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Graphologie et pédagogie




Graphologie et pédagogie
Les possibilités de détection des difficultés chez  les enfants scolarisés ne sont plus un euphémisme mais bien une réalité à condition de bien les connaître et d’être doté d’un savoir-faire professionnel. L’analyse peut se faire avec plusieurs méthodes à condition d’être conscient des entraves dans l’évolution de l’élève. Bien souvent, les parents consultent un psy sur conseil du médecin ou du directeur de l‘établissement scolaire. Les plus répandus sont les orthophonistes qui sont censés détecter et remédier à ces problèmes. Certes les possibilités existent bien, mais sont-elles judicieusement orientées? L’objectif de rentabilité prime sur celui du résultat! Les causes des difficultés chez les élèves sont nombreuses en dehors du contexte social et familial, comme la mauvaise formation des maîtres (la plus répandue), l’ignorance totale de la psycho des enfants, etc. Leur écriture est un excellent indicateur; elle permet de déceler rapidement les causes des difficultés et leur impact sur la vie mentale de l’enfant, pour qui sait la lire. Cette discipline souvent décriée par certains qui le méconnaissent, exige un diplôme universitaire de psychologie, doublé d’études approfondies des types d’écriture. Pratiquée avec savoir-faire, elle donne des résultats d’analyse très justes. Cette étude qu’est la graphologie, analyse le comportement d’un individu, à travers les caractéristiques de son écriture.
 Chez les enfants scolarisés, de 6 à 12 ans, elle permettra de déceler l’origine des retards, affectifs ou moteurs, telle que l’échelle des Items de Ajuriguerra, décrite dans de son livre «L’écriture des enfants» et encore d’actualité. L’on peut résumer la pédagogie comme la méthode d’enseignement ou de transposition d’un savoir académique en savoir-faire. Un mauvais apprentissage entraîne des difficultés dont certaines peuvent être irrémédiables. Tout comme le langage oral, l’écriture n’est pas innée, et son apprentissage est pénible si celui-ci est mal orienté. Pour cette raison, les enseignants le négligent et le considèrent comme mineur. 
L’enfant qui apprend à lire doit transcrire ce qu’il entend. Pour cela, il doit apprendre à écrire, tenir un crayon, savoir tracer des lettres et distinguer des sons qu’il entend et reproduire les mots qu’il voit, mais ce n’est pas le cas : 50% des élèves font directement des exercices écrits sans savoir lire ni écrire. Alors que se passe-t-il dans la tête de ces enfants? Nous sommes dans le domaine de la psychologie pure. La crainte s’installe, celle de ne pas pouvoir réussir et engendrer des pensées parasites, ce que Didier Anzieu appelle les troubles de la pensée et la peur d’apprendre expliqués par Serge Boimare.
L’enfant ne va pas chercher à comprendre, puisqu’il ne sait pas lire. Il essaie de deviner ou de se souvenir. Il ne peut pas écrire non plus en faisant appel au comportement automatique du scripteur, puisqu’il ne l’a pas appris. Et voilà les futures victimes qui ne peuvent pas réfléchir, nulles en maths et en lecture, leur écriture plutôt difforme reflète exactement le contenu de leurs pensées ; ils ne comprennent rien. Faire des heures supplémentaires, c’est souhaitable, mais avec qui et comment? Voilà ce qui peut être décelé par l’écriture : l’état d’angoisse de ces enfants, les tensions parasites qui entravent leurs pensées et empêchent involontairement leur concentration, ce qui ne leur permet pas de contrôler leur  comportement.
Les apprentissages simultanés et progressifs de deux disciplines deviennent une réalité qui ne devrait pas échapper aux pédagogues. Sachant que le mauvais scripteur est aussi un mauvais lecteur et vice versa, l’élève se trouve alors en situation d’échec, voulue ou involontaire.
Les repères actuels de l’enseignement graphique dans les écoles primaires est contraire au développement mental des enfants ; il constitue un handicap que certains ne peuvent pas surmonter. La pédagogie de l’écriture scolaire est encore archaïque, elle imite la belle écriture des scribes du Moyen-Age, où les gestes graphiques n’étaient pas encore de la communication mais seulement un dessin-message.

Dépistage
 
Il ne faudrait donc pas attendre que l’élève soit en grandes difficultés pour l’orienter vers un dépistage et une rééducation adéquate (lecture et écriture chez les jeunes de 5 à 10 ans),
Une rééducation de script chez un enfant de 5 à 7 ans non atteint de troubles psychiques dure quelques mois seulement et donne de bons résultats.

 
 
 * Pédagogue

Par Pierre Dhaud *
Vendredi 2 Mai 2014

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