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Ghany expose à la Galerie Bab Rouah : L’intime dans l’infini




Ghany expose à la Galerie Bab Rouah : L’intime dans l’infini
Les cimaises de la Galerie Bab Rouah à Rabat abritent les  œuvres connotatives de l’artiste peintre Ghany Belmaâchi du 23 juin courant au 18 juillet 2009. Il s’agit d’un langage pictural néo-figuratif  voire une approche purement subjective  qui repose sur la sensibilité de la perception visuelle et qui fait appel à la mémoire tatouée et à l’imaginaire collectif.
Artiste aux convictions solides, Ghany (né à Marrakech en 1949) est  toujours animé de cet esprit de recherche et de ce besoin de communier avec la nature et l’esprit des choses. Il se retrouve et se ressource dans la nature pour nous livrer une œuvre chargée de vibrations et d’émotions transcendant le temps et l’espace, une œuvre qui traite de l’intime dans l’infini. Aujourd’hui, Ghany partage sa vie entre le Maroc, la France et les Etats-Unis. Quarante années d’activités passionnées, font de Ghany un personnage hors-série de la scène artistique, connu un peu partout dans le monde, grâce à de nombreuses expositions et conférences. Il est le type même de l’artiste engagé, adoptant un point de vue éthique avant toute approche esthétique, il ne cesse d’interroger la nature et le sens de l’art dans la société post-industrielle.
 Par rapport au parcours passionnant de  cet artiste chercheur qui conçoit la peinture comme un espace de réception ouvert  dont les couleurs invitent au dialogue et impliquent le spectateur de manière suggestive, Abderrahman Benhamza, poète et critique d’art, a écrit : « Installé depuis plus de vingt ans aux Etats-Unis sur la côte Pacifique, après un long séjour en France où il avait intégré plusieurs ateliers permanents attribués soit par le ministère français de la Culture, soit par la ville de Paris, et préparé un doctorat en art (Esthétique, sciences et technologies des arts - théorie et pratique des arts-Université de Paris VIII, 1992), Ghany a toujours eu le sens de la recherche chevillé à l’âme. Ce compagnon des premières heures de l’art plastique marocain est l’une des rares figures à être restée accrochée au credo de la création évolutive comme un moine à son rosaire. Dans la France de la fin des années 70, l’abstraction d’obédience expressionniste tenait encore le devant de la scène et les derniers grands «ismes» artistiques s’essoufflaient. En matière de vedettariat, déjà Paris cédait lentement la place à un New York acquis au Pop art. La dislocation du groupe des Nouveaux réalistes sonnait en quelque sorte le glas du primat plastique tant parisien qu’européen. Entre-temps Ghany, qui n’ignorait rien, ne serait-ce qu’à titre factuel, de ces changements, ni de la naissance et de la mort dans l’intervalle de nouvelles voix groupées puis vite dispersées (Nouvelle figuration, figuration narrative, néo-expressionnisme, etc.) a élu domicile en Amérique pour longtemps. Il y enseignera, donnera des conférences, organisera des expositions individuelles et collectives d’Orlando à Boston, adhérera à des associations d’artistes… Il n’aura de cesse de s’imprégner, intellectuellement et moralement, des nouvelles valeurs d’un environnement à découvrir sans arrêt. Il voyagera, visitera des musées, créera des œuvres peintes, sculptées, sur vidéo, des installations, se lançant dans une activité polyvalente : autant d’escales réflexives, de projets et d’essais mêlés ; autant d’avancées substantielles sur les sentiers de la création (pour reprendre un cliché)».
 Sur les tableaux qui font l’objet de l’exposition  de Ghany à Bab Rouah  qui est présentée sous le signe «Ombres et  mouvements», Abderrahman Benhamza ajoute : «Ils ne manqueront pas de renseigner sur un artiste marocain resté marqué par le feu prométhéen au-delà comme en deçà des frontières.
Les quelques oeuvres que nous ayons pu voir de lui attestent dès l’abord d’un travail méticuleux.
Convaincu que la représentation est porteuse de nouvelles valeurs et est pour ainsi dire dans l’air du temps, que l’abstraction tant ressassée n’est plus qu’un jeu cérébral de ruminant, que partout l’esprit de chapelle n’enfante plus que des productions mimétiques exsangues, Ghany n’a fait que continuer dans la voie qu’il s’est tracée : celle d’être toujours soi-même. Nous découvrons cette auto-identification dans chacune de ses toiles».
De son côté, Taibi Belmaachi, l’oncle de l’artiste qui l'a côtoyé depuis sa prime enfance, précise : «  Une multitude de thèmes complexes et parfois très durs ; mais qui distillent tous une humanité profonde émanant d’un homme hardi dans ses conceptions picturales, dévoilant ses doutes et ses certitudes puisés dans un creuset empli de valeurs universelles. Une maîtrise incontestée du Trait qui traduit admirablement les diverses formes. Compétence acquise grâce à un travail soutenu et à une formation académique approfondie au-delà des frontières.
Une recherche toujours renouvelée dans les couleurs qui expriment aisément les sentiments et d’où jaillit souvent une lumière limpide et vive. Une interrogation judicieuse et du goût du jour à travers notamment ses représentations du règne végétal qui nous interpellent au sujet de l’écologie. Une manifestation de son militantisme précoce de rapprocher l’art à la population par l’exposition de ses œuvres sur le Bd. Mohamed V à Marrakech en 1969. Et Ghany n’a pas fini de nous surprendre car il est toujours à la recherche de l’éternelle satisfaction! Son installation aux Etats-Unis et le retentissement grandissant de ses multiples expositions dans le monde, nous ont privés de sa présence plus fréquente au Maroc. Aujourd’hui, Ghany est de retour sous les cimaises de Bab Rouah, où les spectateurs se laisseront « éprouver par sa vertu de contagion» de ses réalisations tant attendues».


Biographie de l’artiste
Ghany est né à la Kasbah de Marrakech, premier quartier de la ville, fondé par les  Almoravides au XIème siècle. Très jeune, il s’intéresse au dessin et à la peinture. A l’âge de 11 ans, il suit des cours de dessin sous la direction du peintre allemand Hans Holbeing, au lycée Ibn Abbad, pendant quatre ans.
A l’âge de 19 ans, en 1969, il s’impose parmi les artistes de la ville et organise une exposition à l’air libre, pour l’Association des jeunes peintres de Marrakech, au boulevard Mohamed V.  Geste osé à l’époque, cette manifestation déclencha chez Ghany le besoin de communiquer de plus en plus avec un public non initié et de créer une œuvre tournée vers l’art sociologique intégré.
Artiste de valeurs, animé d’une volonté inébranlable, il fonda le groupe Situation 73 et organisa une exposition, didactique, internationale à la place Jemâa El Fna, à Marrakech en 1973. Il y exposa des œuvres conceptuelles, une première dans les annales de l’art contemporain au Maroc.  La même année, il rencontra Paul McCartney du groupe des Beatles, son œuvre entra alors, dans l’histoire des grandes collections de l’art contemporain.  Mais là, ce n’est que le début.
Ghany réalisa, très tôt, que l’artiste a une responsabilité morale avant tout, et que les certitudes d’aujourd’hui seront les questionnements de demain. Là se dessine la démarche d’un artiste qui est non seulement préoccupé par sa propre recherche artistique, mais par la situation des artistes et des arts plastiques à l’époque.  Il est, alors parmi ceux, à l’origine des années bouillonnantes et de l’âge d’or des arts plastiques contemporains au Maroc. En 1975, il est la cheville ouvrière de la création à Casablanca de l’Association des plasticiens Marocains. Sa contribution au développement des arts plastiques au Maroc est inestimable.
Parmi les pionniers de la nouvelle figuration au Maroc, Ghany en devient dans les années 70, l’une des figures marquantes grâce à un vocabulaire plastique qu’il explore moins comme représentation réaliste de la quotidienneté que comme métaphore sociale et humaine plus large.
 En 1975, il rencontre et se lie d’amitié avec Bill Wyman légende vivante, du groupe des Rolling Stones, le plus grand groupe du rock au monde.  Invité chez Bill Wyman dans sa résidence à Vence, dans le sud de la France, Ghany y réalisa une murale et ses œuvres y côtoient celles des maîtres contemporains.  Sa présence internationale se renforça remarquablement. Il devint un personnage familier à Saint-Paul de Vence, il y est souvent vu en compagnie d’artistes de renom, entre autres, André Verdet, Lorna Loft, Arman, James Baldwin, César, etc.
A la suite de sa rencontre avec Pierre Restany, le plus grand critique d’art contemporain français, en 1976, la réflexion et la quête de Ghany abordent également la problématique de l’art dans la ville. Après plusieurs années de recherches et de contacts, Ghany et Restany décidèrent de lancer l’idée d’organiser le Symposium international : Réflexions sur la ville d’aujourd’hui et de demain.
En 1977, Ghany est invité, officiellement, à exposer au Musée de Saint-Paul. Il fut alors le premier artiste marocain à exposer individuellement dans un musée français.
Après l’organisation de la deuxième semaine de l’art contemporain avec Pierre Restany et Trigano, Ghany décida de s’installer à Paris, en 1980. Le ministère français de la Culture lui attribua un atelier à la Celle Saint-Cloud. Après quatre ans de résidence à la Cité internationale des arts, dans un atelier qui lui a été attribué par la ville de Paris, Ghany s’est fait octroyer un atelier permanent par la ville.
Pendant la période parisienne, Ghany côtoya les plus importantes personnalités du monde des arts en France et dans le monde. Il organisa plusieurs expositions pour les plasticiens marocains en France, entre autres : tendances actuelles de l’art marocain contemporain. 
Ghany, artiste acclamé, esprit curieux et ouvert, décida de créer l’axe Maroc-France-Etats-Unis. Encore une fois, il organisa toute une série d’expositions pour les artistes marocains, aux Etats-Unis. Ses œuvres  seront exposées tout le long de la côte-est américaine, d’Orlando à Boston.


ABDELLAH CHEIKH
Jeudi 18 Juin 2009

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