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Fusion annoncée des deux principaux holdings du Royaume: Le tandem ONA-SNI s’offre les clés de la durabilité




Fusion annoncée des deux principaux holdings du Royaume: Le tandem ONA-SNI s’offre les clés de la durabilité
L’annonce faite par le premier conglomérat industriel et financier du Royaume de fusionner les deux holdings ONA et SNI vient créer l’événement. Une sorte de «Independance day». La Bourse de Casablanca passe au vert et les milieux d’affaires s’affairent. On assiste à une nouvelle «Odyssée» du capitalisme
marocain !
En fait, cette annonce ne fait que renforcer le trait de cette redistribution des cartes que nous vivons en ce moment, à travers le marché boursier casablancais, en l’occurrence. Au-delà des opérations de franchissement de seuil à la hausse, de moindre importance certes mais hautement significatives, il y a eu le rapprochement CDG-BMCE Bank. Un rapprochement -pas du tout dans les scénarios prévisibles- était le premier signe de cette recomposition du paysage financier marocain.
Dans cet environnement en mutation, avec l’arrivée en force des investisseurs koweitiens et émiratis, mais aussi la perspective d’ouverture totale du marché marocain aux produits européens à l’horizon 2012, ONA-SNI, deux entités qui représentent la première capitalisation de la Place de Casablanca, se retrouvent à lutter pour la survie. Il fallait donc agir maintenant pour ne pas faire partie des dommages collatéraux.
Aujourd’hui, le rapprochement ONA-SNI est à l’ordre du jour. L’état-major annonce la mise en place d’un holding d’investissement «unique» et «non coté». Une manière claire de fructifier les synergies et la richesse souterraine, et de consolider son rôle clé dans l’économie nationale. Comme partout dans le monde, la tendance est à la mise en place de «fonds d’investissement». Le Groupe ONA-SNI veut se positionner pour rattraper son retard. Il est vrai, ce mastodonte de l’économie marocaine est resté trop longtemps cantonné dans des secteurs traditionnels (lait, sucre, huile, ciment, distribution, banques et assurances, crédit à la consommation…), alors que, depuis le début de ce 21ème siècle, de nouveaux domaines, de nouveaux marchés et de nouvelles tendances sont en train d’émerger, c’est le cas notamment de l’environnement, des énergies renouvelables, de la nanotechnologie, de l’eau potable, de la biotechnologie, de la recherche & développement, etc.

Des valeurs radiées de la Cote

Dans cette dynamique, la nouvelle reconfiguration du capitalisme marocain porte essentiellement sur la modification des structures de la propriété et du pouvoir au sein de l’entreprise. ONA et SNI, des sigles qui collent à l’histoire ancienne des comptoirs, vont disparaitre pour céder la place à une nouvelle entité moins contrainte et plus autonome, dont on ne connait pas encore le nom. Le management, dans un communiqué rendu public vendredi dernier, alors que tous les titres des sociétés filiales cotées à la Bourse de Casablanca étaient suspendus, a fixé les préalables à ce baptême : lancement des offres publiques de retrait et radiation définitive des deux holdings de la Cote officielle de la Bourse de Casablanca.
Comme nous l’avions écrit dans nos éditions de samedi dernier, ce projet de fusion nous rappelle un peu le «plan Hokaïmi», initié en octobre 2003, lorsque le Groupe ONA devait passer sous le contrôle de la SNI. Une première historique qui a permis à l’actionnaire de référence, ERGIS-REGIS, de mettre la main sur ces deux entités, via sa filiale COPROPAR. On peut dire qu’aujourd’hui, le projet de réorganisation procède du même esprit de redistribution des cartes. En effet, les états-majors des deux holdings ont décidé, le 25 mars 2010, de réunir leurs forces, en mettant en place un «Groupe opérationnel puissant», plus souple et plus autonome.
D’après le communiqué de presse, cette réorganisation prévoit 4 étapes : lancement d’abord de deux offres publiques de retrait –OPR- sur les titres SNI et ONA par leurs principaux actionnaires respectifs aux prix d’offres de 1.900 DH pour l’action SNI et 1.650 DH pour l’action ONA. Suivra, bien entendu, une radiation des titres de la Cote. Ce sont les deux préalables avant de procéder à la fusion proprement dite, dont la date de mise en œuvre n’est pas encore connue. Au final, le nouvel holding d’investissement procédera, écrit-on dans le communiqué, à une réduction progressive de son périmètre à travers la cession sur le marché boursier du contrôle d’entités autonomisées avec, dans un premier temps, Cosumar, Lesieur et l’ensemble Centrale Laitière/Bimo/Sotherma.
Autrefois, lorsque le Groupe ONA faisait les frais de son aventure Wana, le titre dégringolait sur le marché boursier casablancais. C’était moins amusant. Le marché était tiré à la baisse. Car ONA n’était pas seulement le baromètre de la faiblesse du marché, il en était le précurseur. C’était préoccupant. Les actionnaires de référence –SIGER-SNI- assuraient, par voie de presse, que le Groupe ONA est assis sur de l’or et que le meilleur est à venir ! Vraisemblablement, d’autres bonnes nouvelles nous attendent pour faire tomber le bois mort.

Abdelouahed Kidiss
Lundi 29 Mars 2010

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