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Grande soirée au SMAP en présence de 25.000 personnes : L’objectif est-il atteint ?
Dire que les MRE attendent la première occasion pour retrouver leurs racines et tout ce qui leur rappelle leur pays d’origine, est une lapalissade. En France notamment, en raison de la forte présence des Marocains, on raffole de tout ce qui vient du pays, qu’il soit bon ou mauvais. A Paris, plus exactement, on se croirait à Casablanca lorsqu’on fait un tour du côté de Barbès et des autres quartiers à forte présence étrangère. La musique qui fuse des magasins, les mets étalés et les marchandises exposées, nous rappellent l’ancienne médina et le quartier Derb Soltane. On se demande alors si les responsables du SMAP veulent transposer une certaine ambiance ou s’ils adressent leur Salon aux Marocains de France exclusivement.
Cela fait des années que l’on avait attiré l’attention des organisateurs sur l’aspect « souk » de leur manifestation qui commençait à donner du tournis aux autorités de Paris avant même la tenue du SMAP. En effet, l’ambiance les dépassait au point de croire qu’ils sont dans la rive sud de la Méditerranée et non dans l’Hexagone. Aussi, a-t-on bien cerné depuis le début de cette manifestation son objectif réel. Est-elle destinée à encourager l’acquisition par les MRE de logements au Maroc ? S’adresse-t-elle aux touristes ou aux investisseurs potentiels qu’ils soient marocains ou français ? Enfin, quel bilan dresse-t-on des précédentes éditions qui ont eu lieu à Paris et la dernière édition à Marseille ? Certes, tous les ingrédients étaient réunis pour attirer la grande foule surtout au niveau de la soirée artistique qui, comme les années précédentes, n’a presque rien apporté de nouveau. Les mêmes formations, les mêmes chanteurs comme si de l’autre côté de la Méditerranée les choses étaient immuables. Certes, les Nass El Ghiwane, Tagada, Daoudi et Abderrahim Souiri ont leurs fans, mais si l’on considère la réalité des choses et leur évolution, leurs admirateurs deviennent minoritaires face à des générations plutôt branchées sur d’autres styles de musique. Il fallait inviter des groupes de la nouvelle génération, exposer les nouveaux styles de l’artisanat auquel les desingers marocains ont apporté beaucoup de nouveautés, expliquer les avantages bancaires et immobiliers aux jeunes cadres issus de l’immigration et qui peuvent constituer un portefeuille à part. Mais telles que les choses continuent à être organisées et présentées, on croirait que les responsables du SMAP s’adressent à la génération des années 60 et non aux nouvelles. Pourtant, le ministère du Tourisme, celui de l’Habitat en plus de l’ONMT savent parfaitement à quel point le comportement des nouvelles générations issues de l’immigration a changé. On ne vient plus passer les vacances chez la famille, on préfère l’hôtel ou un autre type de résidence, on n’achète plus de maison pour y passer la fin de ses jours une fois à la retraite et on n’écoute plus la même musique que les parents, voire grands-parents. Quant au succès supposé, il suffit de faire le plein pour penser ou faire croire qu’on a réussi. Nous sommes en 2010, il faut s’en rendre compte et ceux qui investissent les allées du Salon et l’enceinte de l’endroit où la soirée est organisée ne constituent pas forcément la cible des hôteliers, des promoteurs immobiliers et des artisans. Que reste-t-il alors ? Que du brouhaha ! Samedi 20 Mars 2010
L B
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