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Grandes manœuvres de la majorité

Parlement, compensation et politique-spectacle




Grandes manœuvres de la majorité
A quelques jours de la session de printemps du Parlement, les grandes manœuvres de la majorité ont déjà commencé.  L’affaire de la succession de Karim Ghellab au perchoir est quasiment réglée.  Depuis le désistement de Mostafa Mansouri, le RNI Rachid Talbi Alami est le candidat de la majorité et peut être assuré d’un nombre confortable de voix. Ce qui n’a pas empêché les députés islamistes du parti du chef du gouvernement de réagir à une éventuelle candidature du président sortant de la Chambre des représentants, l’Istiqlalien Karim Ghellab. Une telle candidature semble gêner les ouailles de Benkirane. “Le poste de président de la Chambre des représentants n’est pas neutre. C’est une fonction politique qui revient à la majorité. Politiquement, Ghellab est hors-jeu puisque son parti est dans l’opposition. La majorité a choisi son candidat.  On ne veut pas reconduire l’expérience de la Chambre des conseillers qui a vu l’élection du PAM Biadillah en 2009“, a déclaré le  président du groupe parlementaire du PJD,  Abdallah Bouanou  au site d’information « 360.ma ».
Les islamistes du PJD veulent à l’évidence marquer leur rentrée…en sortant les griffes.  Le groupe parlementaire du parti de la lampe entend que soit présenté en plénière le rapport de la Cour des comptes relatif à la Caisse de compensation. «Autre manœuvre pour faire passer la pilule des augmentations et des effets de la politique d’indexation. Le gouvernement Benkirane est en train de se préparer pour passer à la vitesse supérieure et libéraliser les prix du gasoil et du fuel. Le meilleur moyen de noyer le poisson est de convoquer Driss Jettou, le président de la Cour des comptes, pour qu’il présente son rapport sur la compensation. Cela va occuper les esprits. C’est en tout cas ce qu’espèrent ceux qui sont derrière cette manœuvre », commente ce ténor de l’Union socialiste des forces populaires.  Une coalition gouvernementale résolument à la manœuvre pour faire oublier la crise.  La politique spectacle s’en mêle alors que l’essentiel est ailleurs. Le dernier exemple est signé de Mohamed El Ouafa. Le ministre en charge des Affaires générales et de la Gouvernance n’a rien trouvé de mieux que de rendre public son patrimoine pour répondre aux critiques de l’Istiqlalien Abdallah Bekkali qui fustigeait une gabegie nommée « Programme Massar ». « Comme à son habitude, M. El Ouafa a fait dans la caricature en intégrant dans son communiqué relatif à son patrimoine  le montant de la bourse qu’il percevait à l’époque, c’est-à-dire 200 DH.  
La bonne gouvernance n’a jamais fait bon ménage avec un populisme de mauvais aloi », soupire ce député de l’opposition.
 
Bonne gouvernance 
et populisme ne font 
pas bon ménage
Le dialogue social peut attendre. Entre sorties médiatiques et actions puisées dans la surenchère, le gouvernement Benkirane est bien trop occupé pour ouvrir le dialogue avec les partenaires sociaux. Le PPS, jusque-là bon élève de la coalition, s’en plaint désormais officiellement. Le dernier communiqué du bureau politique du parti que préside Nabil Benabdallah a appelé le gouvernement à « la tenue de toute urgence des rounds du dialogue social avec les organisations syndicales ».  Pour le ministre de l’Emploi, le PPS Abdesslam Seddiki, qui est également en charge du dialogue social,  la situation devient intenable. « Il faut trouver des solutions appropriées pour satisfaire les revendications légitimes de la classe ouvrière et de l’ensemble des travailleurs, tout en tenant compte des contraintes de la conjoncture économique difficile sur les plans national et international. Et cela ne peut se faire que dans le cadre du dialogue social », explique-t-on dans l’entourage de ce responsable gouvernemental.
En attendant, la FDT, la CDT et l’UMT  sont toutes à leur mobilisation pour que la marche du 6 avril soit un succès. Les trois centrales syndicales multiplient les réunions de coordination. Un programme de mobilisation a été établi « pour faire pression sur le gouvernement en vue d’ouvrir un dialogue  sérieux  et non un dialogue pour le dialogue ou « un dialogue de décor  qui a pour seul but de tergiverser pour gagner du temps », a fait valoir  le secrétaire général de l’UMT, Miloudi El Moukharik, au cours d’une conférence de presse donnée la semaine passée à Casablanca.
 
Le PPS 
et le dialogue social
Des partenaires sociaux qui s’inquiètent de la relance économique, laquelle n’en finit pas de se faire attendre. Le RNI balaie d’un revers de la main l’affirmation et parle d’un mauvais procès. Le ministre de l’Industrie, du Commerce, de l'Investissement et de l’Economie numérique qui est l’un des leurs, devait présenter ce mardi 1er avril à Casablanca et sous la présidence effective du Souverain  la stratégie industrielle 2014-2020. Problème, la CGEM a brûlé la politesse à Moulay Hafid Alami en présentant vendredi dernier à la presse sa grande enquête sur la compétitivité des entreprises marocaines. Simple hasard de calendrier ou peau de banane fait à l’ex-patron des patrons devenu ministre?


Narjis Rerhaye
Mardi 1 Avril 2014

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