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François et Penelope Fillon, de la discrétion aux projecteurs judiciaires




Le candidat de la droite à l'élection présidentielle François Fillon et son épouse Penelope sont passés d'une vie discrète à la lumière crue des projecteurs depuis le début de la campagne présidentielle en France, marquée par une enquête judiciaire les concernant tous deux.
"Pour gouverner un pays, ma conviction est qu'il faut être irréprochable", "Pas d'autorité de l'Etat sans honnêteté! Le pouvoir doit être exemplaire pour être vraiment légitime", assénait François Fillon dans des tweets en septembre dernier, rapporte l’AFP.
Deux mois plus tard, son image d'homme sérieux, austère et honnête lui permettait, à 62 ans, de remporter la primaire de la droite après une victoire surprise, en évinçant au premier tour l'ancien président Nicolas Sarkozy puis en battant au second tour le favori des sondages, Alain Juppé, également ancien chef de gouvernement.
Porteur d'un programme économique "radical", "fier de ses valeurs", l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy (2007-2012) était alors donné favori pour remporter l'élection présidentielle devant tous les autres candidats.
Mais, début janvier, ce libéral assumé qui préconise une cure d'austérité pour la France se retrouve empêtré dans un scandale fatal pour sa popularité après des révélations de presse sur les salaires d'assistants parlementaires perçus par son épouse Penelope et deux de ses enfants, Marie et Charles.
Très vite, il assure avoir respecté la loi et se dit victime d'un "coup d'Etat institutionnel", un "tribunal médiatique", un "assassinat politique". Il revient sur un de ses grands engagements de début de campagne : démissionner en cas d'inculpation. Et il dit vouloir "s'en remettre au suffrage universel", plutôt qu'aux appréciations de la justice.
Les révélations sur les salaires touchés par son épouse comme assistante parlementaire - au total 680.380 euros net entre 1986 et 2013 - le conduisent aussi à revenir sur une autre de ses déclarations de principe : séparer vie privée et vie publique. "Je pense que la politique ne doit pas être mélangée à la vie privée", confiait-il ainsi il y a quelques mois dans une émission grand public.
Ces dernières semaines, la vie de la famille Fillon à Solesmes, un village situé en pleine campagne, dans l'ouest de la France, a été passée au crible. Les voisins ont été interrogés, le manoir familial filmé. Les rares confidences de Penelope, une Franco-Galloise de 61 ans, ont été scrutées à la loupe.
Jusque là, la sexagénaire s'est toujours présentée comme une mère au foyer fière d'avoir élevé cinq enfants, quatre garçons et une fille, une "paysanne" amatrice de jardinage et d'équitation. Dans le même temps, selon ses avocats, elle s'est aussi consacrée à la carrière politique de son époux. Et c'est par "discrétion" qu'elle a toujours déclaré aux médias qu'elle préférait rester à distance de ses activités.
François Fillon débute en politique après des études de droit, avec un poste d'assistant parlementaire en 1976. En 1980, il devient le benjamin de l'Assemblée nationale en succédant au député qu'il aidait après le décès de ce dernier. De 1993 à 2005, il participe à tous les gouvernements de droite, siège au Sénat en 2005-2007, avant d'être pendant cinq ans le chef du gouvernement dans l'ombre du bouillant Nicolas Sarkozy.
C'est aux côtés de son épouse que François Fillon a choisi de contre-attaquer fin janvier, lors d'un grand meeting à Paris où il a pour la première fois fait part de son intention d'aller jusqu'au bout de la campagne. Devant les caméras, les deux époux se tiennent ostensiblement la main, le public les ovationne.
Mais, malgré ses démentis farouches, l'enquête destinée à déterminer la réalité du travail rémunéré sur des deniers publics a parasité la campagne électorale du candidat de la droite. Selon les derniers sondages, ses chances de franchir la barre du premier tour sont de plus en plus minces, alors que Marine Le Pen, la candidate de l'extrême droite, et Emmanuel Macron, l'ancien ministre de l'Economie du président Hollande repositionné au centre, creusent l'écart avec lui au fil des jours.

Libé
Vendredi 3 Mars 2017

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