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Groupe C : Espagne et Italie favorites, mais gare aux surprises




Groupe C : Espagne et Italie favorites, mais gare aux surprises
L'Espagne, tenante du titre et championne du monde, est la favorite du groupe C de l'Euro-2012 devant l'Italie en reconstruction, mais la Croatie et l'Eire sont habituées à jouer les trouble-fêtes.
Les fortes personnalités seront sur le banc. Le vieux roublard Giovanni Trapattoni pourrait bien jouer un tour à "son" Italie avec l'Eire et le jeune roublard Slaven Bilic sait que la Croatie n'a jamais perdu contre la "Nazionale".
Côté favoris, le sage Vicente Del Bosque tentera de renouveler l'appétit de la "Roja" pour l'exploit unique de gagner trois grands tournois d'affilée et le très classe Cesare Prandelli a déjà rendu sa dignité à l'Italie, où son "code éthique" surveille les exagérations de ses stars turbulentes, Mario Balotelli en tête.
Le groupe C peut-il toutefois échapper à l'Espagne et l'Italie? Oui, car les deux grands se rencontrent dès le premier match et un éventuel vaincu pourrait donner faim au vainqueur d'Eire-Croatie, s'il y en a un.

L'Armada toujours invincible?

"L'Invincible Armada" espagnole vise la passe de trois, qu'aucun pays n'a jamais réussie. Mais elle est affaiblie par l'absence de Carles Puyol en défense centrale et de David Villa, meilleur buteur de l'Euro-2008 (4 buts). En outre, l'attaquant Fernando Torres sort de deux saisons ternes à Chelsea.
Mais l'incroyable réservoir espagnol, surtout en attaque, relativise ces menus problèmes. Del Bosque a encore le choix entre Roberto Soldado (Valence), David Silva (Manchester City/ENG) ou Juan Mata (Chelsea/ENG), qui sortent d'une excellente saison.
L'Italie est en reconstruction depuis son Mondial raté, et reste fragile en attaque, dépendant d'Antonio Cassano, absent des terrains six mois à cause d'un malaise cardiaque, et de l'imprévisible Mario Balotelli. Mais son sens tactique et son habitude des grands rendez-vous en font un client sérieux. La Croatie a déjà atteint deux fois les quarts de finale de l'Euro, en 1996 et en 2008, mais son effectif souffre de la comparaison avec ceux de l'Espagne et de l'Italie. Ses deux meilleurs éléments évoluent en Angleterre, le meneur de Tottenham Luka Modric et le buteur d'Everton Nikica Jelavic.

L'Eire comme le Danemark et la Grèce

Mais Bilic, qui rejoindra après l'Euro le Lokomotiv Moscou, est un motivateur hors-pair et rêve de revanche après avoir manqué les demi-finales dans une fin de match à couper le souffle il y a quatre ans contre la Turquie (1-1, 3-1 aux t.a.b.), avec les deux buts marqués dans les ultimes secondes de la prolongation!
Prandelli redoute l'équipe au damier rouge et blanc. "Je connais Bilic, son travail et son équipe, explique-t-il. Elle pratique un jeu technique et a beaucoup d'orgueil, je crains la Croatie. Elle fera souffrir tout le monde, nous compris".
Reste l'Eire de Trapattoni. "Je connais ses pièges", prévient Prandelli, qui a été joueur du "Trap" à la Juve.
Le vieux sorcier italo-irlandais joue du statut de quatrième force du groupe de son équipe. "C'est ce que dit le classement Fifa, pour nous ce n'est pas un problème. Mais moi je pense toujours à la Grèce et au Danemark, champions surprises en 2004 et 1992", glisse le "Trap". Son équipe est "un mélange d'orgueil, de conviction et de technique standard, mais homogène". Faute de Xavi, Balotelli ni Modric, il compte sur Robbie Keane. "C'est notre (Francesco) Totti, on ne peut pas se passer de lui", dit-il.


La Squadra : la Renaissance en Europe
Le sélectionneur Cesare Prandelli a bien amorcé la Renaissance de l'Italie, aisément qualifiée après un Mondial-2010 désastreux, mais son équipe encore en construction se présente à l'Euro-2012 diminuée en attaque.
Les superstitieux se disent qu'elle pourrait gagner "grâce" à l'affaire des matches arrangés du "Calcioscommesse", comme en 1982 et en 2006, quand elle avait été championne du monde après les scandales du "Totonero" et du "Calciopoli".
Mais si son palmarès, fort de quatre Coupes du monde (1934, 1938, 1982, 2006) et d'un Euro (1968), en fait au moins un outsider, et si Prandelli va à l'Euro "pour gagner", l'Italie manque encore un peu de talent pour figurer parmi les favoris.
Ses deux meilleurs joueurs offensifs sont tous deux convalescents à leur manière.
Antonio Cassano (AC Milan), le pilier du projet de jeu de Prandelli, a repris la compétition le 7 avril, six mois après un malaise cardiaque. "Fantantonio a montré son amour pour le maillot de l'Italie. Il s'entraîne bien et les tests (médicaux) sont bons", rassure Prandelli.
Balotelli ne joue plus à City
Mario Balotelli, l'autre star de l'attaque, a trop de problèmes de discipline sur les terrains et en dehors, et il n'a joué que quelques minutes en championnat d'Angleterre avec Manchester City depuis le 8 avril, entre suspension et sanction de son entraîneur, Roberto Mancini.
Derrière eux, le réservoir d'attaquants pose problème. Giuseppe Rossi (Villarreal), titulaire avec Cassano en fin de qualifications, a déclaré forfait (genou).
Alessandro Matri (Juventus Turin) et Giampaolo Pazzini (Inter Milan) ont perdu leur place en club et ne sont pas du voyage. Prandelli devrait emmener l'ancien Antonio Di Natale (34 ans), qui n'a plus porté le maillot national depuis l'Euro précédent, et le petit Sebastian Giovinco, auteur d'une bonne saison avec Parme (15 buts) mais parfois décevant en "Nazionale".
Le point fort reste le milieu, avec Andrea Pirlo, pilier du titre de la Juve, Daniele De Rossi (AS Rome), la révélation de la saison Claudio Marchisio (Juventus), et Riccardo Montolivo (Fiorentina, passé à l'AC Milan).
"Notre marque, c'est le milieu de terrain, qui construit et donne de la qualité au jeu, et cherche à jouer un football offensif", explique Prandelli.
Buffon, Pirlo, les références
Pirlo est le patron du groupe, avec le gardien Gianluigi Buffon, qui sort lui aussi d'une grande saison avec la Juve.
"Les références sont ceux qui ont déjà l'expérience internationale, Buffon Pirlo, etc... Ils doivent nous transmettre leur confiance", souligne le sélectionneur.
Devant Buffon, la défense est solide, mais sans génie. Elle a bien tenu dans un groupe facile (Estonie, Irlande du Nord, Slovénie, Iles Féroé) où la Serbie s'est sabordée, mais a peiné en amicaux contre l'Eire (revers 2-0), l'Uruguay ou les Etats-Unis (défaites 1-0).
Basée sur le "bloc-Juve" Giorgio Chiellini, Andrea Barzagli et Leonardo Bonucci, elle peut aligner des latéraux doués en contre-attaque comme Christian Maggio (Naples) ou Federico Balzaretti (Palerme).
L'Italie compte aussi sur son atout maître, la "tattica", grâce à laquelle elle s'est couverte de gloire. "Le foot italien présente une diversité tactique extraordinaire", ajoute Prandelli.
Il reste optimiste malgré le tirage, qui lui a offert l'épouvantail espagnol, l'Eire de Giuseppe Trapattoni, dont il fut le joueur ("Je voulais l'éviter à tout prix", dit-il), et la Croatie, que l'Italie n'a jamais battue (trois défaites et deux nuls).
"Mes sensations sont toutes positives", conclut-il. La Renaissance promet.
AFP
L'Eire a oublié Henry et veut faire mentir les pronostics
L'Eire veut faire mentir les bookmakers qui en font le deuxième plus gros outsider de l'Euro, après le Danemark, pour sa première participation à une grande compétition depuis dix ans, alors que la main de Thierry Henry, oubliée, lui avait coupé la route du Mondial-2010.
Les Irlandais sont cotés à 80 contre 1 pour la victoire finale, mais ils pourront déjà considérer avoir réussi un exploit en s'extirpant d'un terrible groupe C où ils affronteront l'Espagne, l'Italie et la Croatie, leur premier adversaire le 10 juin à Poznan.
Le sélectionneur italien Giovanni Trapattoni ne dispose pas de l'équivalent des Iniesta, Pirlo ou Modric au sein d'un groupe composé dans sa grande majorité d'honnêtes joueurs de Premier League anglaise. Ils évoluent pour la plupart dans des clubs de milieu ou de bas de tableau, Stoke, Wolverhampton ou Aston Villa.
Les rares noms connus sont ceux de l'attaquant Robbie Keane, parti au LA Galaxy après avoir longtemps porté le maillot de Tottenham, du gardien Shay Given, du milieu de terrain Damien Duff et du défenseur Richard Dunne, tous vétérans de la Coupe du monde 2002.
"Nous n'avons personne d'aussi créatif que Messi ou Ronaldo, mais nous avons une forte équipe, bien organisée et bien équilibrée", a déclaré Trapattoni.
Chaud au cœur en temps de crise
Dès sa prise de fonction en 2008, le vétéran italien, 73 ans, a importé la conception du jeu rigoureuse, et très défensive, qui lui avait si bien réussi avec la Juventus, l'Inter Milan ou le Bayern Munich, sans craindre d'ennuyer.
C'est peut-être pourquoi, même si les Irlandais lui sont reconnaissants d'avoir ramené l'équipe sur le devant de la scène, il est encore loin d'avoir rejoint en popularité l'Anglais Jack Charlton, qui tenait les rênes en 1990 lorsque les Verts avaient atteint les quarts de finale de la Coupe du monde.
"Trap" est surtout parvenu à remobiliser ses joueurs après le douloureux épisode de la main de Henry, qui les avait privés du Mondial-2010 en Afrique du Sud en barrage face à la France.
Sur leur chemin de leur premier Euro depuis 24 ans, les Irlandais n'ont pas pu eu cette fois à se plaindre du mauvais sort. Dans un groupe facile, ils ont terminé deuxièmes derrière la Russie et ont décroché leur billet en barrages contre la faible équipe d'Estonie.
Le public irlandais, dont une partie, découragée par les mauvais résultats, s'était détournée vers le rugby, nettement plus en réussite (Grand Chelem en 2009) et vers les sports gaéliques, n'avait pas boudé son plaisir, surtout dans un contexte de crise économique profonde, où tous les succès font chaud au cœur.

Programme
Programme (source UEFA) de la phase finale du groupe C de l'Euro-2012, qui se tiendra du 8 juin au 1er juillet en Pologne et en Ukraine (en heures GMT):
Premier tour
Dimanche 10 juin
Match N.5: à Gdansk (16h00)
 Espagne - Italie
Match N.6: à Poznan (18h45)
 Eire - Croatie
Jeudi 14 juin
Match N.13: à Poznan (16h00)
 Italie - Croatie
Match N.14: à Gdansk (18h45)
 Espagne - Eire
Lundi 18 juin
Match N.21: à Gdansk (18h45)
 Croatie - Espagne
Match N.22: à Poznan (18h45)
 Italie - Eire

Libé
Jeudi 31 Mai 2012

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