allié, la majorité des Américains insistent sur la neutralité des Etats-Unis. Le secrétaire d'Etat Williams Jennings Bryan démissionne en juin 1915, devant ce qu'il juge un ton excessivement belliqueux du président Woodrow Wilson (1913-1921) à l'égard de l'Empire allemand.
Des milliers d'Américains se portent pourtant volontaires pour rejoindre les forces alliées. Plusieurs aviateurs rejoignent les forces aériennes françaises au sein de l'escadrille La Fayette.
Parallèlement, l'ex-président Teddy Roosevelt séduit une frange de la population qui craint qu'une défaite alliée n'entraîne l'occupation de certaines régions du Canada et des Antilles françaises par les troupes allemandes.
Dans les premiers mois de 1917, trois événements vont bouleverser l'équilibre en place.
D'abord, en janvier, les services de renseignement britanniques interceptent et transmettent à Washington un télégramme du secrétaire aux Affaires étrangères allemand. Arthur Zimmermann demande à son ambassadeur au Mexique de proposer à Mexico une alliance militaire par laquelle le Mexique récupérerait les terres perdues au profit des Etats-Unis dans la guerre de 1846-1848.
Ensuite, en février, l'Allemagne reprend une guerre sous-marine à outrance, torpillant sans avertissement les navires marchands. Berlin estime qu'en coulant suffisamment de navires, la Grande-Bretagne sera privée de provisions. Trois navires américains sont coulés dans les premiers jours de cette campagne, amplifiant le sentiment anti-allemand aux Etats-Unis.
Les Américains "ne viendront même pas (...) parce que nos sous-marins les couleront (...) L'Amérique du point de vue militaire ne signifie rien", estime ainsi à tort, le 31 janvier, l'amiral allemand Eduard von Capelle, ministre de la Marine.
Enfin, le 15 mars, alors que l'Empire russe des Romanov implose dans le chaos révolutionnaire, le tsar Nicolas II abdique, "une figure que presque tous les Américains détestaient", selon Michael Neiberg, professeur d'histoire au U.S. Army War College de Carlisle (Pennsylvanie, est des Etats-Unis).
Lorsque les Etats-Unis entrent en guerre, l'armée américaine est sous-équipée, mal préparée et n'a participé à aucun combat majeur depuis des décennies. Des formateurs alliés sont envoyés en urgence pour encadrer une force qui va grandir à un rythme effréné. Au moment de l'armistice en novembre 1918, plus de quatre millions d'Américains ont été mobilisés.
Le général John Pershing, commandant du corps expéditionnaire américain (American Expeditionary Force), débarque en France en juin 1917 avec 14.000 soldats. Les mois suivants voient l'arrivée d'un flux régulier de soldats américains inexpérimentés mais enthousiastes.
La campagne sous-marine allemande échoue, les alliés regroupant leurs navires dans des convois protégés par leur marine de guerre.
"Il n'y a aucun doute que les Etats-Unis ont contribué à la victoire", analyse Jennifer Keene, qui estime néanmoins que "la victoire alliée lors de la Première Guerre mondiale était un effort de coalition".
A la fin du conflit, l'économie américaine est beaucoup plus forte que celle des puissances d'avant-guerre, ravagées par les combats.
La fin de la Grande Guerre suscite un nouveau débat: l'Amérique est-elle mieux servie en travaillant par l'intermédiaire d'organisations internationales ou en étant seule?
Au moment où la nouvelle administration du président Donald Trump montre des tendances isolationnistes, "c'est un débat que nous avons encore", dit Michael Neiberg.

Mardi 4 Avril 2017

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