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Galvan Fina rattrapé par ses antécédents en Espagne

S.M le Roi Mohammed VI reçoit les familles des victimes du pédophile espagnol




Galvan Fina rattrapé par ses antécédents en Espagne
L’affaire Daniel Galvan Fina continue de faire la Une des médias espagnols et à faire débat au sein de la classe politique. Hier matin, le secrétaire d’Etat espagnol des Affaires étrangères, Gonzalo de Benito, a affirmé dans un entretien avec la radio «Onda Cero» que le dossier du pédophile «a rempli toutes les conditions de transfert des personnes condamnées». Le responsable espagnol répondait ainsi aux interrogations qui ont été évoquées par la vice-secrétaire générale du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) et porte-parole de la Commission du groupe parlementaire socialiste, Elena Valenciano, qui s’interrogeait sur les raisons qui ont poussé les autorités madrilènes à inclure le nom de ce pédophile dans la liste de 30 détenus dont l’Espagne demandait le transfert sur son territoire pour qu'ils y purgent leur peine.   Selon Gonzalo de Benito, la libération de Galvan Fina que le juge de l’Audience nationale espagnole, Fernando Andreu, a décidé mardi de mettre en détention préventive, est due principalement à une «erreur administrative», ce qui a provoqué un tollé aussi bien en Espagne qu’au Maroc.
Le porte-parole adjoint du Groupe populaire au Congrès des députés, Rafael Hernando, a écarté la responsabilité du gouvernement - et plus particulièrement celle du ministère des Affaires étrangères espagnol- dans l’élaboration des listes des prisonniers devant bénéficier de la grâce de S.M Mohammed VI ou être transférés outre-Méditerranée. Selon lui,  c’est l’ambassade espagnole accréditée à Rabat qui en est responsable comme c’est le cas dans ce genre d’affaires. Il a, par ailleurs, refusé, selon le quotidien «El Mundo», «toutes les histoires de James Bond» et «d’espions» que d’aucuns veulent monter de toutes pièces à propos de l’affaire du pédophile.
Pour Mohamed Abdennabaoui, le Maroc et l'Espagne œuvrent conjointement pour que les «crimes graves» commis par Daniel Galvan Fina, condamné à 30 ans de prison au Maroc pour pédophilie et dont la grâce a été retirée, «ne restent pas impunis».
«Le plus important pour nous est que ce criminel n'échappe pas à la justice et réponde de ses crimes», a-t-il ajouté.
Il n’est d’ailleurs pas exclu que d’autres crimes du même genre commis par Galvan ressurgissent en Espagne. Un premier cas vient d’être rendu public suite à la plainte déposée lundi dernier par un Espagnol résidant dans la localité de Torrevieja (Alicante) où le pédophile a prétendu pendant sa comparution devant le juge Fernando Andreu disposer d’un domicile. La plainte de l’Espagnol accuse le pédophile Galvan (né à Bassorah le 1er juillet 1950 et prénommé Salaheddine avant de changer son nom) d’avoir, il y a quelques années, abusé de sa petite-fille.
La question qui se pose donc en Espagne : est-ce que le pédophile libéré par erreur purgera le reliquat de sa peine en Espagne ou sera-t-il extradé vers le Maroc?
Pour les Espagnols, la solution «la plus raisonnable» serait que le pédophile purge sa peine en Espagne, car il a été naturalisé depuis des années. En effet, le directeur général de la coopération juridique internationale au ministère espagnol de la Justice, Angel Llorente, «n'a pas écarté», mardi à Madrid, que le dénommé Daniel Galvan Fina, purge le reliquat de sa peine en Espagne.
«Il s'agit d'une option qui n'est pas à écarter et qui est même raisonnable», a souligné Llorente dans une déclaration à la presse au terme d'une réunion avec le chef du cabinet du ministre de la Justice et des Libertés, Mohamed Benalilou et le directeur général des Affaires pénales et des Grâces, Mohamed Abdennabaoui, selon une dépêche de la MAP.
«Le plus important est que les crimes graves commis par le dénommé Galvan ne restent pas impunis», -t-il dit en précisant que les ministères de la Justice des deux pays œuvrent de concert pour réaliser cet objectif après l'arrestation de Galvan lundi à Murcie. D’un autre côté, S.M le Roi Mohammed VI, a reçu, mardi, au Palais Royal de Rabat, les parents et les membres des familles des enfants victimes du pédophile espagnol. Un geste hautement symbolique.
«Au cours de cette audience, Sa Majesté le Roi, leur a réitéré ses sentiments de compassion et son empathie à l'égard de leurs souffrances, tant à cause de l'exploitation exécrable dont leurs enfants ont été victimes, qu'en raison de la libération de l'individu concerné et de son impact psychologique sur eux, souligne le communiqué du Cabinet Royal.
Le Souverain, dès qu’il a pris connaissance des actes affreux commis par le pédophile gracié par erreur, il a pris deux autres décisions : l’annulation de la grâce concédée à Galvan, et la révocation du directeur de l'administration pénitentiaire, Hafid Benhachem.
Cette «erreur administrative» a secoué l’opinion publique marocaine comme le montre la nouvelle manifestation qui a été organisée mardi à Casablanca. Mais contrairement à celle de la semaine passée qui a été sévèrement réprimée par les forces de l’ordre, celle-ci s’est déroulée dans le calme et sans heurts.
 

Mourad Tabet
Jeudi 8 Août 2013

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